Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
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 Lettre ouverte à Françoise Hardy

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Jérôme
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Message(#) Sujet: Lettre ouverte à Françoise Hardy Jeu 20 Sep 2007 - 20:15



Extrait de "Lettre ouverte aux idoles" de Paul Guth. Paru en 1968.

Ma chère Françoise,

Les femmes du Capricorne sont belles, bien faites et deviennent généralement très âgées. Elles sont coquettes, légères, capricieuses, sensibles aux hommages, affectueuses et sensuelles, amies des plaisirs.
Très timides dans leur jeunesse, elles sont plus tard orgueilleuses, hardies, intrigantes, sachant conduire leur barque avec adresse, toujours pratiques et femmes de tête, désirant s'élever et briller. Dans le mariage elles seront jalouses, mais s'efforceront de le cacher.


Volà ce que tu es, Françoise, d'après mon Tout en un, Encyclopédie illustrée des connaissances humaines.

Dans les journaux, tu bondis sur l'horoscope. Tu te suspends aux jupes des voyantes. Comment les idoles ne s'y accrocheraient-elles pas ? Quand on saute si brusquement au pinacle, comment ne pas craindre chaque jour d'en tomber ?

Françoise, parmi toutes les idoles féminines auxquelles j'écris ces lettres, tu es la seule qui m'intrigue. Quel que soit leur talent ou leur charme, les autres me paraissent assez simples, pour ne pas dire simplettes. Toi seule te caches dans ces labyrinthes, pareils à ceux de son corps, où s'est toujours tapie la femme. Quand tu recevras cette lettre, tu auras vingt-quatre ans. A cet âge, au siècle de l'atome et de la pilule, la plupart des filles sont femmes. Toi tu l'étais déjà, par nature et par mystère, à dix-huit ans, quand tu apparus. Et même à dix, à neuf, à sept, au berceau.

Une des premières, tu montras tes cuisses, en des mini-jupes qui, au début, nous coupaient le souffle. Pourtant tu n'as, en fait, rien montré du tout. Toute nue, tu n'en montrerais pas plus. Tu resteras toujours enveloppée du mystère de la femme comme de tes inextricables cheveux.

Avec ta toison pleureuse, tu es l'Eve issue de la mer : la première femelle humaine qui s'est tenue debout sur ses pattes de derrière. Tu oscilles encore sur tes bases, engourdie de ce passage de l'oxygène de l'eau à celui de l'air.

Tes jambes illimitées gardent encore quelque chose de la queue des sirènes. Ton bras prouve comment le coelacanthe, poisson qui a disparu depuis soixante millions d'années, inventa ce filament. On s'explique comme ses nageoires, faites de trois os, prolongés par d'autres, plus petits, sont les ébauches de ceux du bras humain, prolongés eux-mêmes par ceux de la main. Sur les scènes où tu t'exhibes, cette leçon d'anatomie, à elle seule, vaudrait le voyage...




Paul Guth (1910-1997)



2ème extrait de "Lettre ouverte aux idoles" (Posté le 22 septembre 2007)

Mais tu as d’autres vertus. Tu as fait des études, ce qui est rare chez tes pareils. Bachot, propédeutique, deux certificats de licence d’allemand. Chez les idoles, tu es presque Einstein. Quand Zitrone t‘interviewe dans le studio que tu as acheté près de la gare Saint-Lazare, son œil de lynx note, aux murs, des livres innombrables, tous lus. Et pas des brimborions pour têtes vides, mais Faust de Goethe, les œuvres complètes de Francis Bacon, une foule de classiques en livres de poche. Tu viens de relire deux mille pages de Proust. Tu trouves que c’est extraordinaire. J’imagine mal Johnny Hallyday dans cet exercice.

Tu as toujours voulu composer des chansons, plus que chanter. Tu trouves ta voix banale. Tu as raison. Même celle de Brigitte Bardot l’est moins que la tienne. Elle garde, sous sa platitude, des frottements de langue de petite fille du XVIème que ses parents mènent au guignol.

Plus que banale, ta voix est nulle. Ou, si l’on veut, tu as ce frémissement de l’air que produirait aussi bien le froissement d’un journal ou d’une feuille de papier à lettres derrière le micro. Tu peux le maintenir collé à ta bouche, celui-là ! C’est inouï ce qu’il fait pour toi ! Il se désosse, se décarcasse pour te plaire. A croire qu’il est amoureux de ta bouche. Il se dilate, se distend, s’exténue pour offrir à ce qui en sort la plus vaste et la plus frémissante surface. Il fait le beau, s’étire, se mue en une muqueuse éperdue. Dans leur mythologie, les Anciens en auraient fait un génie de l’air, fou de toi. Haletant, le micro use jusqu’à la corde les mille tours qu’il a dans son sac pour te donner un semblant de quelque chose qui, pour un auditeur d’une indulgence coupable, pourrait ressembler de loin à une voix.

Tu as beaucoup de bons côtés. Tu ne te prends pas pour une idole. Tu trouves idiot que des fans s’écrasent pour te demander des autographes. Il n’y a pas longtemps, tu trouvais naturel d’en demander aux autres. Tu guettais Paul Anka pendant des heures à sa sortie de scène. Maintenant, tu es plus connue que lui. Mais tu restes intimidée devant ceux qui t‘ont précédée dans la gloire.

Quand on te demande comment tu as percé, tu réponds : « Tout autrement que je ne l’avais cherché. J’étais venue dans une maison de disques proposer une chanson à moi : je me croyais plus douée comme auteur que comme interprète. Or, chose surprenante, voilà que je leur plus comme chanteuse !... »

Tu ne rappelles pas que tu as suivi les cours du Petit Conservatoire de la Chanson de Mireille. Oubli ? Ingratitude ? Brouille ?

Cette maison de disques, comme tu la nommes pudiquement, cherchait un pendant féminin à Johnny Hallyday. Vous êtes nos dessus de cheminée à nous, nos bronzes de Barbedienne.

A ta première visite, cette maison te prie de repasser et d’apprendre, dans l’intervalle, à chanter du rock’n’roll et des chansons de Johnny. Tu repasses. On te plante devant un orchestre. Tu n’es pas fichue de chanter en mesure. Tu te décourages. Tu te décolores sur toute ta longueur d’immense asperge languide. Tu vois devant toi un avenir de certificats de licence d’allemand exécutant ce pas de l’oie qui te mènerait au bout du compte derrière la chaire d’une classe de troisième à Gien ou à Gap. On a pitié de toi. On te parle doucement : « Apprenez le solfège, repassez dans six mois. » Tu repasses. On te signe un contrat. Tu enregistres un disque avec Tous les garçons et les filles de mon âge. Et voilà ! C’est parti !...

De ton long pas de pouliche blonde, tu te places, instinctivement, ou Celui qui, là-haut, place les pouliches les rois et les empires, te pousse au point d’intersection qu’il t’avait fixé entre le besoin du public, la naissance d’une chanson et l’arrivée de ta longue silhouette balancée par le vent.







3ème extrait de "Lettre ouverte aux idoles" (Posté le 26 septembre 2007)

Le tiers de la population française avait moins de vint ans. On le gavait d’idoles, de copains, de yé-yé, de twist, de folksong, de rock’n’roll, de rythm and blue, de jerk, de trémulations du bassin, de désarticulations de la fosse iliaque, de démembrements de la ceinture pelvienne, de dislocations de la soudure de l’ilion, de l’ischion et du pubis. Le tout agrémenté de hurlements, reptations et tétanos.

Enfin, Françoise vint ! comme chanterait un Boileau d’aujourd’hui. Calmement, mélancoliquement, brumeusement, tu es venue du fond du passé français des vieilles chansons pour jeunes filles. Gauchement, estudiantinement, avec une voix de propédeutique, encore enrouée de mue, encore embrouillée de récitations de leçons, d’explications de textes, de réponses, debout, les bras croisés, à Madame la Directrice venue en classe pour lire les résultats des compositions, tu nous as chuchoté la chanson que tu avais écrite, un jour de novembre 1962, dans le jardin de ta grand-mère, à Aulnay-sous-Bois :

Tous les garçons et les filles de mon âge
Se promènent dans la rue deux par deux.


L’attente de l’amour, la nostalgie vague de cette folie que l’on ignore. Des grâces rauques d’adolescente poussée trop vite.

Au jardin de mon père,
Les lilas sont fleuris.


Au jardin de banlieue de ta grand-mère fleurit une chanson triste pour grande fille seule. Ces millions de garçons qui se promènent dans la rue deux par deux avec ces millions de filles préparent un Embarquement pour Cythère qui, malgré les grands ensembles, les bolides, les autoroutes, les fusées, les jets, reste au niveau du chuchotis, bouche à oreille, cœur à cœur, comme au temps des longues robes balayant les feuilles mortes.
J’étais seul, un soir, dans un café du Paris populaire. Loin du Paris des snobs, ou du Paris de l’intelligentzia à têtes de têtards macérant dans le fiel. C’était après l’heure de la sortie des ateliers, des bureaux des magasins. Le juke-box dégorgeait ta chanson :

Tous les garçons et les filles de mon âge
Se promènent dans la rue deux par deux.

Ils étaient tous là derrière leur café crème, s’identifiant à tes héros. Assis derrière leur tasse et leur soucoupe, les secrétaires, dactylos, vendeurs, vendeuses, employés, employées, effectuaient la main dans la main, les yeux dans les yeux, ce voyage immobile qui mène plus loin que tous les exploits des cosmonautes.

Maintenant, tu as un orchestre à toi : guitare d’accompagnement, guitare solo, batterie, basse, piano. Tu te paies trois choristes, Danielle, Catherine, Annick, une voix haute, une moyenne, une basse. Tu te déplaces en une caravane, comme les toreros espagnols, escortés de leur cour : deux breaks ID pour tes musiciens, une voiture pour toi et les choristes. Depuis ton accident, tu n’oses plus conduire. Tu t’installes à côté du chauffeur. Pendant tout le parcours, tu trembles comme une feuille. A chaque croisement, tu imagines le camion à bestiaux envoyé par le sort pour te réduire en bouillie, ou pour t’expédier dans une classe d’allemand à Riom ou à Lure.

Tu n’es qu’un long tremblement. Tu n’as pas confiance en toi. Tu ne t’accroches pas. Tu n’es pas de la race qui serre les dents. Tu veux bien si le destin veut. Mais tu n’iras pas décrocher une étoile qui refuse. Tu as horreur d’insister, de t’imposer. Tu hais l’acharnement de roquets des bêtes à succès. Tu le trouves lourd, vulgaire, ridicule.


4ème extrait de "Lettre ouverte aux idoles" (Posté le 3 octobre 2007)

Tu es boutonnée, tout du long, dans un grand manteau de pudeur. Pour jouer à la fille dans le vent, tu arbores une panoplie de choc : un smoking d’Yves Saint-Laurent, un ensemble en cuir noir, pantalon et gilet, que tu as dessiné toi-même et que pare une chemise de dentelle. Tu oses un deux-pièces, pantalon et blouson, couleur argent, truffé de bottes assorties, qui te fait frissonner d’inquiétude : shocking. Tu portes ton habit blanc de Courrèges, coupé dans un tissu sec, plus épais que du lin, ton armure à toi, la spongieuse. Il y a aussi la kyrielle des sempiternelles mini-jupes : la rayée, celle en cuir, celle à chevrons, celle du soir, en lamé, du festival de Venise, qui faisait haleter les Italiens.

Ton élégance est si neuve que les grands couturiers ne trouveront jamais un mannequin pareil. Où dénicher des jambes comme les tiennes, pattes de pouliche, effleurant à peine l’herbe, pattes d’ibis piqué sur son rêve ? Et ta démarche ? C’est surtout elle qui restera de toi quand tu ne seras plus là pour marcher. Ta démarche au long balancement houleux. Démarche de la femme qui se promène le long des magasins, en allumant tous les feux. Démarche urbaine des soirs, faite pour l’asphalte et les bijoux. Démarche citadine, longuement frôleuse, excitant les vieux « marcheurs » de la longue marche du désir, périmée aujourd’hui dans sa candeur de chasse à courre, au profit du dragage motorisé et des viols des gangs des lâches.

Tu ne sais pas danser, tu ne sais pas skier, tu ne sais pas chanter. Tu sais marcher. Tu marches ta vie. Tu déambules d’une langueur à un nuage. Si j’étais Vadim, ou l’un de tes cinéastes, je ferais un film où tu marcherais sans arrêt, dans l’infini réseau de canaux des rues, qui fait ressembler toute ville à Venise. Tu marcherais dans Paris du soir au matin, dans les rues autour de Barbès-Rochechouart, où la vie est amère, rue Myrha, rue de la Goutte-d’Or, entre les Arabes, dont les regards tuent, rue Affre, où les mansardes résonnent des bagarres des ivrognes. Tu marcherais, en murmurant tes chansons, dans la pluie, où tu ressemblerais à une algue, sous le soleil revenu, toujours inquiet, comme toi. Tu marcherais en te souvenant, en imaginant, en espérant, en pleurant. Tes cinéastes devraient te faire pleurer. Les larmes couleraient au versant des tes pommettes et sur les méplats de tes joues.

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet :

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant.
Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

La Passante de Baudelaire, c’est toi. L’extravagant qui boit dans ton œil la douceur qui fascine ou le plaisir qui tue, ce devrait être Vadim, qui t’a fait tourner Château en Suède, ou Frankenheimer, qui t’a prise dans le film de la Metro-Goldwyn-Mayer, Grand Prix, pour faire de toi la girl friend du pilote de course automobile Antonio Sabato.

Dernier extrait de "Lettre ouverte aux idoles" (Posté le 15 octobre 2007)

Tu as acheté un appartement à ta mère. Tu t’es fait construire une maison en Corse, à Monticello, dans la région de Balagne. Tu lui as donné l’aspect d’un fortin pour vendetta. Entre les arcades, on s’attend à voir surgir les fusils des bandits, déquillant à cent pas tout critique qui oserait baver sur tes disques.

Autant qu’on le peut savoir d’après les journalistes spécialisés c'est-à-dire goujats, tu as connu cet amour qu’attendait ta chanson. On t’a beaucoup photographiée avec le photographe Jean-Marie Perier, ton fiancé, comme dit notre siècle, frissonnant de pudeur chatouilleuse sous tes mini-jupes. Maintenant, on te voit beaucoup avec Jacques Dutronc. Tu as compris qu’il n’était ni un clown ni un beatnik, mais une fronde d’irrespect, projetant des noyaux de cerise entre les deux yeux de son public et se les projetant à soi. Il te fait rire. Il est ton bouffon. Quel beau titre un homme peut-il revendiquer pour se faire aimer ? Les rois avaient des bouffons, chargés de leur asséner la vérité que leur cachaient les courtisans. Pourquoi les femmes, ces reines, n’en auraient elles pas ? Plus que jamais le bouffon est le sage qui dégonfle les outres de l’orgueil et de la bêtise du bout de sa langue. Pour affronter les périls du temps, le prince Hamlet faisait le bouffon ou le fou. Ainsi Dutronc, parmi nos périls.

Tu ne vas jamais chez le coiffeur. Tous les trois jours, tu te laves les cheveux avec un shampooing de quatre sous. Tu les laisses sécher tout seuls : c’est tout ce qu’ils méritent. Tu coupes toi-même ta frange. Tu ne laisses cet honneur à personne, même pas à Dutronc. Par contrat, ta maison de disques t’interdit de changer de coiffure. Mélisande à perpétuité. Tu t’en trouves bien. Nous aussi. Je te remercie de protester, de toute la longueur de ta toison, contre les femmes forçats, au crâne de caillou, honte de l’espèce.

Tu ne te maquilles jamais. Les fards te ravagent la peau. Jamais de féculents, de pain, de sucreries. Toujours pour cause de peau.

Tes mensurations : 1,72m, 49 kilos, 55 cm de tour de taille. Ces centimètres sont pour moi du chinois. Mais 49 kilos pour 1,72 m, je comprends que c’est peu et que la graisse ne te gêne pas. « On doit peser autant de kilos que l’on mesure de centimètres au-dessus du mètre » me disait mon père, à Villeneuve-sur-Lot, au temps des estouffats.

Tes tics : écouter la radio toute la journée pour guetter les chansons nouvelles. Ce serait abrutissant si, pour compenser, tu ne lisais pas le Faust de Goethe et les deux mille pages de Proust. On prétend même que tu te serais fait coudre un transistor dans ta robe de scène pendant le tournage de Château en Suède pour ne pas rater une chansonnette. Si c’était vrai, ce seraient les premiers symptômes de la sénilité précoce, beaucoup plus tardive en général chez les peuples d’Occident. Mais j’hésite à le croire.

Une particularité : tu n’as pas de mémoire. Tu ne quittes pas ton magnétophone portatif. Pour qu’il la garde plus fidèlement que toi, tu lui confies ton idée de chanson, qui te vient en général dans ta cuisine, entre les poireaux et les carottes, ce qui est le signe d’une nature saine.

Voilà ! C’est tout. Ai-je ainsi l’impression de te mieux connaître ? Jamais de la vie ! D’ailleurs, je ne le souhaite pas. Je préfère te voir marcher majestueusement le long des mers qui bordent ces empires.


Dernière édition par Jérôme le Lun 10 Avr 2017 - 12:26, édité 8 fois
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Alexandre
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Ven 21 Sep 2007 - 11:21

J'attends de connaître la suite même si je trouve le début de cette lettre assez ambiguë.

Paul Guth n'évoque pas vraiment la chanteuse mais davantage ses propres impressions face à son physique et à son comportement d'idole inhabituelle.

Comparer Françoise Hardy à un poisson disparu depuis des millions d'années est étrange...
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Ven 21 Sep 2007 - 13:18

Cette "Lettre ouverte aux idoles " était un régal (et le demeure) car Paul Guth écrit un français que déjà à la fin des années 60 on ne parlait plus aussi bien et il pratique un humour dévastateur ("Vous en reprendrez bien une couche Mademoiselle?" semble t il dire avec un regard amusé et un sourire sibyllin).
Néanmoins, si je me souviens bien, il appréciait F.H. même s'il l'a trouvait geignarde.
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Anne
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Ven 21 Sep 2007 - 17:35

Moi j'ai trouvé cette lecture très imagée et inattendue. Ca donne envie de savoir la suite. Je ne connais pas bien ce P. Guth. Il était chroniqueur en plus d'être écrivain ?

Allez les très très anciens, (je sens que vous allez aimer ma formul e(hum!!!)), rafraichissez-nous la mémoire !
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Jérôme
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Message(#) Sujet: Biographie de Paul Guth Ven 21 Sep 2007 - 18:45

Biographie

Paul Guth est né à Ossun le 5 mars 1910 dans une famille modeste. Ses parents habitaient alors Villeneuve-sur-Lot. Sa mère, d'origine bigourdane, était alors venue accoucher dans la maison familiale d'Ossun, chef-lieu de canton des Hautes-Pyrénées.

Paul Guth commence ses études à Villeneuve-sur-Lot. Il poursuit des études littéraires à Paris où il deviendra agrégé des lettres en 1933. À cette date, il commence une carrière universitaire classique qui sera interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Il sera professeur de lettres pendant dix ans aux lycées de Dijon, de Rouen et Janson de Sailly, à Paris.
Après la grande guerre, il se consacra d'abord à la littérature puis au journalisme et à la radio. Il obtient même en 1946 le Prix du Théâtre pour Fugues.

En 1953, Paul Guth publie Les Mémoires d'un Naïf, premier roman à succès d'une chronique qui comptera sept volumes. Il y raconte la vie de son personnage récurrent, le Naïf, professeur de français, qui sous une grande naïveté, cache une imagination fertile. Dans cette série, on retrouve Les Mémoires d'un NaÏf (1953 - Prix Courteline), Le NaÏf sous les drapeaux(1954), Le Naïf aux quarante enfants (1955), Le NaÏf locataire (1956 - Grand prix du roman de l'Académie française), Le mariage du Naïf (1965), Le Naïf amoureux (1968) et enfin Saint Naïf (1970).

L'œuvre de Paul Guth comprend aussi une série romanesque de quatre volumes sur Jeanne la Mince qu'il publia entre 1960 et 1969 : Jeanne la mince, Jeanne la mince à Paris, Jeanne la mince et l'amour et enfin Jeanne la mince et la jalousie. Dans cette série, il retrace la vie d'une jeune femme, Jeanne la Mince, qui part à la découverte du monde. Sa protagoniste découvre ainsi l'insouciance de la jeunesse puis les années folles à Paris, fait son éducation sentimentale puis découvre l'amour et la jalousie dans les bras du brillant journaliste Paul Bagnac.

Pris depuis douze ans par de grands travaux d'Histoire, Paul Guth revient au roman en 1977 avec Le chat Beauté. Dans ce livre, d'une brûlante actualité, il règle ses comptes avec lui-même, avec les autres, avec la vie. La même année, Paul Guth toujours aussi narquois et réactionnaire publie Notre drôle d'époque comme si vous y étiez dans lequel il accumule de nombreuses anecdotes sur la télévision, l'amour, la religion et bien d'autres thèmes, pour nous inviter à sourire de nos habitudes et de notre mode de vie.

En 1978, les Lettres à votre fils qui en a ras le bol sont un cri d'amour pour les jeunes et d'espoir en leur bonheur et leur courage. Il évoque également sans détour la plupart des problèmes de la jeunesse : les rapports du présent avec le passé et l'avenir, la vie scolaire, le tabac, la sono, la sexualité, la majorité à dix-huit ans, l'homosexualité, la vitesse, la drogue, le chômage, le travail manuel, les filles, l'amour… Trois ans plus tard, dans Lettre ouverte aux futurs illettrés, il s'adresse à nouveau à la jeunesse, qu'il a appris à chérir durant ses années de pédagogue, pour dénoncer le génocide intellectuel que l'école inflige aux enfants.
Paul Guth a également participé à la rédaction de livres pour enfants. Parmi eux, il publie Les Passagers de la Grande Ourse en 1944 en compagnie de Paul Grimault. Le livre raconte les mésaventures de Gô et de son petit chien Sniff à bord d'un aéroscaphe.

Durant quelques années, il s'essaya aux romans historiques avec par exemple Moi, Joséphine, impératrice puis plus tard, en 1992, dans Histoire de la littérature française. Dans ce dernier livre, l'auteur, alors professeur de français, tente « d'être aussi clair qu'un professeur, en expliquant le mécanisme de la création comme un auteur » et de conserver la « posture d'émerveillement ». Il se veut le « contemporain de chaque auteur » mais s'arrête « au seuil des vivants », « à l'aube sanglante du vingtième siècle ».

En 1988, Paul Guth critique une partie de la gauche dans Oui, le bonheur, inventaire des passions, indignations et recettes du bonheur.

Enfin, en 1994, après cinquante ans de vie littéraire, c'est en philosophe mais aussi en observateur impitoyable de son époque, qu'il nous livre ses réflexions sur notre société et ses contemporains.

Il obtient en 1984 le Prix Chateaubriand pour son livre Une Enfance pour la vie.

(source http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Guth)
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Ven 21 Sep 2007 - 19:51

N'est-ce pas Paul Guth, l'auteur de nouvelles comiques ? Je me souviens d'une nouvelle intitulée "La Barbe". C'est l'histoire d'un mec qui a une barbe depuis des lustres. Un jour, quelqu'un lui demande :

- Quand tu dors, tu mets ta barbe par dessus ou par dessous ta couverture ?

Le bougre répond qu'il n'en sait fichtrement rien. Et le soir de se coucher et de réfléchir.
Dessus.... dessus.... impossible de dormir ! Celà doit être dessous !
Dessous.... dessous..... Morphée ne vient pas d'avantage !
Dessus... ? Dessous.... ?

Quand le réveil sonna, le bougre n'avait pas fermé l'oeil.
Le lendemain, il coupa sa barbe et le soir dormit sur ses deux oreilles.
Et si on lui demandait si.... dessus ou dessous ?
Non, non, arrêtons-nous à la barbe.
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Jérôme
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Sam 22 Sep 2007 - 9:12

Dans cette deuxième partie de lettre, Paul Guth raille un peu la naïveté de Françoise tout en s'en émerveillant.

A suivre...
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Anne
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Sam 22 Sep 2007 - 10:16

Merci pour ta longue réponse, Jérôme, je n'en demandais pas tant ! Maintenant je suis incollable !
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Alain
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Mar 25 Sep 2007 - 14:30

Le deuxième extrait de la lettre comporte des expressions assez surprenantes :
- "Plus que banale, ta voix est nulle"
- "Tu n’es pas fichue de chanter en mesure."
- "De ton long pas de pouliche blonde, tu te places, instinctivement"

J'ai du mal a être conquis par cet humour provoquant. Shocked

L'extrait contient aussi des mots que je ne connais même pas d'oreille : propédeutique, brimborions, bronzes de Barbedienne. languide....

Ce renvoi à mon inculture brise ma sérénité... Sad

Quant au passage sur la relation de Françoise avec le micro, il est dans un style érotico-comique des plus déroutants :
"Tu peux le maintenir collé à ta bouche, celui-là ! C’est inouï ce qu’il fait pour toi ! Il se désosse, se décarcasse pour te plaire. A croire qu’il est amoureux de ta bouche. Il se dilate, se distend, s’exténue pour offrir à ce qui en sort la plus vaste et la plus frémissante surface. Il fait le beau, s’étire, se mue en une muqueuse éperdue. Dans leur mythologie, les Anciens en auraient fait un génie de l’air, fou de toi. Haletant, le micro use jusqu’à la corde les mille tours qu’il a dans son sac pour te donner un semblant de quelque chose qui, pour un auditeur d’une indulgence coupable, pourrait ressembler de loin à une voix."

Peut-être qu'avec la suite de la lettre je pourrai me positionner mais pour l'instant j'ai du mal à comprendre si Paul Guth aimait ou non Françoise...
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Mer 26 Sep 2007 - 13:32

Propédeutique, Alain, c'est la première année de fac que tout étudiant devait accomplir, jusqu'en 1966 inclus, avant de se spécialiser, c'est en quelque sorte la préparation aux études "approfondies".
C'était une année qui devait permettre aux nouveaux étudiants de faire la transition entre lycée et faculté et de se préparer à entrer plus facilement (moins difficilement ?) dans le monde des études supérieures.
Françoise avait obligatoirement effectué une année de propédeutique avant d'entreprendre ses études d'allemand.
Brimborions, ce sont des petits riens, des babioles de peu de valeur............quel rapport avec Françoise ?
Bronzes de je ne sais où ou je ne sais qui : aucune idée.
Languide : se dit d'une attitude un peu languissante. Allusion à l'apparence de Françoise que d'aucuns (Philippe Bouvard)appelaient "l'asperge chantante" ?
Je crois que Paul Guth l'aimait bien, mais en tant que femme, pas en tant que chanteuse, ce que confirmerait sa phrase assassine "...les mille tours qu'il a dans son sac pour te donner un semblant de quelque chose qui, pour un auditeur d'une indulgence coupable, pourrait ressembler de loin à une voix".
C'est très méchant peut être, mais c'est très bien dit et très drôle.
En tous les cas il la plaçait au-dessus du lot du bataillon des nouvelles chanteuses, même si c'est pour des raisons assez élitistes "Toi, tu as ton bac, pas les autres....Toi tu as entrepris des études, pas les autres".
C'est ce que je me tue à dire à ceux qui veulent bien l'entendre (rassurez vous ils sont très peu nombreux, je n'ai pas un succès fou) : au début des années 60, tous ces nouveaux chanteurs déstabilisaient les "croulants" avec des chansons qui n'étaient pas de purs poèmes (Killi killi watch ou Tutti frutti en sont de très bons exemples) avec des voix qui ne faisaient pas exploser le cristal (Françoise ou Sylvie n'étaient ni la Tébaldi ni la Callas) des looks, comme on ne disait encore pas, qui surprenaient (finies les robes de cocktail comme tenues de scène).
A mon avis, Paul Guth apprécie Françoise mais a du mal à le reconnaître (lui un intellectuel apprécier une chanteuse yéyé, que nenni !) et il cherche toutes les bonnes raisons pour la détester, mais sans pouvoir se départir d'une certaine affection à son égard (son endroit aurait-il dit).
Et puis Paul Guth a toujours trop aimé les femmes pour ne pas aimer Françoise (macho, va).
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Alain
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Mer 26 Sep 2007 - 22:04

Merci pour toutes tes explications Claude. J'apprends beaucoup de mots de vocabulaire avec cette lettre !

Maintenant que le 3ème extrait est publié, je suis d'avis que Paul Guth est assez admiratif vis-à-vis de Françoise....

Il ose écrire "Et Françoise vint !" comme on crierait à la délivrance et au renouveau.... Visiblement il est épaté qu'avec une chanson aussi simple et naïve, Françoise ait réussi à provoquer une ensorcellement général "Ils étaient tous là derrière leur café crème, s’identifiant à tes héros. Assis derrière leur tasse et leur soucoupe, les secrétaires, dactylos, vendeurs, vendeuses, employés, employées, effectuaient la main dans la main, les yeux dans les yeux, ce voyage immobile qui mène plus loin que tous les exploits des cosmonautes."

Par contre j'ignorais que Françoise avait eu un accident de voiture et encore plus que celui-ci avait entraîné une phobie de la route.

Viviement la suite de la lettre....
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Jeu 27 Sep 2007 - 13:49

Mais oui Alain, P. Guth est assez admiratif de Françoise et plus spécifiquement de ce qu'elle a représenté car dès sa première apparition un soir d'élections, alors que le disque était déjà sorti depuis quelques temps, son image, sa voix (un brin très fragile, au bord souvent de la rupture), son inspiration, tout celà a frappé les esprits.
J'en ai fait l'expérience car, si je connaissais déjà et avais déjà acheté le disque, je me suis rendu compte, dès le lendemain au lycée ou en discutant avec des copains, que garçons et filles de mon âge (sans vouloir parodier) avaient été frappés ce soir là (n'oublions pas qu'il y avait une seule chaîne de télé et qu'entre les résultats de Plougastel et ceux de Carpentras il y avait des variétés) par cette chanteuse qu'ils voyaient pour la première fois et qui mettait des mots et des sentiments sur le vague à l'âme que tous ressentaient alors, ne savaient exprimer et surtout pas expliquer.
Paul Guth est admiratif du parcours estudiantin non conventionnel pour une artiste de la chanson, mais ça les jeunes s'en foutaient, ils écoutaient quelqu'un qui parlait comme eux et exprimait ce qu'ils avaient enfoui au fond d'eux mêmes et n'osaient pas exprimer.
Il faut avoir vécu ce moment là pour apprécier combien les adultes bien installés à l'époque, comme P. Guth, ont pu être surpris, voire stupéfiés de l'impact de cette nouvelle venue.
En tous les cas P. Guth l'exprime bien mieux que moi et dans un français comme j'aimerais savoir l'écrire.
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Jmolo
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Jeu 27 Sep 2007 - 14:24

@claude a écrit:
En tous les cas P. Guth l'exprime bien mieux que moi et dans un français comme j'aimerais savoir l'écrire.

Mais tu écris très bien le français, Claude !

Tu devrais t'essayer à une lettre d'amour pour Françoise, ce topic est fait exprès pour çà. Je suis persuadé que tu seras très convaincant.
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Jeu 27 Sep 2007 - 14:38

J'avoue, j'ai quelques fois tenté d'écrire sinon une lettre d'amour, ça je n'oserais pas, du moins une lettre d'admiration.
Mais je n'ai jamais dépassé l'apostrophe "Ma chère Françoise", "Chère Françoise", "Françoise" suivie de "C'est toi mon idôle" (Chanson d'Annie Philippe si je ne me trompe pas).
Alors moi ce ne serait pas "Lettre ouverte à " mais "Télégramme ouvert à".
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Jmolo
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Jeu 27 Sep 2007 - 15:04

Rien que çà, je suis sûr qu'elle est déjà sous le charme !
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Jérôme
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Mer 3 Oct 2007 - 22:19

Dans le 4ème extrait posté ce soir, Paul Guth devient de plus en plus lyrique notamment en insistant sur l'éblouissement que provoque en lui la démarche de Françoise Hardy...

Beaucoup plus que la chanteuse, c'est la femme élégante et racée qui le subjugue.
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Jeu 4 Oct 2007 - 18:09

Cette 4ème partie est des plus élogieuses même si FH se fout royalement de ses qualités plastiques, il est fait référence à ses grands "plus". La classe, la démarche, le chic, le chien ! C'est bien cela, tous les critères d'un très grand manequin !
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Alexandre
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Sam 6 Oct 2007 - 18:12

Ce qui est assez amusant c'est qu'en 2007, beaucoup de fans continuent de voir Françoise Hardy avec les yeux qu'ils avaient pour elle dans les années 60. Comme si elle ne changeait pas tellement en définitive...

Je suis presque sûr que certains fans pourraient reprendre mot pour mot l'éloge de Paul Guth en faisant fi des presque 40 ans passés depuis l'écriture de ce texte.

Il est vrai que Françoise reste toujours aussi élégante qu'au premier jour. génial
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Jérôme
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Mar 9 Oct 2007 - 21:03

Avant de donner un dernier extrait de la lettre écrite à Françoise, en voici un de la lettre écrite à Jacques Dutronc où est évoqué le début de sa relation avec Françoise :

Tu ne peux compter que sur Françoise Hardy. Tu as été chic avec elle, Dutronc. J'ai suivi ça dans les journaux. Elle était malheureuse. Son photographe ne voulait plus l'épouser. Il n'avait pas la patience de rester son éternel fiancé, comme M. de Montausier, au Grand Siècle, pendant treize ans, avec Julie d'Angennes. Elle pleurait, Françoise. Et comme elle est pudique et qu'elle a de grands cheveux pour se cacher, elle ne le montrait pas. Mais toi, tu l'as deviné. Un jour, tu l'as rencontrée à la Maison de la Radio. Tu t'es juré : Je vais la faire rigoler ! Tu t'es mis à lui faire des grimaces, à te rouler par terre, à mordre des micros imaginaires, comme Johnny, à écumer, à te taper le derrière contre les murs, la tête contre les portes. Tu allais enlever ta chemise et la lui jeter quand on t'a maîtrisé. Françoise riait à gorge déployée, comme elle n'avait jamais ri en préparant sa licence d'allemand, ni en chantant ses chansons, ni avec son photographe.

Alors tu t'es relevé et, très jongleur de Notre-Dame, ton bonnet (que tu n'avais pas) à la main, l'échine humble, tremblant, timide, tu as murmuré : "On se revoit demain ?". Depuis, vous ne vous quittez plus.


Dernière édition par le Mer 10 Oct 2007 - 9:54, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Lettre ouverte à Françoise Hardy Mer 10 Oct 2007 - 9:15

C'est mignon. Pour un fois dans ce passage Jacques Dutroncm'apparait comme sympathique !
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Jérôme
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Message(#) Sujet: Dernier extrait de "Lettre ouverte aux idoles" Lun 15 Oct 2007 - 21:06

Dernier extrait de "Lettre ouverte aux idoles" (Posté le 15 octobre 2007)

Tu as acheté un appartement à ta mère. Tu t’es fait construire une maison en Corse, à Monticello, dans la région de Balagne. Tu lui as donné l’aspect d’un fortin pour vendetta. Entre les arcades, on s’attend à voir surgir les fusils des bandits, déquillant à cent pas tout critique qui oserait baver sur tes disques.

Autant qu’on le peut savoir d’après les journalistes spécialisés c'est-à-dire goujats, tu as connu cet amour qu’attendait ta chanson. On t’a beaucoup photographiée avec le photographe Jean-Marie Perier, ton fiancé, comme dit notre siècle, frissonnant de pudeur chatouilleuse sous tes mini-jupes. Maintenant, on te voit beaucoup avec Jacques Dutronc. Tu as compris qu’il n’était ni un clown ni un beatnik, mais une fronde d’irrespect, projetant des noyaux de cerise entre les deux yeux de son public et se les projetant à soi. Il te fait rire. Il est ton bouffon. Quel beau titre un homme peut-il revendiquer pour se faire aimer ? Les rois avaient des bouffons, chargés de leur asséner la vérité que leur cachaient les courtisans. Pourquoi les femmes, ces reines, n’en auraient elles pas ? Plus que jamais le bouffon est le sage qui dégonfle les outres de l’orgueil et de la bêtise du bout de sa langue. Pour affronter les périls du temps, le prince Hamlet faisait le bouffon ou le fou. Ainsi Dutronc, parmi nos périls.

Tu ne vas jamais chez le coiffeur. Tous les trois jours, tu te laves les cheveux avec un shampooing de quatre sous. Tu les laisses sécher tout seuls : c’est tout ce qu’ils méritent. Tu coupes toi-même ta frange. Tu ne laisses cet honneur à personne, même pas à Dutronc. Par contrat, ta maison de disques t’interdit de changer de coiffure. Mélisande à perpétuité. Tu t’en trouves bien. Nous aussi. Je te remercie de protester, de toute la longueur de ta toison, contre les femmes forçats, au crâne de caillou, honte de l’espèce.

Tu ne te maquilles jamais. Les fards te ravagent la peau. Jamais de féculents, de pain, de sucreries. Toujours pour cause de peau.

Tes mensurations : 1,72m, 49 kilos, 55 cm de tour de taille. Ces centimètres sont pour moi du chinois. Mais 49 kilos pour 1,72 m, je comprends que c’est peu et que la graisse ne te gêne pas. « On doit peser autant de kilos que l’on mesure de centimètres au-dessus du mètre » me disait mon père, à Villeneuve-sur-Lot, au temps des estouffats.

Tes tics : écouter la radio toute la journée pour guetter les chansons nouvelles. Ce serait abrutissant si, pour compenser, tu ne lisais pas le Faust de Goethe et les deux mille pages de Proust. On prétend même que tu te serais fait coudre un transistor dans ta robe de scène pendant le tournage de Château en Suède pour ne pas rater une chansonnette. Si c’était vrai, ce seraient les premiers symptômes de la sénilité précoce, beaucoup plus tardive en général chez les peuples d’Occident. Mais j’hésite à le croire.

Une particularité : tu n’as pas de mémoire. Tu ne quittes pas ton magnétophone portatif. Pour qu’il la garde plus fidèlement que toi, tu lui confies ton idée de chanson, qui te vient en général dans ta cuisine, entre les poireaux et les carottes, ce qui est le signe d’une nature saine.

Voilà ! C’est tout. Ai-je ainsi l’impression de te mieux connaître ? Jamais de la vie ! D’ailleurs, je ne le souhaite pas. Je préfère te voir marcher majestueusement le long des mers qui bordent ces empires.
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