Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
AccueilBlogMurAccueilDiscographieParolesReprisesVidéosPresseLiensGalerieFAQS'enregistrerRechercherConnexion

Partagez | 
 

 28 décembre 2012 - Paris Match - Message personnel

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Elma
Critique du forum
Critique du forum
avatar

Féminin Nombre de messages : 2089
Age : 57
Localisation : Paris
Date d'inscription : 06/08/2007

Message(#) Sujet: 28 décembre 2012 - Paris Match - Message personnel Ven 28 Déc 2012 - 19:24

En chansons ou dans son premier roman, l’artiste raconte sa quête du « bel indifférent ». Yves Simon a été bouleversé par ses mots et ses mélodies. Par Yves Simon - Paris Match

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Photo Maxppp/LE PARISIEN/Frédéric Dugit

Quand je parle, je parle de vous / Et quand j’ai mal, j’ai le mal de nous / Toute une vie dans le silence / De mes dilemmes, de vos absences / Toute une vie de petites morts, de renaissances. » Morts et renaissances, ce sont là les mots clés que chante Françoise Hardy dans son dernier album : un hymne à l’amour fou, à l’amour meurtre. C’est sa vie de femme amoureuse qu’elle raconte. Un roman et dix chansons pour dire « je vous aime » au bel indifférent et oser proclamer ainsi, face au monde, sa défaite. « J’étais de ces victimes-nées qui ont la faiblesse de se cramponner à l’espoir illusoire que leur bourreau ­devienne leur sauveur », écrit-elle. « Toute une vie à nous attendre / A nous combattre, à nous défendre / Toute une vie / De feux de joie, de tas de cendres », chante-t-elle de sa voix de cor anglais qui sourd des landes et des marais, cette voix de pureté qui s’élève au-dessus des brumes des matins de glace et des médiocrités.

Françoise Hardy a-t-elle lu les « Lettres de la religieuse portugaise » venues du XVIIe siècle, ces lettres, comme son roman, déchirantes ? Une jeune nonne du couvent de Beja a écrit à un officier français rencontré dans le sud du Portugal alors qu’il venait combattre l’armée espagnole des lettres qui deviendront le symbole mondial de l’amour sublime. « Vous n’avez regardé ma passion que comme une victoire, écrit la religieuse, et votre cœur n’en a jamais été profondément touché. N’êtes-vous pas bien malheureux, et n’avez-vous pas bien peu de délicatesse, de n’avoir su profiter qu’en cette matière de mes emportements ? Et comment est-il possible qu’avec tant d’amour je n’aie pu vous rendre tout à fait heureux ? » A des siècles de distance, ce sont d’identiques suppliques.

Avec un sens aigu du mot, afin de décrire avec minutie une passion non partagée, un amour sans retour, Françoise Hardy fait œuvre d’écrivain. Elle cisèle, décrypte, dissèque au laser cet amour désenchanté pour réaliser au final une autopsie cruelle, celle d’une liaison impossible tant elle n’est réelle que dans son imaginaire, une fiction face à la désinvolture mortifère de l’homme qu’elle place au centre de ses sentiments présents et à venir. Elle se sait pieds et poings liée à une histoire que sa raison rejette mais que tout son être réclame. « Quelle est cette chose qu’une personne n’est pas et nous la fait aimer en dépit de ce qu’elle est ? » ai-je écrit dans un roman. N’est-ce pas là l’infernale question que se pose Françoise Hardy depuis un demi-siècle ?

Elle se sait liée à une histoire que la raison rejette


Je ne m’avance guère en prédisant que ce roman incandescent qu’est « L’amour fou », inventif, parsemé de rares bonheurs et d’insondables lassitudes, s’inscrira dans les anthologies futures de l’amour sublime, aux côtés de la passion insensée de la princesse de Clèves, des dérives distordues de Baudelaire et Jeanne Duval, de la folle de Goethe, Bettina Brentano, de Julie de Lespinasse (pourtant adulée et courtisée par le grand d’Alembert, ami de Diderot) écrivant jusqu’à sa mort au sieur Guibert sobrement décrit en son temps comme « un hypocrite avec toute la lâcheté de l’ambition ». Oui, un livre majeur sur la volupté et le malheur d’aimer. « Pour atténuer la souffrance, elle s’accrochait au moindre détail susceptible de lézarder un jour les murs de sa prison où l’enfermait sa fascination. » Dans les trois quarts du roman, l’auteure, pour nommer la femme amoureuse qu’elle est, a choisi le « elle » distancié à la troisième personne. Quant au fantôme, l’homme sublimé, ce sera mister X.X. tout simplement.

L’étrangeté dans la simultanéité des parutions, un disque, un roman, est que si celui-ci fut écrit vers les 20 ans de l’auteure, l’album, lui, est actuel. A plus de quarante ans de distance, comme si le temps se fût compressé, ils chantent la même lancinante mélopée et posent les mêmes questions sur un même homme : m’aimez-vous enfin ? Qu’en est-il de vos dérobades, et de l’importance plus que de moi de vos chers amis ? En ce temps arrêté, la chanteuse a-t-elle grandi, appris de l’existence, adule-t-elle encore cette histoire qui, à sa vie, fut un poison ? « J’ignore ce que j’aime en vous / C’est vous / Mes idées deviennent floues / Je suis à bout / Pourquoi vous ? »

En un disque et un livre, Françoise Hardy réussit magnifiquement son hymne à l’amour fou. Elle témoigne de ce qu’est aimer et de ne l’être pas en retour, alors que d’innombrables « tas de cendres » depuis longtemps submergent son cœur.[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Jérôme
Administrateur
Administrateur
avatar

Masculin Nombre de messages : 8325
Age : 54
Localisation : Paris
Date d'inscription : 04/08/2007

Message(#) Sujet: Re: 28 décembre 2012 - Paris Match - Message personnel Ven 28 Déc 2012 - 19:48

Quel bel hommage. clap
Revenir en haut Aller en bas
http://mon-amie-hardy-rose.blogspot.com
Elma
Critique du forum
Critique du forum
avatar

Féminin Nombre de messages : 2089
Age : 57
Localisation : Paris
Date d'inscription : 06/08/2007

Message(#) Sujet: Re: 28 décembre 2012 - Paris Match - Message personnel Ven 28 Déc 2012 - 19:53

Hé bien il s'agit d'Yves Simon quoi, et cela fait toute la différence ! Qu'on l'apprécie ou non, son âme d'artiste a nécessairement un regard particulier. Le tout mixé avec sa sensibilité et sa culture [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Jérôme
Administrateur
Administrateur
avatar

Masculin Nombre de messages : 8325
Age : 54
Localisation : Paris
Date d'inscription : 04/08/2007

Message(#) Sujet: Re: 28 décembre 2012 - Paris Match - Message personnel Ven 28 Déc 2012 - 20:03

C'est sûr que ça change des élucubrations "matchiennes" habituelles et qu'Yves Simon a des choses intéressantes à dire aussi bien sur la musique que sur la littérature de Françoise Hardy. clap
Revenir en haut Aller en bas
http://mon-amie-hardy-rose.blogspot.com
Alexandre
Modérateur
Modérateur
avatar

Masculin Nombre de messages : 3574
Age : 44
Localisation : Paris
Date d'inscription : 06/08/2007

Message(#) Sujet: Re: 28 décembre 2012 - Paris Match - Message personnel Sam 29 Déc 2012 - 17:52

Chapeau Yves Simon. musique
Revenir en haut Aller en bas
 
28 décembre 2012 - Paris Match - Message personnel
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Françoise Hardy - Mon amie la rose :: Françoise à bâtons rompus :: Actualité de Françoise :: Archives :: L'amour fou (promo)-
Sauter vers: