Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
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 1er mars 2015 - Le JDD

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Jérôme
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Message(#) Sujet: 1er mars 2015 - Le JDD Ven 6 Mar 2015 - 20:29

Françoise Hardy "n'envisage pas de mourir après" Jacques Dutronc

L’interprète de Message personnel évoque la lecture, le vieillissement, l’écologie, la politique dans un livre sans fausse pudeur. Rencontre avec Françoise Hardy.
Dans son appartement du 16e arrondissement de Paris, sa frêle silhouette de 1,72 m se découpe en noir. Dehors, le temps est incertain. La fenêtre du salon laissera ainsi percer une alternance de gris et de blanc durant l'après-midi. Françoise Hardy va bien, aujourd'hui, malgré la maladie. On lui a diagnostiqué un lymphome en 2004. Ses problèmes de santé l'obligent notamment, elle si rigide dans le respect des horaires et le maintien des engagements, à décommander des rendez-vous à la dernière minute. "Je vis sur un fil."
Françoise Hardy est connue pour sa liberté de parole : une conversation sans filtre social créant agacements, tendresse, malentendus. On la croyait à droite toute. Elle se découvre au "centre droit", admiratrice de Michel Rocard et d'Hubert Védrine, sans complaisance avec l'extrême droite. "J'aime les modérés et non les sectaires." L'auteur du Désespoir des singeset autres bagatelles (Robert Laffont, 2008) revient avec un essai sans fard où elle s'insurge contre le discours médiatique dominant. Elle ne célèbre ni les joies du troisième âge, ni la personnalité de Cécile Duflot, ni les chaussures à semelles compensées. Elle cherche non pas les polémiques que ne vont pas manquer de provoquer certains de ses propos, mais les débats.

"Je me suis trouvée laide dès mon plus jeune âge"

Les premières lignes d'Avis non autorisés… sont sur le vieillissement. Françoise Hardy est ainsi tombée récemment sur une ancienne photo de famille où, pour l'anniversaire de son fils, se trouvaient réunis parents et beaux-parents alors âgés de 60 à 70 ans. Elle a été frappée par leurs visages atones. "Il vient un âge où l'on ne peut espérer que des choses à redouter, comme la maladie et la mort." La chanteuse décrit le vieillissement comme une épreuve. "Le cercle des amis se rétrécit, les autres vous perçoivent de plus en plus comme un poids, les rigidités s'installent. Mais ce qui me fait le plus peur, dans le vieillissement, demeure la perte d'indépendance."
L'interprète de La Pluie sans parapluie (2010) n'a jamais eu conscience de sa beauté, demeurée intacte au fil du temps. "J'ai 71 ans et la séduction n'est plus de mise. Le corps me dégoûte. De toute façon, je me suis trouvée laide dès mon plus jeune âge. Je me suis toujours vue avec un avenir de nonne. Il paraît qu'il faut entretenir une pensée positive. Ma pensée est négative et défaitiste." Des éclats de rire cristallins ponctuent ses saillies contre l'air du temps.

Elle appelle Jacques Dutronc "mon veuf imminent"

L'amour de la vie est là. Françoise Hardy tire sa gaieté de ses énervements, de son honnêteté, de ses excès. Elle évoque dans Avis non autorisés… ses passions (l'astrologie) et ses colères (l'ISF). Elle raconte un dîner arrosé, avec Michel Rocard, dans la maison de Corse. Elle aime les hommes manuels : "Les intellectuels m'ennuient." Françoise Hardy appelle Jacques Dutronc "mon veuf imminent", partageant avec lui un humour noir. "Jacques est une force de la nature qui renaît, à chaque fois, de ses cendres. Je n'envisage pas de mourir après lui pour de multiples raisons. Je ne supporte pas que mon fils, Thomas, ait de la peine. Je ne cesse de m'alléger sur le plan matériel alors que Jacques accumule un nombre incroyable de choses sans intérêt. Je n'aimerais pas me retrouver à devoir vider la maison de Corse de tout son barda. Mais il paraît qu'il y a des entreprises de débarras qui font ça vite et bien."
Elle a toujours été à part sans le vouloir. Son physique androgyne, ses opinions tranchées, ses chansons mélancoliques, sa sobriété élégante, son caractère solitaire. "J'ai horreur des mondanités. On y perd son temps car il ne s'y passe jamais rien. Je n'y suis pas à l'aise car je suis empotée et gaffeuse." Elle a donc toujours lu. Françoise Hardy note que l'amour de la lecture ne coupe pas de la vie sociale mais que c'est parce qu'on est coupé de la vie sociale qu'on se réfugie dans la lecture. Elle consacre de belles pages aux auteurs d'hier et d'aujourd'hui qu'elle aime. Henry James, Edith Wharton, Patrick Modiano, Michel Houellebecq. "Quand je me retourne en arrière, je m'aperçois que j'ai eu une vie plus virtuelle que réelle. J'ai connu de grandes émotions à travers la musique, le cinéma, la littérature."
Elle a la dent dure et le cœur tendre. Un curieux mélange. Elle revient sur sa fascination pour "l'intelligence supérieure" de Michel Rocard et d'Hubert Védrine ; parle de sa sœur, "qui n'a jamais éprouvé de sentiments pour personne et qui pratiquait le chantage affectif" ; évoque la beauté de la photographe Kate Barry, aujourd'hui décédée. "Jane Birkin a eu trois filles et les trois sont réussies. C'est rare." Françoise Hardy a appris par un notaire que sa mère avait fait des économies durant des années pour leur léguer, à elle et à sa sœur, une petite somme d'argent à sa mort. "C'était tout simplement sa façon d'exprimer post mortem à ses enfants l'amour qu'elle leur portait. Je ne peux pas en parler sans avoir les larmes aux yeux." Avis non autorisés… est ainsi composé de coups de cœur et de coups de griffe. Elle souhaite la victoire d'Alain Juppé en 2017.

"Thomas est une source de joie et d'admiration dans ma vie"

Françoise Hardy consacre un chapitre à la spiritualité. "À quoi sert la vie? On est là pour apprendre par les efforts, les épreuves, les peines. On est là pour grandir." Elle assume le fait d'enfoncer certaines portes ouvertes dans Avis non autorisés… "Je ne les trouve alors pas assez ouvertes." Chacun de ses livres est un exercice d'honnêteté et de lucidité. Elle s'attarde sur ses problèmes de santé sans fausse pudeur. David McNeil a tenté de la dissuader de raconter les charlatans, les problèmes digestifs, les régimes. Elle l'a fait quand même. Elle ne s'est jamais vécue comme une icône et se fout du regard des autres. Son fils unique, Thomas Dutronc, reste sa part la plus lumineuse. "Thomas est un être humain qui ne m'a jamais rien apporté de négatif. Il est une source de joie et d'admiration dans ma vie." Elle se souvient de lui tout petit, alors qu'elle lui demandait elle ne sait plus quoi, lui répondant : "Mais, enfin, je ne suis qu'un enfant."
L'auteur de L'Amour fou (Albin Michel, 2012) relit aujourd'hui tous les Agatha Christie. "Je me rends compte que j'ai, à chaque fois, oublié la fin." Son père est mort seul en compagnie de son argent. Elle reste persuadée que la façon dont on meurt est un résumé de la façon dont on a vécu. Françoise Hardy dit en riant : "Je devrais alors mourir dans mon sommeil." Elle n'aime pas qu'on l'encombre d'objets et s'en déleste aussitôt. Son cadre de vie lui ressemble : sobre et nu. "Le fondement de la beauté reste l'harmonie. Tout ce qui est surchargé est disharmonieux." La chanson est définitivement derrière elle. "La fatigue a remplacé l'énergie. Je pourrais écrire un chef-d'œuvre mais, à cause de mon âge, les médias ne s'y intéresseraient pas." Elle a écrit et chanté parmi les plus mémorables chansons françaises dont Tant de belles choses (2004). Partir quand même (1988) a été écrit par elle en pensant à Jacques Dutronc ; Message personnel (1973) a été composé pour elle par Michel Berger. Françoise Hardy a chanté L'Amitié (1965). Elle y dit : "Comme on ne sait pas ce que la vie nous donne, il se peut qu'à mon tour je ne sois plus personne." Chacun de ces mots la touche de manière profonde, encore aujourd'hui, sans qu'elle ne s'explique vraiment pourquoi. Elle continue à vivre sur un fil.


* Avis non autorisés... Françoise Hardy, Editions des Equateurs, 250 pages, 13 euros (en librairies le 5 mars)
Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche
dimanche 01 mars 2015

source : http://www.lejdd.fr/Culture/Livres/Francoise-Hardy-n-envisage-pas-de-mourir-apres-Jacques-Dutronc-720452
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http://mon-amie-hardy-rose.blogspot.com
 
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