Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
AccueilBlogMurAccueilDiscographieParolesReprisesVidéosPresseLiensGalerieFAQS'enregistrerRechercherConnexion

Partagez | 
 

 Mars 1963 - Albert Simonin et Françoise Hardy - 1ère partie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jérôme
Administrateur
Administrateur
avatar

Masculin Nombre de messages : 8528
Age : 54
Localisation : Paris
Date d'inscription : 04/08/2007

Message(#) Sujet: Mars 1963 - Albert Simonin et Françoise Hardy - 1ère partie Sam 11 Mar 2017 - 10:15

Spécial Jeunes
Pour inaugurer ce premier cahier "Spécial Jeunes", deux générations se sont rencontrées, Françoise Hardy vous représentait. Albert Simonin, l'homme du "Grisbi", du "Mouron" était le porte-drapeau des "croulants". Et c'est lui qui a ouvert le feu...

Albert Simonin. - Une chose me surprend : maintenant on parle des jeunes...
Françoise Hardy. - C'est très agaçant d’ailleurs. On ne parle que de ça...

A.S. - C'est un phénomène nouveau d'être jeune. Depuis la création du monde, les gens ne se sont jamais sentis jeunes, ils ont senti à un instant qu'ils n'étaient plus jeunes. Moi, j'ai eu sept ans, vingt ans, et c'est vers la quarantaine que je me suis aperçu que je n'étais plus jeune. 
Mais jamais, à dix-huit ans, il m'est venu à l'idée que j'étais un jeune. Cette notion nouvelle me trouble beaucoup.
F.H. - Ce que vous dites, je pense que c'est dû au fait que tout va de plus en plus vite.

A.S. - Vous avez conscience, vous, d'être jeune ?
F.H. - Oh oui ! alors ; j'ai conscience que le temps passe vite et qu'on n'est pas jeune longtemps. Enfin, pour moi, les plus belles années de la vie, c'est entre seize et vingt ans, si vous voulez.

A.S. - C'est très révélateur ce que vous nous dites là, Françoise Hardy, parce que vous, vous semblez appréhender le passage d'un certain cap...
F.H. - Oui, oui...

A.S. - ... Alors que, à l'époque où j'étais jeune sans le savoir, nous n'avions qu'une hâte, c'était vieillir. Le garçonnet de douze ans attendait d'en avoir quatorze pour avoir des pantalons longs, on attendait sa vingtième année pour être émancipé. Maintenant, c'est l'inverse.
F.H. - Oui. Et j'ai l’impression que les jeunes qui m'entourent sont comme moi, sur ce plan-là.

A.S. - Que pensez-vous des croulants ?
F.H. - Je pense que les "croulants" ont beaucoup trop de complexes et surtout celui d'être croulant...

A.S. - On a fatalement le sentiment du vieillissement et c'est ce qui fait, en partie, ce divorce des générations : on ne se sent pas vieillir.
F.H. - Il y a des moments quand même où on s'en rend compte !
A.S. - Oui, par exemple quant on marche, quand on monte un escalier. Mais, dans le contact humains, on se croit de plain-pied avec un être de vingt ans et c'est là où l'erreur est terrible.
F.H. - En quoi pensez-vous qu'il y ait une erreur là ?

A.S. - Quand je suis en présence d'un garçon de vingt ans ou d'une jeune fille de vingt ans, je ne trouve pas le contact.
F.H. - Peut-être parce que vous ne prenez pas le temps de le trouver ?
A.S. - Mais je ne peux pas marcher sur les mains, ni faire des sauts périlleux ! Je suis tel que je suis avec toute le monde et, à partir d'un certain âge, je ne trouve plus le contact. Alors il y a une espèce de défiance qui est extrêmement pénible.
F.H. - Je ne me suis jamais tellement posé le problème. En fait, je ne connais pas tellement de personnes vraiment plus âgées que moi. Je veux dire que je suis surtout entourée de gens ayant dix ou vingt ans de plus que moi et ça marche très bien ! Peu m'importe que la personne ait quatre-vingt-dix ans ou qu'elle ait dix-huit ans, si ça "colle". C'est une question de contact.
A.S. - Vous trouvez le contact avec des personnes beaucoup plus âgées que vous ?
F.H. - Non, je ne peux pas vous dire cela parce que je n'en connais pas justement. Dans ma famille, il y a évidemment mes grands-parents...
Revenir en haut Aller en bas
http://mon-amie-hardy-rose.blogspot.com
Lil' Bear
Fanissime
Fanissime
avatar

Masculin Nombre de messages : 1280
Age : 48
Localisation : France
Date d'inscription : 03/02/2008

Message(#) Sujet: Re: Mars 1963 - Albert Simonin et Françoise Hardy - 1ère partie Sam 11 Mar 2017 - 10:49

Moi je situerais les plus belles années de la vie entre la naissance et huit ans. Smile
Revenir en haut Aller en bas
Jérôme
Administrateur
Administrateur
avatar

Masculin Nombre de messages : 8528
Age : 54
Localisation : Paris
Date d'inscription : 04/08/2007

Message(#) Sujet: Re: Mars 1963 - Albert Simonin et Françoise Hardy - 1ère partie Sam 11 Mar 2017 - 15:10

La réponse ne peut être que personnelle et peut même varier avec le temps.
Il y a d'ailleurs une très belle chanson sur ce sujet "Ma plus belle année" (version française d'Eddy Marnay)


Ce qui me paraît le plus étrange dans la conversation entre Françoise Hardy et Albert Simonin, c'est qu'apparemment la question de "la jeunesse" ne se posait pas vraiment dans les générations précédant celle de Françoise Hardy. Cela prouve bien qu'à l'époque l'éclosion d'une culture "spécial jeunes" était véritablement une nouveauté voire une révolution. Wink
Revenir en haut Aller en bas
http://mon-amie-hardy-rose.blogspot.com
Lil' Bear
Fanissime
Fanissime
avatar

Masculin Nombre de messages : 1280
Age : 48
Localisation : France
Date d'inscription : 03/02/2008

Message(#) Sujet: Re: Mars 1963 - Albert Simonin et Françoise Hardy - 1ère partie Sam 11 Mar 2017 - 17:31

Je pense que ce phénomène de "jeune génération" a commencé dans les années 50 aux Etats-Unis, avec le rock'n'roll. Le film La Fureur de vivre rend un peu compte de ça. 

Avant je ne vois pas de phénomène essentiellement axé sur la jeunesse, même s'il y a toujours eu des générations qui réagissaient aux précédentes, dans l'histoire des arts et de la littérature par exemple.

Peut-être que Rimbaud annonçait ça. Rétrospectivement, sa jeunesse ajoute à la fascination qu'exerce sa poésie. Quand on lit Rimbaud, celui des premiers poèmes du moins, on entend bien la voix de la jeunesse, ou de l'innocence, de quelqu'un dont la vie est encore devant lui...

Ce qui est frappant dans la jeunesse des années 60 (le nombre de chanteurs nés dans les années 40 est incroyablement plus important que les autres), c'est que la jeunesse est devenue "une excuse", un prétexte pour être libre d'expression. Ce qui me paraît plutôt sain, du reste - même si certains tenants de l'ancienne génération ne se privaient pas pour critiquer - parfois légitimement aussi - cette mode artificielle. Léo ferré notamment, a beaucoup critiqué ce jeunisme ambiant, mais bon, lui il critiquait toute son époque de toute façon. Y'a qu'à réécouter "La vie moderne", c'est assez savoureux. clown
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




Message(#) Sujet: Re: Mars 1963 - Albert Simonin et Françoise Hardy - 1ère partie

Revenir en haut Aller en bas
 
Mars 1963 - Albert Simonin et Françoise Hardy - 1ère partie
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Françoise Hardy - Mon amie la rose :: Françoise à bâtons rompus :: Presse-
Sauter vers: