Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
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 Octobre 1996 - Entretien avec Michel Field - Partie 4

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Jérôme
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Message(#) Sujet: Octobre 1996 - Entretien avec Michel Field - Partie 4 Mar 15 Aoû 2017 - 10:06

Michel FIELD : Je n’ai pas le sentiment que vous parlez de vos jeunes années.

Françoise HARDY : Je parlais de mes jeunes années. J’ai dit justement qu’aujourd’hui je suis consumée et aspire au calme. Je m’imaginerais mal revivre des situations, des états comparables à ceux que j’ai vécus pendant des années et qui font que je suis presque étonnée d’être encore là ...

Michel FIELD : C’était, c’est lié à un être précis qui actualisait finalement une certaine représentation de l’amour ...


Françoise HARDY : Je pense que l’on a une sorte de problématique interne, ainsi que certains modèles, liés aux images parentales, et que quand on rencontre quelqu’un qui correspond aux modèles, aux images que l’on porte inconsciemment en soi, la problématique se déclenche immédiatement ...

Michel FIELD : Pourquoi une personne plus qu’une autre ?

Françoise HARDY : Pourquoi se polariser sur un seul être ? Là on est presque dans une conversation psychanalytique, parce que c’est lié aux conditionnements de l’enfance. J’ai été élevée par une mère seule. Je n’avais personne d’autre: la seule personne à aimer était cette maman, qui de surcroît était très belle et très personnelle. Il n’y avait pas de père et je n’éprouvais pas de sentiments importants pour les quelques personnes autour de moi, ou alors des sentiments plutôt négatifs. Il n’y avait donc qu’une seule personne pendant toute mon enfance.
Et puis je suis née sous le signe du Capricorne qui - malheureusement d’une certaine manière -, ne porte pas du tout à se disperser, qui est un signe d’une très grande lenteur: lenteur à s’attacher et plus grande lenteur encore à se détacher. Il n’y a donc pas beaucoup d’attachements profonds, en général, dans la vie de quelqu’un qui est très marqué par le signe du Capricorne. C’est une explication rationnelle. Vous me demandez une explication: j’essaie de vous la donner, mais il y a tellement de facteurs qui doivent entrer en ligne de compte et qui m’échappent.

Michel FIELD : On aurait pu imaginer que vous vous attachiez à une grande œuvre ?

Françoise HARDY : Je peux dire oui et non, parce que la chanson ... il y a plusieurs façons, il y a plusieurs types de chansons ... moi j’adore les chansons légères qui procurent un plaisir de l’instant et j’en ai fait évidemment, je crois, des chansons comme ça et j’en écoute aussi beaucoup ... et puis il y a les chansons qui vont beaucoup plus loin, qui sont beaucoup plus profondes, il y a des tas de chansons que tout le monde connaît: de Léo FERRE, BRASSENS ou BREL, ou d’autres que je n’ai pas en tête maintenant, et dans certaines des chansons que j’ai faites dans ma vie, j’ai essayé - je ne sais pas si j’ai réussi et je ne veux surtout pas me comparer aux grands artistes que je viens de citer - mais j’essaie de mettre dans certaines chansons toute la profondeur dont je suis capable. J’espère toujours rencontrer une musique qui ait en elle la vibration nécessaire pour me permettre d’aller aussi profondément que possible dans les sentiments que j’éprouve et dans leur expression.

Michel FIELD : Y a-t-il des chansons d’autres personnes qui soient marquées à des instants précis ?
Françoise HARDY : Non, pas vraiment, parce que j’ai toujours été à l’affût des chansons et que quand il en est ainsi, on écoute souvent la radio, on achète des disques et puis quand on tombe sur la chanson qui vous procure une émotion importante, cette chanson vous accompagne toute votre vie. J’ai donc des centaines de chansons qui m’accompagnent, que je réécoute assez régulièrement et qui me mettent dans un certain état de mélancolie bienheureuse ... Pour répondre à votre question, si, il y a eu cette chanson de Simon et Garfunkel : "Bridge over troubled water" que j’écoutais et je pleurais chaque fois que je l’écoutais, parce qu’elle correspondait à une période assez difficile de ma vie (rires) ...

Michel FIELD : Pourquoi riez-vous ?

Françoise HARDY : Parce que chaque fois que je dis que cela correspondait à une période difficile de ma vie personnelle, je réalise que ma vie personnelle a tout le temps été difficile. Il y avait donc cette chanson - ce n’est pas la seule, je n’y aurais pas pensé si vous ne m’aviez pas demandé une sorte de repère dans le temps par rapport à une chanson. Il y a des chansons comme ça qui vous font pleurer et ce sont des larmes à la fois de douleur et en même temps de cette espèce de bonheur que procure la sublimation d’une douleur, comme on la trouve dans des chansons ou dans toute autre forme d’art, d’expression artistique.
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