Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
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 Le désespoir des singes et autres bagatelles

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Jérôme
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Message(#) Sujet: Le désespoir des singes et autres bagatelles Lun 28 Juil 2008 - 10:33

Rappel du premier message :

Amazon annonce la sortie chez Robert Laffont pour le 9 octobre 2008 d'un livre de Françoise Hardy répondant au titre "Le désespoir des singes et autres bagatelles".
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Marc
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Message(#) Sujet: Un extrait du livre Ven 3 Oct 2008 - 7:40

Extrait du désespoir des singes

Je suis née pendant une alerte, le 17 janvier 1944, vers vingt et une heures trente, à la clinique Marie-Louise, en haut de la rue des Martyrs1, dans le IXe arrondissement de Paris, où, quelques mois plus tôt, un certain Jean-Philippe Smet avait vu le jour. Ma mère a souvent raconté que j'avais pleuré chaque nuit du premier mois de ma vie, mais qu'elle n'était jamais venue. Au bout d'un mois, se vantait-elle, fière de n'avoir pas cédé à ce qu'elle prenait pour un caprice, j'avais compris et ne pleurais plus. Je pense aujourd'hui que j'avais compris que plus vous appelez, moins on vient, qu'il faut ravaler ses larmes et ne rien demander à personne.

Comment en vouloir à ma mère ? Elle n'avait que vingt-trois ans et croyait bien faire. Elle croyait sans doute bien faire aussi en cédant à son désir d'enfant, exacerbé par un avortement récent, alors qu'elle n'était même pas amoureuse de mon père, un homme marié, qui jouissait d'une situation sociale très supérieure à la sienne. Sans doute en avait-elle déduit qu'il ferait un bon père, au moins capable d'assurer le confort matériel de sa progéniture.

Leur rencontre fut aussi banale que pittoresque. La beauté exceptionnelle de ma mère attirait d'autant plus les regards qu'elle mesurait un mètre soixante-dix-huit, ce qui, dans les années quarante, était peu courant. Subjugué à la seconde même où il l'aperçut dans la rue, mon père entreprit de la suivre et ma mère, qui l'avait vite repéré, s'amusa à le faire marcher dans tous les sens du terme en l'emmenant d'un pas martial de la gare Saint-Lazare à la gare du Nord. Au bout d'une heure, elle ne put s'empêcher de rire devant sa constance et c'est ainsi que la glace fut rompue.

Mais que de disparités entre eux ! L'âge d'abord : vingt ans de différence. Le milieu social ensuite : grande famille bourgeoise originaire de Normandie et sise à Blois du côté de mon père qui dirigeait une entreprise de machines à calculer et dont les frères - amiral, père jésuite2, médecin, éditeur-imprimeur... - avaient fait des études et reçu une formation musicale. Ma mère était, quant à elle, la troisième et dernière fille de petits employés de banque qui ne lisaient que le journal et maîtrisaient mal la langue française. Ils habitaient rue du Tilleul à Aulnay-sous-Bois, dans un modeste pavillon en meulière entouré d'un jardin où ils avaient élevé leurs trois filles en tirant le diable par la queue. Trop en chair, l'aînée, Suzanne, se maria avec le premier qui voulut d'elle, Louis, un ouvrier fraiseur qu'elle suivit au Blanc-Mesnil où ils firent neuf enfants coup sur coup, en ayant à peine de quoi les nourrir. De constitution plus fragile, Marie-Louise contracta la tuberculose à une époque où cette maladie se soignait mal et faisait de vous un pestiféré. Venue à Paris pour vivre sa vocation d'artiste peintre, elle adhéra au parti communiste et, malgré les intempéries et les crachements de sang, distribua L'Humanité chaque dimanche à la sortie des églises, le catholicisme étriqué de sa mère n'étant sans doute pas étranger à la radicalité d'un idéal politique qu'à aucun moment elle ne remettrait en cause. Après avoir obtenu son brevet, la cadette, Madeleine, chercha tout de suite un travail dans la capitale, en partie pour se dégager à son tour d'un environnement familial étouffant.

Le décalage le plus important entre mes parents concernait cependant les sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Mon père était fou amoureux - le démon de midi, peut-être -, alors que ma mère se sentait seulement flattée qu'un homme de sa condition s'intéresse à elle. Il faut dire qu'elle n'avait pas reçu beaucoup d'affection de la part de sa propre mère qui, n'ayant ni sa beauté ni son allure, ne se reconnaissait pas en elle et lui lançait à longueur de temps des piques aussi agréables à entendre que « Pour qui elle se prend celle-là ? D'où elle sort ? »... Il n'en avait pas fallu davantage pour que ma mère finisse par se croire sortie d'une cuisse plus jupitérienne que celle de cette femme méprisante à qui elle ressemblait si peu et se construise une personnalité dont l'individualisme, l'indépendance, l'orgueil constituaient les traits dominants et masquaient une terrible béance affective. Peu avant son décès, survenu en 1991, elle me confierait qu'elle craignait d'autant moins la mort qu'elle l'avait appelée de ses vœux dès son plus jeune âge.

La hargne de ma grand-mère visait également la gent masculine. À l'entendre, tous les hommes étaient des salauds qui ne cherchaient qu'à coucher avec les jeunes femmes. C'était d'autant plus paradoxal qu'après avoir été renvoyée du couvent par une mère supérieure qui n'avait pas décelé chez elle la moindre trace de vocation religieuse (« Mariez-vous ma fille », lui recommanda-t-elle), Jeanne Milot épousa Alexandre Hardy, un homme suffisamment « pur » et honnête à ses yeux, qui ne la tromperait jamais. Amoureux transi de cette rousse plantureuse qui allait s'avérer égocentrique, bornée, frigide et castratrice, mon grand-père se ferait continuellement rabrouer, en particulier chaque fois qu'il aurait pour elle des attentions touchantes de maladresse. Il finirait par se réfugier dans un mutisme total, ne se souciant plus que de son poulailler et de son jardin, tout en compensant ses frustrations par la lecture d'Intimité et de Nous deux. À sa décharge, ma grand-mère était orpheline de mère et avait, toute petite, été mise en pension par un père dépassé qui resterait l'unique personne à qui elle ait tenu et qu'elle appellerait jusqu'à la fin de sa vie « mon papa à moi ».

Mon grand-père m'adressa la parole une seule fois, en 1962, quand je fus brusquement propulsée sur le devant de la scène. Au moment où je partais, sur le pas de la porte du petit pavillon construit de ses mains, il me demanda soudain : « Es-tu heureuse au moins ? » Je ne devais plus revenir à Aulnay et j'ai du mal à contenir mon émotion quand j'en parle. Que de tendresse dans ces simples mots ! Et comme il était étrange de les entendre dans la bouche d'un homme qui avait dû taire ses sentiments depuis si longtemps qu'il semblait devenu indifférent à tout !

Lorsque, malgré elle, ma mère tomba à nouveau enceinte, à l'automne 1944, mon père rejeta catégoriquement la perspective d'un autre enfant, que la difficulté des temps et l'irrégularité de leur situation n'encourageaient guère. Après avoir pesé le pour et le contre, elle décida cependant de le garder. Michèle naquit le 23 juillet 1945 et ma mère, qui travaillait à mi-temps en tant qu'aide-comptable et peinait à joindre les deux bouts, la confia tout bébé à ma grand-mère. De là naquit une complicité entre elles deux dont je fis les frais. Dont, à la réflexion, nous fîmes toutes deux les frais.

Ma mère n'a jamais pu passer une seule nuit avec un homme. Elle évoquerait sa frigidité une seule fois, avant de mourir, sans être en mesure de la connecter à la façon dont elle avait dû se blinder pour pallier ses manques affectifs. Un soir où mon père avait été surpris par le couvre-feu en vigueur pendant l'Occupation, il vint frapper à la porte du deux pièces qu'il louait pour elle au 24 de la rue d'Aumale et elle refusa de l'héberger. Mais, se justifiait-elle, dès lors qu'elle avait eu des enfants avec lui, elle considérait leur lien comme indéfectible. Aussi tomba-t-elle de haut quand, au bout de quatre ans du traitement peu gratifiant qu'elle lui infligeait, elle découvrit que le père de ses enfants la trompait. Au prix de quelles ruses réussit-elle à rencontrer sa rivale pour lui montrer une photo de leurs deux petites filles ? Celle-ci fut si indignée qu'elle rompit aussitôt avec mon père, lequel prit définitivement ma mère en grippe. Ils ne se parlèrent plus qu'au téléphone et sur le mode du vouvoiement.


*
* *
Ma sœur et moi vécûmes une enfance et une adolescence en vase clos entre la maison d'Aulnay et le petit appartement du IXe arrondissement où ma mère ne recevait personne : tout au plus un amoureux éconduit, Jean Isorni, frère du célèbre avocat, puis, beaucoup plus souvent, à partir des années cinquante, Gilbert von Giannellia, un baron autrichien qui travaillait à l'OCDE et passait son temps libre aux courses hippiques où il perdait jusqu'à son dernier centime. Il fut probablement le seul homme dont ma mère ait été amoureuse et elle si belle, si fière, je la surprenais souvent en larmes au téléphone à cause de lui qui la mettait en devoir de l'aider financièrement alors qu'elle n'avait pas un sou. Je voyais donc d'un mauvais œil ce monsieur dont elle avait fait le parrain de ma sœur et qui tentait vainement d'obtenir mes bonnes grâces en m'affublant du détestable surnom de « Framboise ». À mon intense soulagement, ils ne vécurent jamais ensemble.

Je vouais à ma mère une passion d'autant plus exclusive qu'il n'y avait qu'elle à aimer et que j'étais la première personne pour qui elle éprouvait des sentiments profonds. Ma sœur m'inspirait d'autant moins la tendresse suscitée en principe par plus petit que soi, que j'aspirais confusément à avoir notre mère pour moi seule et fus mise beaucoup trop tôt devant mes responsabilités et devoirs contraignants d'aînée alors que notre différence d'âge était à peine d'un an et demi. Par la suite, le fossé allait se creuser entre Michèle, qui faisait sortir ma mère de ses gonds en lui désobéissant systématiquement, et moi, triste incarnation de l'ordre et de la discipline, qu'elle faisait tourner en bourrique. Autour de sa vingtième année, elle me confierait qu'elle n'avait jamais ressenti autre chose que de la crainte pour notre mère dont, en effet, l'inflexibilité en effrayait plus d'un et qui, des décennies plus tard, m'avouerait de son côté ne s'être jamais-sentie d'atomes crochus avec sa fille cadette.


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1. Après le concert de mon fils Thomas à La Cigale, le 11 décembre 2007, je suis passée rue des Martyrs et j'ai constaté que la clinique se trouvait dans une impasse fermée par une grille. L'association alerte, martyrs, impasse, grille m'a fait rire.

2. Pendant la guerre, le père Victor D. se porta volontaire en tant que prêtre ouvrier pour aller dans un camp aider ceux qui y étaient retenus prisonniers. Il mourut à Dachau.


(source : http://www.franceloisirs.com/catalogue/produit.jsp?eVar3=search&docId=20863821410254563)
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Lil' Bear
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 3 Oct 2008 - 9:23

Merci pour cet extrait, j'ai apprécié cette lecture. En circulant dans la forêt psychologique de son entourage, Françoise plante le décor de son enfance. Un coin du décor, du moins.
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Alexandre
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 3 Oct 2008 - 13:19

Pour l'instant ce descriptif me semble sec, strict, sans chaleur ni beaucoup de sentiments. Une sorte d'écriture "frigide" si j'ose dire. confus

J'espère que ce petit bout qui semble être l'introduction n'est pas représentatif du reste du livre. interloqué

Mais pour être cohérent avec ce que j'ai déjà écrit ailleurs, je vais conclure en disant que je suis content d'avoir découvert l'extrait salut mais que mon premier avis ne sera posé qu'après lecture complète. jocolor ce qui est la moindre des choses !
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 3 Oct 2008 - 13:23

Après avoir lu cet extrait, comme j'ai déjà eu l'occasion de dire, je me demande si je ne vais pas l'apprécier autant quand elle raconte que quand elle chante.

Les commentaires de Michael l'iconoclaste me font bien rire (même si c'est un rire jaune qques fois) car je ne suis pas très loin de penser parfois comme lui, sans jamais avoir approché Melle Hardy plus de 6 minutes. Cependant, moi je suis resté sous le charme même si dorénavant j'aurais en tête l'image d' "une chanteuse famélique morte de trac".

Et puis quelqu'un qui tappe sur Tuca et "la question" ne peut être que quelqu'un de bien................même si j'aime bien aussi ceux qui aiment ce disque et cette "musicienne".

Un truc qui me fait rigoler (mais vraisemblablement comme d'habitude ça ne fera rire que moi). C'est un rapprochement en fait. Sheila dit qu'elle s'est forgé la voix en criant sur les marchés où elle vendait des bonbons avec ses parents. Françoise se serait donc forgé son absence de voix en gueulant toutes les nuits au cours de son premier mois d'existence.
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Anne
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Sam 4 Oct 2008 - 11:19

Les réponses croisées de Claude et Mickael sont, je trouve, très intéressantes En fait ce qui importe c'est comment et à quel moment de sa vie on "rencontre" un artiste.

Se sentir "accompagné" émotionnellement dans sa vie perso par les mots de Françoise ne peut pas renvoyer à une synthèse objective de son oeuvre. Plus on est adulte et plus la rencontre avec un artiste sera dépassionnée.

En clair le rapport à Françoise sera radicalement différent pour quelqu'un qui la suit depuis le début et chronologiquement (et cela dépend quel âge il avait à ses débuts) et une autre personne qui débarque dans son oeuvre en cours de route et encore un autre qui la découvrirait maintenant.


Pour revenir au bouquin, pour l'instant je ne "reconnais" pas les mots et trouve ça très froid. J'attends la suite pour être agréablement surprise.
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Elma
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mar 7 Oct 2008 - 19:02

J-2 si je ne m'abuse ! Pour les inconditionnels Parisiens, prêts à tout, je signale que le Virgin au niveau du RER à la Défense ouvre dès 7 heures du matin. Evidemment cela ne veut pas dire qu'ils auront eu le temps de mettre en rayon (pour le dernier album et produits associés de Mylène Farmer aka la vilaine fermière c'était le cas, mais l'audience n'est pas la même). Jérôme vas-tu craquer et me charger d'une petite course en route ? clown
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Marc
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mer 8 Oct 2008 - 18:07

(source : http://bibliobs.nouvelobs.com/20081008/7635/romy-schneider-dutronc-et-moi)

Les Mémoires de Françoise Hardy. Bonnes feuilles (1)
Romy Schneider, Dutronc et moi
Par Françoise Hardy

Icône des années 1960, toujours portée par la ferveur du public, Françoise Hardy raconte ses souvenirs dans un livre où elle ne cache rien. Notamment l'histoire d'amour entre son mari, Jacques Dutronc, et Romy Schneider. Bonnes feuilles exclusives


Jean-Marie Perrier
Françoise Hardy est née en janvier 1944 à Paris. En 1962, elle enregistre « Tous les garçons et les filles ». En 1966, elle rencontre Jacques Dutronc qu'elle épouse en 1981. En 1973 est né leur fils Thomas. Son dernier album s'intitule « Parenthèses » (2006).

«Idéal féminin», selon Mick Jagger, «endive du twist» pour Philippe Bouvard, Françoise Hardy se repasse le film d'une vie passée sous le double signe de l'amour et de la chanson. Au fil des pages, on reconnaît la voix familière qui chantait autrefois: «Au bout du téléphone, il y a votre voix, et tous ces mots que je ne dirai pas...» Aujourd'hui, elle choisit la prose pour délivrer ses messages personnels. Son autobiographie, «le Désespoir des singes et autres bagatelles», dont le titre rend hommage à l'arbre centenaire qu'elle admire lors de ses promenades à Bagatelle, est aussi sensible que bien écrite.

Françoise Hardy délaisse sans regret une enfance de recluse pour le monde fermé du show-business. C'est le temps de l'amour, le temps des copains et de son amour pour le photographe Jean-Marie Périer. Sur le poster yéyé de «Salut les copains», elle ne ressemble ni à France Gall ni à Sylvie Vartan. On s'en rendra vraiment compte quand, au début des années 1970, la disciple de Mireille, l'égérie de Courrèges, troquera la variété pour une pop-rock mélancolique et remarquable. A l'ombre du désespoir des singes, elle revient sur toutes ces années pour ressusciter Michel Berger, Serge Gainsbourg ou Henri Salvador et donner une seconde fois la vie à Thomas Dutronc. L'enfant devenu guitariste puis chanteur à son tour est le fils unique d'un couple mythique lié par des sentiments profonds trop mal exprimés.

Entre autres «bagatelles», Françoise Hardy raconte tout ce qu'elle sait de la liaison qui se noue à ses dépens entre Jacques Dutronc et Romy Schneider sur le tournage de «L'important c'est d'aimer». La chanteuse, que les Américains confondaient parfois avec Sagan, semble se libérer en dévoilant cette infidélité que l'autre Françoise aurait décrite avec désinvolture comme «Un chagrin de passage».

Sophie Delassein


« Le Désespoir des singes et autres bagatelles », par Françoise Hardy, Laffont, en librairie le 13 octobre.
A lire également sur BibliObs: Jacques Dutronc par Françoise Hardy


***


Andrzej Zulawski, un jeune réalisateur polonais, ex-assistant d'Andrzej Wajda, préparait l'adaptation cinématographique du roman de Christopher Frank, «la Nuit américaine», et cherchait un acteur pour incarner le mari de Romy Schneider qui tiendrait le rôle féminin principal. On lui parla de Jacques qu'il souhaita rencontrer après avoir visionné «OK Patron». [...] Il fut ensuite convié à un dîner professionnel où, contrairement à l'habitude, je l'accompagnai. Il y avait là je ne sais quelles personnes de cinéma qui faisaient partie de la production du film de Zulawski ou de son équipe. Elles l'informèrent que Romy Schneider avait besoin de tomber amoureuse sur chaque tournage soit de son metteur en scène, soit de son partenaire. Ignorant ma présence, elles lui firent ensuite valoir que Zulawski étant marié depuis peu à une ravissante actrice, il était exclu que ce soit lui, tout comme il était exclu que ce soit Fabio Testi, l'autre rôle masculin du film, car il ne correspondait pas, a priori, aux goûts de la star. Il fallait donc, conclurent en chœur et avec le même sérieux ces gens pleins de tact, que ce soit Jacques qui se dévoue. J'étais retournée. En même temps j'éprouvais un soulagement paradoxal, car, dans mon immense naïveté, je ne doutais pas qu'il ait le minimum d'amour-propre requis pour que le principe d'un passage obligé à la casserole le braque au point d'écarter le danger.

Je réussis à chasser cette scène dérangeante de mon esprit. La nécessité de trouver un nouveau lieu de vie m'occupait à plein temps et la perspective de vivre bientôt en couple après huit ans de relation séparée me donnait des ailes. [...] Un soir, après le restaurant, Pascal Jardin m'emmena à L'Aventure, une discothèque à deux pas de l'Etoile, animée par Dani, égérie sulfureuse des sixties qui faisait parfois du cinéma et des disques. Je me retrouvai assise entre elle et Zouzou, autre égérie du même genre, pour qui Jacques avait composé des chansons, et qui avait un petit rôle dans le film de Zulawski. [...] Histoire de dire quelque chose, je demandai à Zouzou comment se passait le tournage. Elle se mit alors à cracher son venin sur Romy Schneider avec une telle virulence que je m'en étonnai en lui faisant remarquer que Jacques, qui a pourtant la dent dure, n'avait émis aucune critique à son sujet jusque-là. «Evidemment, me rétorqua-t-elle, l'œil mauvais, ils sont ensemble!» Et de ne m'épargner aucun détail sur la façon dont il était à ses petits soins et à ses ordres...

Le ciel me tombait sur la tête. Après avoir inventé je ne sais quel pieux mensonge à ma mère au téléphone pour qu'elle dorme chez moi sans m'attendre, je demandai à Pascal Jardin de m'emmener au 67, rue de Provence. Il s'exécuta sans mot dire. Ou alors, peut-être est-ce ce soir-là, pendant le trajet, qu'il m'asséna qu'une telle ou une telle, ça n'avait aucune importance, mais que Romy Schneider, c'était une autre paire de manches, car il s'agissait là d'une vraie femme. J'étais absolument d'accord avec lui. Cette immense actrice se trouvait alors à l'apogée de sa beauté et de son talent. Il aurait fallu être de pierre pour lui résister! Aurais-je résisté si le Marlon Brando d'«Un tramway nommé désir» ou du «Dernier Tango à Paris» avait jeté son dévolu sur moi? Bien sûr que non! Mais c'est une chose de comprendre une situation et de la trouver inéluctable, c'en est une autre de la supporter. Lorsque Pascal Jardin me déposa devant l'immeuble de Jacques, j'étais déterminée à rompre et n'avais jamais été aussi malheureuse de ma vie.

Les portes cochères fermaient désormais à la tombée de la nuit et je ne connaissais pas le code de l'immeuble, mais j'étais trop mal pour ne pas attendre l'homme que j'aimais aussi longtemps qu'il le faudrait, puisque tout laissait supposer qu'il ne se trouvait pas chez lui. [...] Commença alors une longue veille qui ne s'interrompit qu'à 7 heures du matin, lorsque quelqu'un entra dans l'immeuble. Je réussis à m'engouffrer à sa suite et gravis les cinq étages jusqu'à la porte de Jacques devant laquelle je m'assis en me répétant mentalement ce que j'avais ruminé toute la nuit: quand une femme est amoureuse d'un homme connu et séduisant, elle doit s'attendre à ce que d'autres femmes lui tombent dans les bras et ne pas lui jeter la pierre s'il succombe à certaines tentations; à supposer que ce soit ponctuel, ce qui lui arrivait sur le film de Zulawski ne manquerait pas de se reproduire lors de tournages ultérieurs ; je pouvais le comprendre, simplement, c'était au-dessus de mes forces et il valait mieux arrêter là notre relation.

Il arriva une heure plus tard et mon cœur se mit à battre la chamade tandis qu'il montait ses étages sans se presser, en portant une mallette de cuir noir où il avait dû entreposer quelques cigares et le script du film. Je n'étais pas seulement bouleversée parce qu'il venait directement de chez une autre femme à côté de laquelle je n'étais pas sûre de faire le poids et qu'il aimait peut-être, mais aussi parce que j'étais la dernière personne qu'il s'attendait à voir et que ma pitoyable position de femme trompée et éplorée le prenant sur le fait ne pouvait que l'indisposer. Lorsqu'il fut face à moi, pas un de ses cils ne bougea, comme s'il trouvait naturelle ma présence sur son palier à cette heure matinale. Au fond de moi, j'admirai et enviai la force de caractère qui lui permettait de ne rien trahir de ses émotions. En éprouvait-il seulement? Il me fit entrer et je me sentis écartelée entre l'obligation de rompre et l'impression dévastatrice de ne pouvoir me passer de lui. Le partager me détruisait déjà, le quitter me détruirait encore plus sûrement. Et j'étais là, devant lui, comme le drogué en manque qui, après avoir passé la nuit à se jurer de tout arrêter, est prêt à tuer père et mère dès que la drogue redevient à portée de main, pour y goûter encore, ne serait-ce qu'une fois.

Contrairement à moi, Jacques est plus sensible qu'émotif. C'est aussi quelqu'un qui marche à l'instinct, n'aime pas les grandes phrases et ne cherche pas à s'expliquer, encore moins quand on semble le mettre en demeure de le faire. M'entendit-il quand je lui exposai mon point de vue et parlai de le quitter? Il me conseilla seulement de dormir un peu et quand il me rejoignit pour en faire autant, me montra que je lui faisais encore de l'effet. C'était sa façon à lui de me dire que rien n'avait changé. Il prétendrait par la suite qu'à la requête d'Andrzej s'était tenue ce soir-là chez Romy, rue Berlioz, une réunion de travail si interminable qu'il s'était endormi sur place. Il tablait sans doute sur ma naïveté ou ma faiblesse, car il était le premier à savoir que le silence qui laisse planer le doute est préférable aux mensonges d'enfant qui ne trompent personne. Les «Si tu savais...», dont il se contenterait les quelques fois où, par la suite, je ferais, malgré moi, allusion à cette liaison, me troublent encore aujourd'hui: quel jeu jouait-il avec moi? Quel jeu avait-il joué avec elle?

En juin 1982, Andrzej Zulawski fut interviewé à propos de Romy Schneider qui venait de mourir à l'âge de 43 ans. Il crut bon d'évoquer sa folle passion pour un jeune acteur venu lui signifier, le dernier jour du tournage, que le film était terminé. D'après Zulawski, le choc qu'elle subit alors avait accéléré sa déchéance physique - son problème avec l'alcool n'était un secret pour personne. La presse dénature tout ou presque. Mieux vaut chercher la vérité ailleurs. Mais, au-delà de l'infinie compassion que m'inspira la fin de vie tragique de cette grande actrice, la lecture de ce témoignage retourna le couteau dans une plaie qui mit une dizaine d'années à cicatriser, puisque c'est le temps qu'il me fallut pour voir à nouveau ses films.


Des années plus tard, après bien des orages et des calmes plats, après bien des déchirures, mais aussi beaucoup d'amour de part et d'autre, quand le temps eut fait son œuvre et que Jacques fut foudroyé à son tour, il déclara soudain qu'il ne m'avait jamais trompée. Une telle assertion aurait eu de quoi estomaquer les complices de ses frasques, mais le sens m'en apparut clairement: ce qui se passait en dessous de la ceinture ne comptait pas. Dommage qu'il ait fallu attendre le point de non-retour pour qu'il exprime, à sa façon détournée, ce qu'il avait ressenti pour moi pendant si longtemps, même si je m'en doutais un peu. Dommage surtout que l'on ne puisse se passer de ce qui ne compte pas au risque de perdre ce qui compte. C'est un problème insoluble et vieux comme le monde. Je pensais à Mireille. Elle voulait toujours savoir où j'en étais dans ma vie de couple et prenait le plus souvent le parti de Jacques. Peu après leur mariage, Théodore l'avait prévenue que s'il lui arrivait de trouver jolies la boulangère ou la fleuriste du coin cela ne la regarderait pas. «Toute ma vie, il m'a été difficile de passer du respect au désir...», a reconnu Emmanuel Berl. Comment en vouloir à l'autre d'être différent de soi, alors que c'est cela même qui nous attire? Comment se croire aimable au point de lui suffire en tout et à jamais? Etrangement, le cœur n'arrive pas à suivre ce qui est si facile à accepter pour la raison. A la façon du cristal, il se fêle ou se brise au premier choc venu. Pour un malentendu, pour si peu de chose parfois...

[...] La bonne marche de ce tournage particulièrement difficile dépendait sans doute aussi de celle de sa relation avec Romy Schneider. La pression était telle qu'elle ne lui permettait pas de passer ne serait-ce qu'une soirée avec une femme en mal de preuves d'amour dont il la frustrait sans le vouloir. Une nuit où je touchais encore plus le fond que d'habitude, je fis quelque chose d'interdit - du moins à mes yeux -, j'appelais chez lui vers 3 heures du matin. Contre toute attente, il décrocha, mais je compris à son ton qu'il n'était pas seul, surtout quand j'entendis la voix - reconnaissable entre toutes - de sa célèbre partenaire lui demander s'il souhaitait qu'elle s'en aille. Ce nouveau coup me mit tellement sens dessus dessous, qu'allant une fois de plus à l'encontre de ma nature, je me décidais à répondre favorablement aux yeux doux que me faisait alors un grand artiste italien pour lequel je n'éprouvais rien d'autre qu'une profonde admiration.

© Robert Laffont

Message de Jérôme : Marc, je me suis permis de retoucher ton post afin de le compléter avec quelques photos de l'article
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Jérôme
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mer 8 Oct 2008 - 19:54

3ème extrait du «Désespoir des singes et autres bagatelles»

Jacques Dutronc par Françoise Hardy
Par Françoise Hardy
Icône des années 1960, toujours portée par la ferveur du public, Françoise Hardy raconte ses souvenirs dans un livre où elle ne cache rien. Notamment sur Jacques Dutronc dont, au fil des pages, elle trace le portrait. Bonnes feuilles exclusives

La rencontre

La rupture avec Jean-Marie [Perrier] fut entérinée par les mots assassins que je dus prononcer à Clermont-Ferrand lors d'une communication téléphonique infiniment triste où il me demanda de lui mettre les points sur les i. Je vécus pour la première fois l'épreuve consistant à faire souffrir l'être qui a été le plus proche de soi pendant quelques années et réalisai qu'il est au moins aussi douloureux de quitter que d'être quitté.

De retour à Paris, j'appris que mon éditeur et directeur artistique, Jacques Wolfsohn, était en instance de divorce. Il venait de signer avec Jacques Dutronc dont la chanson Et moi et moi et moi... était matraquée sur les ondes. Ce dernier ne m'était pas totalement inconnu, puisque, dès 1963, j'avais repris une musique à lui que j'aimais beaucoup, Le temps de l'amour. Aussi, parce qu'à la demande de notre éditeur commun il m'avait composé la mélodie de Va pas prendre un tambour, chanson hélas gâchée par une orchestration épouvantable. Je devais le croiser ensuite dans le bureau de Wolfsohn qui l'avait engagé comme assistant à son retour de l'armée. Ses cheveux rasés, sa peau boutonneuse et ses énormes lunettes ne l'avantageaient guère à ce moment-là. On me parla ensuite de lui comme guitariste éventuel pour une tournée. J'étais au volant de ma petite Austin Cooper quand je le vis traverser la rue Mogador, devant les magasins du Printemps. Je profitai du feu rouge pour lui demander si je pouvais compter sur lui mais il resta évasif - je ne savais pas encore qu'il répondait rarement aux questions. On me rapporta qu'il ne souhaitait pas s'éloigner de sa fiancée, ce que lui-même démentit en partie, des années plus tard, en prétextant que ses vues sur moi lui avaient semblé incompatibles avec le fait de devenir l'un de mes musiciens.


Cinello/Sipa Press

Il n'avait pas encore enregistré de disque, encore moins accédé à la célébrité, lorsqu'il annula son mariage quelques jours avant sa célébration. Le prétexte qu'il invoqua ultérieurement, non sans réticence, en était le formalisme bourgeois de sa future bellefamille qui avait plus ou moins manigancé ce mariage à son insu, alors qu'elle considérait d'un très mauvais oeil ses activités artistiques et faisait pression pour qu'il exerce une profession plus sûre. Avec le recul, je me demande si la raison profonde de cette annulation de dernière minute, qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille, ne tournait pas plutôt autour d'un réflexe de fuite devant toute forme d'engagement.

Quoi qu'il en soit, les deux Jacques et moi redevînmes célibataires en même temps et sortîmes souvent ensemble à partir du dernier trimestre de l'année 1966. Jacques l'éditeur était toujours seul, mais Jacques le chanteur était en général flanqué de «minettes» si quelconques que je me demandais ce qu'il pouvait bien leur trouver. De mon côté, j'étais encore désespérément amoureuse de mon Anglais, lequel, navré de me voir malheureuse à cause de lui et ayant aperçu notre trio chez Castel, tenta de me convaincre que Dutronc était mille fois plus séduisant que lui-même, et que nous formions un très beau couple.

Le coup de la panne
Ce qui devait arriver arriva: peu à peu je tombai sous le charme non seulement de ses yeux bleu pâle, mais de sa façon d'être si déconcertante - provocatrice, parfois cynique, toujours énigmatique -, derrière laquelle je me plaisais à imaginer une grande sensibilité, une grande fragilité aussi. Il avait un côté dur au cœur tendre, brut et raffiné à la fois, très français aussi, parigot... Ses contrastes m'intriguaient et m'attiraient d'autant plus que, comme mon bel Anglais l'avait perçu avant moi, Jacques Dutronc avait un charisme hors du commun.

Je me sentis une fois de plus dans une impasse, puisque rien ne laissait supposer l'once d'une réciprocité à mon attirance grandissante. Les jeunes filles plus ou moins jolies, plus ou moins vulgaires, avec lesquelles le nouvel objet de mes tourments s'affichait, ainsi que celles qui virevoltaient autour de lui ou l'attendaient des heures sur son palier, me donnaient l'exemple de ce qu'il ne fallait pas faire. En même temps, celles qui semblaient obtenir ses faveurs étaient très différentes de moi, et j'en conclus que je ne devais pas correspondre à ses goûts. Bref, je me sentis plus inhibée que jamais dans l'expression de mes sentiments.

Un soir où Jacques et moi chantions dans le même gala en Belgique, ma voiture eut la bonne idée de tomber en panne. Il n'y avait pas d'autre solution que rentrer à Paris avec lui et j'espérai en mon for intérieur qu'il profiterait de la situation. Nous étions assis à l'arrière de sa DS avec trois bonnes heures de route de nuit devant nous. Mais il ne broncha pas et j'eus beau faire semblant de dormir et profiter de certains virages pour me rapprocher légèrement de lui, rien n'y fit. Sans doute avait-il l'habitude qu'on lui tombe plus ostensiblement dans les bras, mais j'aurais été incapable d'un tel comportement, à moins de m'y être sentie encouragée d'une façon ou d'une autre. J'étais arrêtée aussi par la vague crainte que ce genre d'attitude, qu'il ne connaissait que trop, me rabaisse à ses yeux. Lui si secret, si discret sur sa vie personnelle, me confia des années après que l'une de ses partenaires de cinéma, aussi célèbre que ravissante, l'avait invité un dimanche à déjeuner dans le restaurant d'un hôtel où elle avait réservé une chambre pour qu'ils concluent l'après-midi en beauté. Que l'on dispose ainsi de lui l'avait braqué, et la jeune personne en avait été pour ses frais.

«Il y a un cactus...»
Lors d'un débat à l'Assemblée nationale, le Premier ministre, Georges Pompidou, déclara: «Comme le chante Jacques Dutronc, il y a un cactus... » Inutile de dire à quel point cela rejaillit positivement sur Jacques et sa chanson, puisque toute la presse s'en saisit. Quelque temps après, lui et moi fûmes conviés à un grand dîner organisé par Le Figaro. Nous étions à la table de Mme Pompidou, lorsque, au bout d'un moment, Jacques, qui s'ennuyait copieusement, me demanda à l'oreille qui était le travelo assis en face de nous. Il y eut ensuite une invitation de Matignon à une soirée où il devait chanter devant les Pompidou et leurs invités, parmi lesquels se trouvaient Brigitte Bardot ainsi que l'éditeur Christian Bourgois et sa femme, lesquels, à tort ou à raison, me semblaient directement sortis d'une société secrète ou d'un cercle sadomasochiste - rétrospectivement, ils auraient été parfaits dans Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. Jacques, qui n'était jamais là où on l'attendait, et pour qui tout semblait prétexte à dérision, se mit à chanter en 78 tours, autrement dit à toute vitesse. Cela jeta un froid. Si triées sur le volet qu'elles fussent, les personnes présentes ne comprenaient pas son humour décalé et aspiraient à retrouver ses succès tels qu'elles les appréciaient. Brigitte Bardot me supplia de lui demander de chanter normalement, mais c'était impossible. Quand il eut terminé son tour de chant à la durée réduite au minimum par le rythme infernal qu'il avait cru bon de lui imposer, les Pompidou me prièrent de chanter moi aussi, sans soupçonner qu'une chanson ne s'improvise pas, et que les musiciens doivent la connaître pour l'accompagner. C'était une soirée merveilleusement surréaliste dont je déplore qu'il n'existe aucune trace.

Sumo, le guépard
Jacques vint un peu plus souvent chez moi lorsqu'il lui prit fantaisie d'apprivoiser un guépard qu'il baptisa Sumo, avec lequel il dormait après l'avoir affublé d'une couche-culotte pour qu'il ne fasse pas pipi au lit. Ses nuits rue de Provence n'étaient pas de tout repos, car Sumo s'étirait beaucoup, le léchait de même et lui donnait force coups de patte en signe d'affection. Le gracieux mais néanmoins envahissant animal avait investi l'appartement et faisait sa joie en déchiquetant les vêtements des copains qui se risquaient à franchir son seuil et repartaient en loques. Le père de Jacques, qui avait déjà supporté les élevages de souris, de tortues et de grenouilles quand son fils était petit, allait, avec un inlassable dévouement, acheter des poulets non plumés pour nourrir le guépard qui devait s'ennuyer et passait des heures sur la cheminée à se regarder fixement dans la glace, cherchant sans doute à comprendre quel était ce congénère insaisissable avec lequel il aurait bien aimé jouer.

© Robert Laffont

(source : http://bibliobs.nouvelobs.com/20081008/7636/jacques-dutronc-par-francoise-hardy)
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Alexandre
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 10 Oct 2008 - 13:22

Ca alors ! Romy Schneider a eu une aventure avec Jacques Dutronc ! :silent:

"Romy Schneider avait besoin de tomber amoureuse sur chaque tournage soit de son metteur en scène, soit de son partenaire"
Je tombe de l'armoire ! C'est particulièrement étonnant ce mode de fonctionnement. divers

C'est peut-être un secret de Polichinelle mais je ne connaissais pas cette histoire et je suis très étonné que Françoise révèle ce type d'événement particulièrement impudique. Shocked

Sinon côté fun, j'ai compris. Maintenant j'aurai un guépard chez moi. Ce sera une bonne excuse pour dormir ailleurs waou

J'ai également du mal à comprendre comment Françoise a accepté d'endurer ça...
Mais bon, ça explique pourquoi elle a tant de fascination pour le masochisme. Crying or Very sad
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 10 Oct 2008 - 14:04

Attends, je me place..........moi je veux bien venir voir ton guépard !

C'est vrai que c'est aussi un peu tordu pour moi : "tu me trompes, je souffre, mon Dieu que c'est bon de souffrir !".
J'avais déjà éprouvé cette sensation curieuse dans le bouquin de Simone Signoret quand elle avait rapporté l'épisode de l'aventure Montand/Monroë.

Quoi qu'il en soit, j'aimerais bien devoir tomber amoureux de chaque personne avec qui je suis amené à travailler, mais je ne suis pas sûr que la rentabilité que l'on attend de moi y gagnerait.
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Zorba
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 10 Oct 2008 - 16:58

Cette histoire de Romy avec le Jacquot n'est pas un scoop, Françoise l'ayant déjà évoquée dans certains tabloïdes. Mais là elle nous déballe l'histoire heure par heure, et celà en devient presqu'indécent.

Le fan que je suis n'a pas envie d'imaginer sa star, sans l'idôlatrer outre mesure, assise par terre sur le paillasson du Jacquot, entrant bourré (?) sans lui jeter le moindre regard condescendant.

Après l'euthanasie de Madeleine, aura-t-on enfin quelques explications sur le décès de Michèle, sa soeur ?

Et puis à lire tous ces extraits dans la presse, est-il encore besoin d'acheter ce Désespoir de Singes et en annexes, les Bagatelles ?
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 10 Oct 2008 - 17:18

Pour la bagatelle, Zorba, pour la bagatelle !
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Lil' Bear
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 10 Oct 2008 - 18:07

Citation :
Dommage surtout que l'on ne puisse se passer de ce qui ne compte pas au risque de perdre ce qui compte.


Ouh la vache! Quelqu'un a une aspirine? geek
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Jérôme
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Sam 11 Oct 2008 - 8:42

La quatrième de couverture du livre décrit ce qu'on trouvera à l'intérieur ainsi :

V
oix sans pesanteur, beauté intemporelle, silhouette élancée, Françoise Hardy est surtout une auteur-compositeur-interprète exigeante, appréciée dans le monde entier, qui a inspiré plusieurs générations depuis son premier succès, Tous les garçons et les filles, en 1962.

Pour la première fois, elle livre les clefs de sa vie. Elle raconte son enfance en vase clos qui ne la préparait en rien à une célébrité totalement inattendue, évoque ses amours avec Jean-Marie Périer, puis avec Jacques Dutronc, son mari, et naturellement parle de leur fils, Thomas.

Françoise Hardy revient aussi sur ses chansons, ses collaborations et ses rencontres. Au gré des année, on croise Dali, Stockhausen, Ionesco, Bob Dylan, Mick Jager, Elvis Presley, Pauline Réage, Hélène Grimaud ou Michel Houellebecq, ainsi que tous ceux qui ont le plus compté pour elle : Mireille et Emmanuel Berl, Patrick Modiano, Michel Berger, Serge Gainsbourg, Gabriel Yared, Etienne Daho...

Ecrit avec sincérité, lucidité et tendresse, son récit permet de revivre des épisodes connus, d'en découvrir d'autres, et surtout de rire, de rêver et de s'interroger avec elle sur ce qui fait le sens de nos existences, joies et souffrances mêlées. Mieux qu'un livre de souvenirs, une grande traversée des apparences, où l'on découvre, depuis l'enfance à nos jours, l'itinéraire intérieur, artistique et amoureux d'une artiste profondément singulière.
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Zorba
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Sam 11 Oct 2008 - 16:38

Même ici au bout du monde, le livre des Singes est arrivé à l'heure,
au bateau de 09.30h en provenance d'Athènes.

Pour l'heure, je le respire, je le caresse, je m'en délecte, je résiste à en ouvrir les pages,
magie infinie de l'objet tant attendu.

Seul, cette nuit dans la chambre d'ami, je dévorerai ses mots sans aucune retenue.
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Sam 11 Oct 2008 - 19:45

Sans révéler quoi que ce soit susceptible d'amenuiser le plaisir du lecteur je peux juste faire ces petits commentaires personnels :

En dehors des passages consacrés aux situations où Françoise n'est pas directement concernée, la sensibilité de l'écriture est clairement perceptible. Passé le sujet des années 60, Françoise sort du cadre de l'autobiographie traditionnelle et révèle un talent d'écrivain certain.

Je remets à plus tard la transcription de mon ressenti détaillé afin de ne pas altérer le plaisir de la découverte...
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Message(#) Sujet: Chapitre 1 Dim 12 Oct 2008 - 14:07

Chapître 1 :

Ai pris la décision de ne lire qu'un chapître par jour, pour apprécier, moi aussi, les plaisirs masochistes.

Même si ce chapître était déjà paru sur le net, le plaisir de le (re)lire sur les pages du livre en est décuplé. Quelle belle écriture, concise, esthétique. Seule gêne, l'utilisation du conditionnel (passé 1ère forme?) alors qu'un passé simple eût été, à mon avis plus approprié : "Mon grand-père se ferait continuellement rabrouer..."(se fit aurait suffit, non ?).

Egalement, l'utilisation de notes en bas de page, déjà fréquente dans les autres livres (Les Rythmes du Zodiaque): certaines auraient pu être incluses dans le corps du texte (la mention sur le père jésuite), d'autres se révèlent, à mon avis, inutiles.

On a l'impression de vivre son histoire en étant à ses côtés. Seule révélation pour moi : l'histoire du baron autrichien concerne sa mère, Madeleine, alors que dans les biographies précédentes, je crois me souvenir que Françoise avait fait personnellement la rencontre d'un baron autrichien, dans le train qui l'emmenait à Innsbrück.

Un regret : la non-révélation du nom de famille de son père, alors qu'elle révèle impunément le nom des amants de sa mère. On peut noter aussi une contradiction quant à la vie post-Madeleine de son père, Françoise révélant l'existence d'une maîtresse, alors que chez Ardisson elle avait parlé de son homosexualité.

La fin du chapître est romantique à souhait. Ce rêve idyllique de retour dans la petite maison dans la prairie, en Autriche, dans laquelle rien n'aurait changé, m'a presque fait monter les larmes aux yeux. Et si on y allait tous ensemble, avec elle.... rendez-vous gare de l'Est dès l'achèvement du bouquin ?
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Dim 12 Oct 2008 - 15:57

Je ne crois pas être le mieux placé pour les leçons de français mais le fait que Françoise utilise l'expression "Mon grand-père se ferait continuellement rabrouer..." marque la répétition de l'évènement non seulement lors de cet épisode précis mais également dans son futur.... En utilisant "se fit", Françoise se serait contentée d'énoncer un fait à prendre comme une généralité valable tout au long de son existence (même avant d'avoir connu la fameuse grand-mère).... Comprenne qui pourra !

Personnellement ce premier chapitre est celui qui m'a le moins convaincu au niveau littéraire. Je l'ai trouvé particulièrement distant avec le sujet et manquant de chaleur humaine. Mais cet effet a vite disparu dès la lecture des chapitres suivants.
Je te dis ça pour piquer au vif ton masochisme par mon sadisme !tire la langue

Pour les notes de bas de page ne t'inquiète pas trop. Contrairement à ce qu'on peut craindre au début du livre, il n'y en a pas tellement finalement. (En tous cas elles ne m'ont pas beaucoup gênées).

Je te donne rendez-vous dans 17 jours ! Quand tu auras fini le dernier chapite ! Razz
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Lun 13 Oct 2008 - 14:40

Chapître 2 :

C'est le récit du passage de l'ombre à la lumière, sans transition aucune.

Et même si cette période n'a pas de secret pour tout fan qui se respecte, son écriture par Françoise nous explique beaucoup mieux le mal-être qui l'a accompagnée tout au long de sa vie.

Le désir de sortir de l'ombre de cet univers étouffant et sclérosant de la rue d'Aumale, avec néanmoins son côté sécurisant, est en pleine contradiction avec cette exposition, souhaitée autant qu'appréhendée, sous les sun-lights, à la quelle elle n'était, ni prédisposée, ni préparée.

J'ai trouvé remarquable cette volonté, à 18 ans à peine, de se battre afin d'imposer son Tous les Garçons et les filles, en lieu et place de l'adaptation des Oh Oh Chéri plébiscitée par les programmateurs de radio. Combien de débutants pourraient se le permettre aujourd'hui ?

Formidable aussi la courageuse révélation sur la schizophrénie de sa soeur Michèle et le ratage de sa vie. A ce stade du livre, sa fin tragique reste en suspens. Ira-t-elle jusqu'au lever du voile qui entourait jusqu'à présent ce mystère ? A suivre...

Le passage sur l'histoire d'André Malraux est passionnant. Le lien, même lointain, avec l'histoire personnelle de Françoise, donne sa place à ces évènements tragiques et laisse présager d'autres révélations semblables dans la suite de sa biographie. Sans doute, les autres bagatelles...

Le paragraphe se termine par une remarquable analyse des moyens utilisés pour comprendre cette inadaptation au monde extérieur qui la caractérisait. L'astrologie en est un parmi d'autres, qui devrait donner l'envie aux sceptiques inconditionnels d'un tant soit peu s'y intéresser.
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Alain
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Lun 13 Oct 2008 - 16:58

Une excellente critique (http://www.purepeople.com/16922-Francoise-Hardy-son-autobiographie-revele-tout-sur-Jacques-Dutronc-.html) :

Françoise Hardy : son autobiographie révèle tout… sur Jacques Dutronc !
News publiée le jeudi 09 octobre à 18h15



A un âge du show-business où il n'existe presque plus que des biographies non autorisées et des mémoires insipides — de main de leur maître autant que de main de nègre —, voici une exception dont on souhaite qu'elle fasse date.

A 64 ans, sur les conseils avisés et insistants de son éditeur qui souhaitait éviter la mauvaise publicité d'un ouvrage non autorisé, Françoise Hardy se décide à publier son autobiographie : Le Désespoir des singes… et autres bagatelles.

Au rayon desdites bagatelles, on attend bien évidemment de la lire sur sa relation amoureuse au long cours tortueux avec Jacques Dutronc. Bien loin des tentations faciles de la fausse pudeur qui refuse de restituer la saveur d'une vie et du déballage sensationnaliste qui la dénature, l'icône de "l'idéal féminin" selon Mick Jagger (qu'elle rencontre dans les années 1960 alors qu'elle fréquente Jean-Marie Périer) avait fait voeu d'élégante transparence : "J'espère seulement avoir été impudique… avec pudeur", explique-t-elle. Un voeu qu'elle honore brillamment, et qu'elle réalise d'une plume particulièrement délicate, raffinée et maîtrisée. "J'ai su tout de suite qu'il fallait que je fasse comme lorsque j'écris une chanson, à savoir dire les choses de la façon la plus émouvante possible", précise-t-elle dans les colonnes du Parisien.

Cette délectable finesse d'esprit et d'écriture transparaît d'autant plus dans certains pans du récit, par exemple lorsqu'elle évoque les derniers moments de la vie de sa mère, qui l'a élevée seule, et s'exprime, pour répondre au Parisien, sur la question sensible de l'euthanasie : "Se faire euthanasier était sa décision à elle et je ne savais pas si c'est le rôle d'une chanteuse de s'exprimer sur ces sujets. Il n'empêche que je trouve que la souffrance physique, quand elle est irrémédiable, est absolument inutile. Je suis une partisane de l'euthanasie depuis très longtemps. Et je suis scandalisée à chaque fois que des médecins ou de malheureux parents se trouvent dans des situations cauchemardesques à cause de l'inhumanité de l'administration et de la société. Ma mère est morte comme elle l'a voulu, quand elle l'a voulu. C'est révélateur de sa propre vie."

Dès lors, on l'aura compris, Françoise Hardy a pris le parti de ne rien occulter, de ne rien travestir. De respecter l'essence de l'exercice biographique, en somme, sans pathos et sans psychanalyse, mais sans complaisance non plus. Avec clairvoyance. Avec une sensibilité que tempère les années. Aussi, lorsque vient le moment d'aborder sa relation mythique avec Jacques Dutronc, inutile de s'attendre à la voir biaiser et éluder le sujet. C'est ici que la confession prend au contraire son tour le plus affranchi : "Quand on dépend sentimentalement de quelqu'un qui n'est pas disponible, explique-t-elle au Parisien, on est bien obligé de l'attendre ! Il était très important pour moi de montrer que mon attitude de dévotion totale vis-à-vis de lui induisait un comportement désinvolte de sa part. Si je suis restée, c'est parce qu'il y avait des moments très bien. Malgré toutes ces difficultés inhérentes à la condition amoureuse, les années que j'ai vécues avec lui entre 1974 et 1988 sont les plus belles de ma vie. Ça tient à lui en partie, mais aussi à notre fils Thomas [que Dutronc venait voir à peu près trois fois par mois…, NDLR]. D'une certaine manière, ce couple existe toujours. J'ai toujours eu conscience que c'était un privilège d'être aimé par quelqu'un d'aussi particulier. Il avait une telle séduction... Le fait que je ne le voyais pas très souvent, que je ne savais pas ce qu'il faisait, lui donnait une aura très mystérieuse. C'est pour ça que j'acceptais et ça a duré très longtemps pour moi. Moins maintenant, plus du tout même. Il fait partie de cette catégorie d'hommes un peu dissociés : il y a ce qui est en dessous de la ceinture, qui n'a aucune espèce d'importance, et ce qu'il y a au-dessus. La personne qui réussit à intéresser ce genre d'homme est alors mise sur un piédestal dont il ne la descend pas assez souvent. J'espère juste qu'il ne va pas être mal jugé par les gens qui vont lire ce livre."

Comme dans un souci de clarifier encore les choses, elle poursuit : "nous n'attachions ni l'un ni l'autre de l'importance au mariage. Nous ne nous sommes mariés que pour des raisons strictement fiscales. Dans la mesure, aussi, où j'accepte tout à fait qu'il ait quelqu'un dans sa vie." Même si cela n'a pas toujours été facile : Françoise Hardy revient notamment en détails, entre autres écarts, sur la trouble rencontre de Jacques Dutronc et Romy Schneider sur le tournage de L'important c'est d'aimer, du cinéaste polonais Andrzej Zulawski. Sans rien travestir, elle se rappelle que cet épisode a été plus douloureux que tous les autres. On lui avait bien expliqué que Romy Schneider "devait", sur chacun de ses tournages, s'éprendre d'un de ses collaborateurs. Cette fois-ci, le cinéaste et le premier rôle masculin n'étant pas des partis convenables (le premier étant marié, et le second… pas au goût de la sublime comédienne), il fallait que ce soit Jacques. Elle n'y a d'abord pas cru, puis un soir, une comédienne du film lui a dit, crûment " mais ils sont ensemble !" Le choc. Sans rien travestir de sa naïveté d'alors, mais avec la tendresse et la compréhension que peut permettre la nostalgie, elle se souvient de la nuit de planque, des effusions au petit matin face à un Dutronc imperturbable qui rentre seulement chez lui… A bien y regarder, la vie est plus forte que le cinéma.

En 2000, ces amants fantastiques se retrouvent sur l'album Clair obscur pour le duo Puisque vous partez en voyage (Mireille/Jean Nohain). Tout un symbole : "Puisque vous partez en voyage / Puisque nous nous quittons ce soir / Mon coeur fait son apprentissage / Je veux sourire avec courage (...) Promettez-moi d'être bien sage / De penser à moi tous les jours / Et revenez dans notre cage / Où je guette votre retour", chantent-ils ensemble.

La fascinante silhouette du Désespoir des singes, un arbre qu'elle admire à chacune de ses promenades au jardin de Bagatelle, abrite de ces doigts feuillus la sève de cet ouvrage vivifiant. Et toutes les bagatelles qui en sont les fruits précieux.

Le Désespoir des singes… et autres bagatelles, de Françoise Hardy (aux éd. Robert Laffont, 390 p., 21 euros)

Guillaume Joffroy
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Lun 13 Oct 2008 - 17:48

@Zorba a écrit:

J'ai trouvé remarquable cette volonté, à 18 ans à peine, de se battre afin d'imposer son Tous les Garçons et les filles, en lieu et place de l'adaptation des Oh Oh Chéri plébiscitée par les programmateurs de radio. Combien de débutants pourraient se le permettre aujourd'hui ?

Plein. Mais comme ils se font éjecter, on ne le sait pas. clown

Citation :
Formidable aussi la courageuse révélation sur la schizophrénie de sa soeur Michèle et le ratage de sa vie. A ce stade du livre, sa fin tragique reste en suspens. Ira-t-elle jusqu'au lever du voile qui entourait jusqu'à présent ce mystère ? A suivre...

Elle partage ce drame avec David Bowie, dont la schizophrénie du frère lui inspira une de ses plus bouleversantes chansons, "The Bewlay Brothers" (sur l'album Hunky Dory, 1971).

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Zorba
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mar 14 Oct 2008 - 18:00

Chapître 3 :

Ce sont les années Jean-Marie Périer.

A l'apogée de sa gloire, Françoise raconte le tourbillon qu' a été sa vie de star qui lui a permis de rencontrer son premier amour, et l'échec de sa première rencontre amoureuse à cause de leurs vies de stars. Toutes ces tranches de vie que racontaient, publiquement Salut les Copains, et intimement les paroles de ses chansons.

Bravo pour son plaidoyer en faveur de Johnny, et contre la presse, qui se ridiculisait elle-même en se moquant de l'inculture d'un adolescent que la vie vie familiale n'a pas épargné, et ce au risque de se mettre l'ensemble de la presse à dos. Presse qui semble cependant unanime sur la qualité de cette biographie, tant sur la forme que sur le fond. Joli compliment également sur son amie Sylvie. Pour ne l'avoir pas lue, quelqu'un sait-il si Sylvie mentionnait cette amitié dans sa propre biographie parue récemment ?

Le passage racontant ses malheureuses expériences cinématographiques, sans être affilgeant est d'une objectivité réaliste et Jean-Daniel Pollet en prend pour son grade. Touchante cette non-relation avec Samy Frey sur une île grecque, loin de leurs amours : dommage qu'il n'en ait pas été fait mention lors de leur rencontre sur le plateau de Vivement Dimanche, lors de la promotion des (Parenthèses...). Le film n'était pourtant pas si catastrophique dans mes souvenirs.

Le chapître se termine avec la fin de sa relation avec Jean-Marie, celui-ci préférant rejoindre ce malheureux Clo-Clo chutant sous la scène lors d'une répétition, alors qu'il devait la rejoindre sur sa tournée. Françoise tombe elle dans les bras d'un jeune homme qui participait à son spectacle. C'était charmant.... moi j'ai aimé beaucoup !
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mer 15 Oct 2008 - 13:53

Chapître 4 :

C'est le récit de la difficile rencontre avec Jacques Dutronc, et pour moi, les années de ses plus belles chansons.

Sa complicité avec Montand, pendant le tournage de Grand Prix est émouvante, ainsi que la lettre publiée, avec de nombreuses fautes de français (sans doute dues à son origine italienne). On apprend aussi qu'elle doit son éphemère succès aux Etats-Unis à l'actrice Jessica Walter, croisée sur le tournage.

La presse de l'époque s'était faite succinctement l'écho de son aventure avec le neveu du Shah d'Iran. On apprend dans la biographie, qu' Avec des Si.... Françoise aurait pu prétendre au tître de Shabanou !

Les prémices de la liaison avec Dutronc sont eux, vus et ré-entendus, mais le style d'écriture de Françoise est digne des plus grands, les longues phrases utilisée sont remarquablement construites et sans lourdeur aucune.

Je note juste sa remarque au cours du Grand Journal sur Canal+, où elle avoue ne pas comprendre la souffrance de certaines femmes à cause d'hommes qui n'en valent pas la peine. Ne lui vient pas à l'idée que certains (nombreux ici, semble-t-il, en tous les cas j'en fais partie) ne comprennent pas qu'elle ait pu souffrir à cause d'un homme comme Dutronc.

Mais sans doute connait-elle la face cachée du personnage, que ce dernier s'est efforcé de bien cacher tout au long de sa carrière...
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mer 15 Oct 2008 - 14:34

Je ne veux pas minimiser la plume de Françoise Hardy mais quand même.... Le premier tiers du livre reprend pour l'essentiel toutes les anecdotes archi-connues des années 60. Pas grand chose de plus que ce qu'a déjà raconté Etienne Daho par exemple.

Françoise a le mérite de compiler toutes les anecdotes mais ne révèle pas grand chose de neuf dans cette partie du livre.... D'ailleurs, j'ai même eu l'impression que le résumé des premières années mises en ligne sur le site Mon amie la rose révélait des anecdotes moins rebattues...

A partir de la grossesse de Françoise, le livre prend un inflexion en accentuant la partie privée sur la partie publique. Le livre devient de plus en plus émouvant mais également de plus en plus difficile à supporter tellement il met les nerfs à vif avec la question lancinante : Mais pourquoi est-elle restée avec Dutronc ??? interloqué

C'est très bien écrit mais assister à cette fascination masochiste m'a mis mal à l'aise. Finalement, je crois que l'émission de Mireille Dumas prévue la semaine prochaine s'impose pour mieux comprendre les interactions entre les deux personnages. Sad
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mer 15 Oct 2008 - 14:41

@Alexandre a écrit:
Mais pourquoi est-elle restée avec Dutronc ???

...sans doute connait-elle la face cachée du personnage, que ce dernier s'est efforcé de bien cacher tout au long de sa carrière...

Mais ce n'est pas pour autant que j'aie envie de la connaître !
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Jeu 16 Oct 2008 - 22:01

Chapître 5 :

C'est le chapître de la fin des tournées, et de la distribution des satisfcits.

Les bons points pour :
Eugène Ionesco, Michèle Arnaud, Virginia Woolf, James Saunders, Patrick Modiano, Emmanuel Berl, Stokhausen, Stan Getz, Eddie Sauter, Comment elles dorment ?, Léna, Allan Kardec, Dionne Warwick, Philippe Bouvard.

Les blâmes contre :
Michel Ducrocq, Chris Barnard, Johannesburg, le catholicisme, les chambres d'écho sur bandes magnétiques, le smoking de Saint-Laurent, Lionel Roc.

Les évènements de Mai 68 donnent l'occasion à Françoise de faire connaître ses positions (remarquables et remarquablement rédigées) sur la libération sexuelle, la contraception, l'avortement, le féminisme.

Des vacances idylliques en Corse avec Jacques....
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 17 Oct 2008 - 14:36

Avec ce chapitre, elle quitte définitivement les années Périer et le show biz éclatant pour se concentrer avec pertes et fracas à sa vie de couple. Quel dommage pour nous (et avec le recul... pour elle aussi !) big cry
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 17 Oct 2008 - 17:40

Chapître 6 :

C'est le récit des mufleries de Dutronc et les rencontres fructueuses de Françoise pour comprendre et tromper sa solitude.

Les mufleries dutronesques sont connues, mais prennent encore plus de poids racontées sereinement par Françoise, qui va jusqu'à se demander, après coup, si elle n'en est pas la cause, de par son comportement excessivement amoureux. Le comble du masochisme ?

Les rencontres sont, elles, beaucoup plus intéressantes que les précédentes goujateries aux quelles on doit pourtant de bien belles chansons. Gainsbourg, Jean-Pierre Sabar, Charles Blackwell, Michel Polnareff, Léna, René Koering, Elvis Presley, Tuca, Patrick Modiano.

Les recherches de Françoise pour tenter d'analyser cette souffrance sont toutes à son honneur, et les réfractaires à ces sciences paranormales en seront pour leur frais. Qui ne cherche pas est sûr de ne pas trouver. Sans vouloir convaincre, Françoise me semble convaincante. Je dois reconnaître que mon terrain y est plutôt favorable...

Jean-Marie, après avoir été séduit par le crac.. boum... huuue (mais qu'ont-ils tous à tomber dans ce piège inconsistant ?!) tente de jouer les protecteurs, mais les retrouvailles, tant attendues, font une fois de plus choux blancs à Grasse. Notre pauvre Françoise se fait réexpédier dans ses foyers où, malgré la déco, son coeur pèse des tonnes....
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 17 Oct 2008 - 20:04

Je me pose des questions sur ce résumé du chapitre 6.

J'ai l'impression que tu n'es pas tout à fait fidèle au livre et que tu véhicules une part de tes propres convictions. (Pardon, si je m'égare moi-même !)

Si j'écris ça, c'est juste parce qu'il me semble que pour analyser ses propres souffrances, il existe d'autres voies que les sciences paranormales.... et je ne me souviens pas que Françoise ait prétendu l'inverse dans son livre contrairement à ce que je crois comprendre à travers ton message. Mais peut-être ai-je mal compris ?

Ce qui est certain c'est qu'au fond de sa désespérance, Françoise a essayé de multiples voies, plus ou moins obscures, pour essayer de trouver les réponses capables de la libérer. Mais à l'époque elle ne les a visiblement pas trouvées...
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 17 Oct 2008 - 22:00

N'ayant pas la prétention de résumer le Désespoirs des Singes..., juste de lister des bases de discussions et d'inclure dans mes posts journaliers quelques commentaires personnels. Attendre la fin du bouquin pour commencer à réagir devrait générer une foule de commentaires désordonnés au risque d'oublier certains évènements à commenter.

Concernant les voies obscures dont tu parles, il est vrai que ni la psychanalyse, ni la mésothérapie, ni l'hypnose.... ne l'ont convaincue. Jusqu'à la découverte d'une certaine Astrologie d'André Barbault, contreversée par beaucoup, mais en laquelle il semble qu'elle croit toujours.
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Sam 18 Oct 2008 - 20:09

Ca me dérange pas que le résumé soit un tantinet empirique Rolling Eyes parce que c'est vrai qu'avec les repères que donne Zorba, on pourra plus tard facilement retrouver la plupart des anecdotes du bouquin sans trop chercher. zic 2

Merci Zorba. clap
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Sam 18 Oct 2008 - 21:36

Chapître 7 :

C'est le récit des mufleries de Dutronc, et le parcours difficile de Françoise pour avoir un enfant.

Les rencontres qui jalonnent ce parcours égayent sa solitude : Paul Simon, Léna, Madame Marfisa, Tuca et Catherine Lara, Claude Nougaro, Patrick Dewaere et Jacques Higelin.

3 beaux albums de cette période ne sont que trop vaguement évoqués : Soleil, If you listen et L'éclairage. L'album La question est encencé, sans pour autant convaincre les récalcitrants - et j'en connais au moins un - dont je ne fais pas partie.

Que n'a-t-elle essayé pour tenter de comprendre ce qui l'attachait à son (Du)tronc, qui, comme quelqu'un l'a si joliment dit, "n'en valait pas la peine, si ce n'est la peine capitale". Au passage, le film d'Alain Joshua, Paradis pour tous, est descendu en flamme (dommage j'avais bien aimé le rôle DuTronc...).

Le chapître finit bien puisque, comme dirait Renaud, elle est en cloque. Le géniteur ne le sait pas encore, et c'est tant mieux. Rendez-vous dans neuf mois.


Dernière édition par Zorba le Lun 20 Oct 2008 - 16:31, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Lun 20 Oct 2008 - 14:59

Je viens de finir la partie "Cosette" et c'est vrai qu'elle n'apporte pas grand chose de nouveau.
Je suis un peu déçu qu'elle expédie les sixties en quelques pages restreintes, mais il est vrai qu'elle renie tant la plupart de ses productions d'alors, qu'elle n'hésite pas à jeter le bébé avec l'eau du bain, à savoir ses disques avec tous les vieux fans qui y sont accrochés.
Je vais commencer dès ce soir la partie "Françoise Dolto" ( ou "Laurence Pernoud", c'est selon). Mais j'ai des craintes car les péripéties de sa grossesse et les arcanes de sa liaison avec J. Dutronc me laissent de marbre : cet individu ne m'intéresse pas (ni le chanteur, ni l'homme) et je n'ai aucune envie de m'apitoyer sur le sort de Melle chante le blues dont le masochisme m'énerve au plus haut point.
N'empêche, F.H. écrit plutôt bien même si de temps en temps son tempérament d'institutrice lui fait prendre un ton comminatoire "Voilà ce que vous devez penser car c'est ce que je dis" (j'exagère mais c'est un peu ça).
Elle a du caractère, ça se sent vraiment et elle n'a visiblement pas eu le temps d'apprendre la diplomatie au cours de son bref séjour à Sciences Po.
Bref, j'aime bien son bouquin ce qui confirme que je suis de plus en plus maso car j'aime de plus en plus la détester.
En tous cas, qu'est ce que je lui ai foutu comme claques virtuelles ("j'aime pas mes premiers disques", "je cours derrière J. Dutronc qui ne me voit même pas", "il ne partage ma couche que pour ne pas partager celle d'un guépard"........).
Enfant gâtée, va !
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Alexandre
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mar 21 Oct 2008 - 16:38

Je crois que ta boutade de fin (Enfant gâtée, va !) explique en partie le contenu du livre.

Comme Françoise a percé rapidement et avec facilitité, elle a vite été libérée des besoins matériels et a focalisé toute son existence sur ses relations sentimentales.

Le livre de ce point de vue est plutôt intéressant. soleil

Le revers de la médaille c'est que tous les aspects méconnus relatifs à son travail comme les raisons pour lesquelles certaines chansons ont été enregistrées plusieurs fois, d'autres n'ont jamais été éditées, etc... sont restés dans l'ombre. Sad

En tant qu'admirateur, c'est beaucoup plus ce qui concerne son travail que sa vie intime de people que j'aurais aimé voir développé. C'est sûrement moins commercial et moins cancanier mais ... c'est un réel regret. triste

Enfant gâtée, va !
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mer 22 Oct 2008 - 13:46

Merci Alexandre, on est au moins deux (en fait non, on est trois, je connais bien le troisième) à avoir le même sentiment de manque.
Moi aussi, j'aurais aimé avoir des éclaicissements sur ses chansons, ses productions.........Pourtant, il y a de telles explications, mais juste pour le disque avec Tuca. J'ai failli en déchirer le livre de dépit, même si elle reconnaît implicitement que cet album elle ne l'a pas voulu, il lui a été imposé grâce à la magie Vaudou (je dirai que pour Tuca, ce serait plutôt magie grosse vache, mais je m'égare....).

Quelqu'un pourrait il nous dire qu'elle est ce chanteur au bras de la femme duquel J. Dutronc est arrivé chez Françoise en Corse ? Je ne demande pas ça pour cancanner ou parce que j'aime bien les potins, non c'est juste pour établir un fait historique (rétablir une vérité historique) et éviter de rester dans le flou (mes archives France Dimanche et Ici Paris ne disent rien à ce sujet).

Au fait, je crois que Pernoud, c'est Régine et non pas Laurence comme je l'ai baptisée (faut dire que j'ai rarement été enceint(e), la faute à qui ?).
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Jeu 23 Oct 2008 - 17:27

Bonjour, je partage entièrement le point de vue de Claude et Alexandre. J'ai trouvé le livre de Françoise plutôt réussi du point de vue style (malgré son côté plan-plan), traversé de belles citations empruntées aux maîtres spirituels. Trop étendu sur sa vie privée avec Dutronc (d'une triste banalité!), trop elliptique sur la genèse de ses disques - et sa carrière. Il y a quelques anecdotes sur ses tournées africaines, mais rien de consistant sur les passages à l'hôtel Savoy (sauf l'anecdote bien connue de la tenue Paco Rabanne). J'en ai appris un peu plus, simplement en interrogeant le personnel de l'hôtel (à propos d'un docu sur les Chelsea Girls que je prépare). Par exemple, l'heure du tour de chant: 22 heures 30 (et minuit certains soirs)! Les tractations pour que les choristes restent en coulisses (le directeur du cabaret aurait souhaité qu'elles dansent sur scène!), les difficultés pour imposer son ingénieur du son personnel etc.
L'idole a-t-elle simplement oublié ces détails? C'est possible, après tout.
Je voudrais dire aussi que Mlle Hardy est de mauvaise foi lorsqu'elle évoque la pochette du disque "Gin Tonic" (où elle pose dans un frigo). On me permettra de donner ici mon point de vue...puisque je me trouve à l'origine de cette étrange photo! A cette époque lointaine, je voyais et parlais souvent à Françoise en tant qu'ex-fan et astrologue. Bref, un jour où elle se plaignait de ne connaître aucun photographe pour sa prochaine pochette (!), je lui proposai un projet avec l'équipe de Façade, magazine auquel je collaborais. Elle accepta, enchantée. Le jour de la prise de vues, j'allai la chercher, comme convenu, et la trouvai de fort méchante humeur. Et même ds ts ses états!... (le livre fournit quelques explications)... Par ailleurs, trop maquillée, et mal fagotée, avec un jean et un sweat improbables, des baskets montants, et un anorak. Bref, une tenue invraisemblable pour une pochette de disque, même dans un frigidaire! Pour corser l'affaire, le budget riquiqui de la maison de disques rendant impossible la location d'un grand frigo, le directeur artistique s'était rabattu sur un petit modèle! Djemila, notre styliste attitrée, rhabilla l'icône avec un pull noir qui laissait ses épaules nues (plus seyant que son truc informe... et pioché dans sa garde-robe perso) et lui suggéra d'enlever ses chaussures. A Françoise hyper-maquillée, pieds et épaules nus, on adjoint une paire de talons aiguilles et un micro dans la porte du frigo... du plus bel effet graphique. Frederic Cantor (un artiste américain ... qui n'avait jamais entendu parler d'elle, mais a signé depuis des photos splendides, exposées dans le monde entier) Frederic Cantor, donc, a réalisé ce jour-là l'image la plus sexy de Françoise prise dans ces années-là.
Là où je la trouve de mauvaise foi, c'est quand elle descend la photo dans son livre. Elle fustige les prétendues "fautes de goût" de l'équipe et rend hommage rétrospectivement au travail de Jean-Marie Périer! Facile... Comme c'est elle, et elle seule, qui choisissait la pochette, elle aurait pu en imposer une autre. Que ne l'a-t-elle fait? Elle aimait bien cette image qui, sans la représenter avec exactitude (pas plus que la BD Pravda) proposait d'elle une vision rock... au tournant délicat de la quarantaine. Cette très belle et très originale photo a fait fantasmer nombre de journalistes de l'époque. Le disque, en revanche, fut jugé, d'un avis unanime, plutôt raté! Ceci explique-t-il cela? Françoise manque encore de confiance en elle, et s'agace d'avoir joué, malgré elle, le jeu d'une femme fatale auto-critique, même si ce "déguisement" lui convient mieux que ses éternelles tenues d'étudiante attardée!...Paradoxe que cette très belle femme, au charme sophistiqué, attachée à ses complexes, comme la chèvre de Mr Seguin à sa corde!...
Pour certaines attitudes typiquement star-system, et aussi parce que je ne goûte guère son répertoire actuel, je garde un souvenir mitigé de Françoise... Je ne la déteste pas du tout, mais elle s'est éloignée de mes préférences. Je ne l'appelle jamais, depuis des années, malgré les conseils de certains de ses proches. Pour moi, Françoise Hardy... C'est le passé! Je regrette cependant qu'elle n'ait pas évoqué dans ce livre ses albums anglais, à mon avis, les meilleurs. Pour le reste, tant pis et tant mieux. En tt cas, bravo pour ce blog agréable et pas du tout langue de bois!
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Ven 24 Oct 2008 - 14:36

A l'inverse des souvenirs de travail qui l'intéressent peu, ses souvenirs sentimentaux ont obnubilé sa vie.

Ca explique à mon avis que par moments Françoise se trompe probablement à son insu sur certains de ses souvenirs. J'ai du mal à penser qu'elle ne puisse pas être sincère. Mais peut-être que je me trompe moi-même. girl

J'ai remarqué par exemple dans le livre qu'elle confond l'ordre de ses apparitions à l'hôtel Savoy alors que divers magazines sont là pour nous rappeler que sa dernière apparition à Londres était avec la combinaison Paco Rabanne et non pas le smoking Yves St Laurent que par ailleurs, pour une raison inconnue, elle descend en flammes. divers

J'imagine que pour la pochette du disque Gin Tonic, elle croit se rappeler de certaines choses mais s'emmêle un peu les pinceaux allant jusqu'à attribuer des tas de défauts à cette pochette alors qu'elle est surtout mécontente de l'atmosphère générale de sa vie à ce moment précis.

Ce que j'ai trouvé étrange dans ce livre c'est que Françoise réussisse pleinement à nous faire ressentir ses déceptions et ses désillusions. A l'inverse, quand elle évoque Tuca, elle a beau écrire que c'était une rencontre formidable (n'en déplaise à qui vous savez sur le forum) elle n'arrive pas du tout à faire partager ce sentiment. Comme si sa plume devenait "neutre" et "clinique". brrrrrrrr

Bref, le style de Françoise passe beaucoup mieux pour évoquer les peurs, les craintes et les chagrins que pour évoquer la passion, l'enthousiasme ou l'amour "positif".

Une bien étrange personne ! interloqué

Il est aussi inévitable quand on rassemble autant d'anecdotes dans un seul livre que certains souvenirs soient un peu brouillés et involontairement inexacts. Nul n'est parfait !
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Sam 25 Oct 2008 - 11:41

De même que les épisodes de ses sorties "copines" avec Armande Altaï et la cochonne.

On n'y croit guère. Cela fait plaqué !
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mar 28 Oct 2008 - 14:26

Je crois moi aussi que ses souvenirs ont un peu tendance à se percuter et qu'elle focalise toute sa réprobation ou son acceptation sur le seul truc qui lui revient en mémoire.
Ainsi, la pochette de "Gin tonic", que moi j'aime bien grâce au côté décalé (c'est une photo à contre emploi si j'ose dire), en prend pour son grade car elle n'a jamais aimé poser et n'apprécie pas de ne pas avoir autour d'elle un environnement qu'elle reconnaît, dans lequel elle se sent à son aise. Nouvelle équipe, nouveau photographe, nouveau disque et peut être nouveau bide........rien pour la faire sourire.
Personnellement, je retiens surtout de son livre qu'il ne doit pas être facile de travailler avec elle comme il ne doit pas être non plus facile de vivre avec elle.
Perso, plutôt qu' appartements séparés, j'aurais fait villes séparées.

Et bravo pour la comparaison avec la chèvre de Monsieur Séguin : même l'animal est raccord !
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Jérôme
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Sam 15 Nov 2008 - 18:25

Critique de "Gilou", le 14 novembre 2008 (Belgique, 60 ans)

Inaccessible Françoise…

Extrait dos du livre :
« … Mieux qu’un livre de souvenirs, une grande traversée des apparences, où l’on découvre, depuis l’enfance à nos jours, l’itinéraire intérieur, artistique et amoureux d’une artiste profondément singulière. »

Tout est dit là.
Artiste singulière, voilà le mot pour qualifier Françoise HARDY.

J’ai aimé : sa biographie musicale, qui me ramène à ma jeunesse et l’encart photos pour le beau choix des clichés. Je donne donc 2 étoiles.

Par contre, je n’ai pas aimé son livre. Tout est déprimant. Brrrr…
Si cela est vraiment la vérité de sa vie, l’image que j’avais de la belle Françoise avant de la lire et celle que j’en ai maintenant m’a un peu chamboulée. J’ai du mal à croire tout cela. A sa naïveté maladive et à tous ses complexes.
Une vie de « couple » incroyable avec J.Dutronc. Son coup de foudre pour un autre, qui n’est que suggéré, dont elle ne développe pas l’histoire. A-t-elle été heureuse de cela oui ou non ? Mystère ?
Même en se dévoilant… Françoise Hardy ne se dévoile pas.

Les longues phrases , que j’ai dû relire parfois pour en comprendre le sens, ont rendu ma lecture difficile. (C’est bien sûr mon avis personnel sur sa prose).
Un ordre qui n’est pas très chronologique, sauf vers la fin.

Je n’en dévoile pas plus. Il y a 411 pages à découvrir. Je ne veux pas couper l’élan de ceux ou celles qui voudront lire Le désespoir des singes… et autres bagatelles.

(source : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/18430)
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mer 19 Nov 2008 - 15:43

"Un ordre qui n’est pas très chronologique, sauf vers la fin."

Finalement, je suis assez d'accord avec ce point là. Dans le livre, il y a l'illusion d'avancer dans l'ordre chronologique mais en fait c'est juste une impression générale.

Quand on y regarde de plus prêt, on voit que les anecdotes sont à peu près évoquées dans l'ordre. Mais c'est "en gros" à plus ou moins deux ans.

En même temps c'est un peu normal. L'idée était d'être précise dans les anecdotes tout en rendant la lecture agréable. Il fallait couper les passages trop sombres avec quelques évocations plus légères.

Certaines années ont été de véritables "annus horribilis" pour resprendre une citation chère à Elizabeth II Razz
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Jérôme
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Sam 9 Jan 2010 - 9:45

Parue dans l'Express du 8 janvier 2009, l'opinion de Jacques Dutronc sur les passages de cette biographie le concernant :

Qu'avez-vous appris sur vous dans les mémoires de Françoise Hardy, Le Désespoir des singes et autres bagatelles ?
Quel passage auriez-vous aimé qu'elle supprime ?


Jacques Dutronc : "Françoise m'a d'abord envoyé les chapitres par mail quand j'étais en Corse. Comme j'avais l'impression de recevoir des messages personnels, je n'arrivais pas à les lire. Plus tard, j'ai attaqué son livre dans le désordre et j'ai appris sur moi des choses assez négatives. Après tout, pourquoi pas ? L'amour, ce n'est pas comme au cinéma. J'ai fait souffrir Françoise sans m'en rendre compte et je me suis confessé depuis. Sur le moment, il m'était difficile de lui expliquer mon comportement. Peut-être avec le recul a-t-elle compris... Si je n'allais pas à nos rendez-vous, je ne pensais pourtant qu'à elle. Quand j'étais avec mes potes - qu'elle appelait ma "cour des miracles" - je leur clamais sans arrêt mon amour pour Françoise. Mais, à elle, je ne faisais aucune déclaration. Je n'y arrivais pas, je me sentais ridicule."

Source : http://www.lexpress.fr/culture/musique/dutronc-j-arreterai-le-jour-ou-je-chanterai-mon-dentier-est-un-cactus_840731.html
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Lil' Bear
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Dim 10 Jan 2010 - 14:12

Entre nous, quand je lis les réactions de Jacques Dutronc, je me dis que ce gars est quand même bien plus singulier que Françoise Hardy!
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Elma
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Dim 10 Jan 2010 - 17:24

Oui, quelque part, "ils se valent bien " !
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Lun 11 Jan 2010 - 13:32

"Je me sentais ridicule" : au moins il est lucide ce garçon.
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Alexandre
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mar 12 Jan 2010 - 11:55

Cet homme a quand même du discernement. C'est tardif et c'est un beau gâchis mais mieux vaut tard que jamais dit on.

Entre les lignes ça veut aussi dire qu'il reconnaît que tout ce que raconte françoise Hardy dans le livre est vrai. affraid

Ca donne des frissons dans le dos. colere
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claude
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Mar 12 Jan 2010 - 14:44

"Je me sentais ridicule".
Il aurait effectivement pu compléter en disant "et un beau salop" car en fin de compte c'est ce qu'il ressort de ce qui est dit malgré toutes les précautions que FH prend pour ne pas trop accabler JD.

Allez, soyons sympas , J. Dutronc n'est qu 'un homme !
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Dim 2 Oct 2011 - 21:16

Cette autobiographie est un véritable bijou. Tant pour son aspect témoin des décennies, que pour l'introspection que cette femme fait, jusqu'à faire le point sur sa vie toute entière. L'ayant lue que très récemment, je vous avoue qu'au moment de sa sortie j'étais réticente à l'idée d'y découvrir une énième autobiographie avec un côté "Voici" que je trouve dérangeant. Au fil de ma lecture, je me suis vite rendue compte que tout le côté "potins people" était sublimé par l'écriture si singulière de la dame. Ce que je préfère par dessus tout chez FH en plus de son œuvre musicale, c'est ce côté perfectionniste absolue qui personnellement me fascine. Quant à la femme, elle semble complexe, sans doute trop introvertie, trop cérébrale dans le sens où elle très réfléchie. Elle a la justesse d'une grande observatrice des travers de l'humain, la finesse d'une femme qui sait ce qu'elle veut sans savoir comment l'obtenir.
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Alain
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Lun 3 Oct 2011 - 11:46

La biographie est quand même dérangeante dans la mesure où elle montre des facettes très négatives de Françoise Hardy. On ne peut s'empêcher de penser qu'en montrant autant ses faiblesses, la star est tombée de son piédestal en piétinant son mystère et une partie de son aura. Je connais d'ailleurs quelques fans excessifs qui n'ont pas supporté ce déballage et qui depuis lui ont tourné le dos.... Ils étaient dans l'idolâtrie absolue ceci dit....

En dehors de ce bémol assez important, le livre est très original dans sa forme. L'analyse des situations permet en effet d'échapper à la succession d'anecdotes pour se lancer dans des propos socio-psychologiques inattendus en abordant par exemple l'euthanasie.

Néanmoins, pour un fan, la biographie présente de nombreuses lacunes sur le parcours professionnel de la chanteuse, des erreurs de dates, des omissions étonnantes (rien sur Samyn par exemple) et une grande légèreté dans le traitement des années 2000, passées à la trappe en quelques pages.

Françoise est une femme faite de fêlures et de contradictions qui sait s'exprimer à merveille dans la chanson mais qui n'a aucune faculté pour l'épanouissement et le bonheur. Par moments on a même l'impression qu'elle est surtout en quête de masochisme mélancolique et destructeur. En bref, une personne qui n'est sans doute pas très facile à vivre. La rançon à payer pour pouvoir écrire d'aussi belles chansons.
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luc
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Lun 3 Oct 2011 - 16:50

@claude a écrit:
"Je me sentais ridicule" : au moins il est lucide ce garçon.

Et qui, avec un minimum de lucidité ne se trouve pas ridicule en ânonnant des platitudes sentimentales ? Moi, perso, je le comprends très bien, Jacques Dutronc. drunken
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Alain
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Lun 3 Oct 2011 - 17:43

Les remarques du jour concernaient le livre en lui-même. Pourquoi réduire ça à une boutade de Dutronc ?

Finalement, je comprends un peu le désarroi de Françoise quand systématiquement les commentateurs, les journalistes ou les fans orientent la conversation sur ce compagnon encombrant alors que le sujet est la sortie d'un disque, d'une compilation ou bien ici d'une autobiographie où Jacques a une part importante mais où le propos général devrait se concentrer sur Françoise, sa carrière, son écriture, etc...

A la limite, même si ça me gonfle tout autant, j'aime mieux parler de son fils.
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luc
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Message(#) Sujet: Re: Le désespoir des singes et autres bagatelles Lun 3 Oct 2011 - 18:25

Jacques correspond à plus de 75% de vie commune avec Françoise, est chanteur, compositeur et acteur tout comme elle ( pas encore écrivain !! ) . Ils forment un couple mythique, et ont tout de même dévoilés une part importante de leur vie commune. ( surtout Françoise ).
Je constate qu'ici, on a tendance à ridiculiser Jacques qui est peu apprécié des "fans" de Françoise alors que j'aime ce personnage avec son humour décalé.
En fait, il est beaucoup plus pudique que Françoise.
Mon propos était simplement de défendre son point de vue.
Perso, j'apprécie beaucoup le couple qu'ils forment ( ou font encore semblant de former ). Je n'oublie pas non plus Thomas dans cette trilogie, bien sûr... .
Alain, ainsi que tu le dis si bien :Je connais d'ailleurs quelques fans excessifs qui n'ont pas supporté ce déballage et qui depuis lui ont tourné le dos.... Ils étaient dans l'idolâtrie absolue ceci dit....
A l'inverse de ces fans, j'ai toujours beaucoup apprécié Françoise AINSI que son époux, mais l'intérêt plus particulier que je lui porte me vient justement du livre qu'elle a écrit et qui me l'a rendue très attachante, très humaine: peu d'artistes se sont ainsi livrés aussi honnêtement.
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