Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
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 6 avril 2018 - Françoise Hardy, au royaume de la mélancolie (RFI)

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Jérôme
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Message(#) Sujet: 6 avril 2018 - Françoise Hardy, au royaume de la mélancolie (RFI) Sam 7 Avr 2018 - 11:19

Françoise Hardy, au royaume de la mélancolie



Françoise Hardy, qui se bat depuis de nombreuses années contre la maladie et dont l'état de santé a laissé craindre le pire il y a trois ans, est revenue des contrées infernales. Dans son nouvel album Personne d'autre, elle prend la plume sur la plupart des chansons et s'entoure notamment de La Grande Sophie, Yael Naim, Maissiat et Erick Benzi. Françoise Hardy confirme surtout son statut de souveraine au royaume de la mélancolie.


RFI Musique : N'aviez-vous pas annoncé, au moment de la sortie de L'amour fou en 2012, que vous ne chanteriez plus ?
Oui, je le pensais. J'étais particulièrement très fière de cet album. Surtout, tout s'était passé dans l'harmonie la plus totale. Je n'avais eu aucune difficile à chanter. Il y avait pourtant des chansons, dont celles de Calogero, qui n'étaient pas faciles.

Et une chanson finale qui s'appelait Rendez-vous dans une autre vie...
À l'âge que j'ai, on sait évidemment qu'il n'y a pas beaucoup de temps devant soi. Mais ce n'était pas une chanson d'adieu. Je voulais exprimer toute la gratitude que j'éprouvais pour la personne avec laquelle j'ai vécu les plus belles années de ma vie. Même les choses difficiles, je tenais à le dire dans le texte. Tout cela avait fait le sel de mon existence. Jacques (Dutronc, nldr) m'avait demandé à lui faire écouter ce disque. Il a tout écouté, mais comme il s'agissait de la dernière chanson, il a entendu les premières notes et il a dit qu'il n'aimait pas. Je n'avais pourtant pas encore commencé à chanter. De ce fait, je ne lui ai jamais confié que je l'avais faite pour lui (rires).

En 2015, votre pronostic vital était engagé. Vous considérez-vous comme une miraculée ?
Oui, quand même ! J'ai été inconsciente pendant trois semaines. Sauf à un moment où je me suis réveillée et c'est pile là qu'une amie suisse est venue me voir. Puis je suis retombée dans le coma. Les médecins ont dit à mon fils Thomas d'appeler son père pour revenir le plus vite possible. Ils voulaient leur demander l'autorisation de m'administrer des chimios. C'était impossible de le faire avant, car j'étais d'une grande faiblesse, je pesais 39 kg. Il y a eu plein de problèmes : œdème pulmonaire, un décollement de plèvre pour la deuxième fois. D'ailleurs, s'il y en a un troisième, ça ne pardonnera pas.

Qu'est-ce qui vous a sauvé d'après vous ?
J'ai deux amies, d'un niveau de spiritualité très élevé, qui ont prié intensivement pour moi. Après, je n'étais pas non plus métastasée de partout comme Johnny. Quand je l'ai vu dans sa loge au cours de la tournée des Vieilles Canailles, j'étais tétanisée. Qu'est-ce que j'allais lui dire ? Je lui ai fait part que beaucoup de gens priaient pour lui.

Avez-vous peur de mourir ?
J'ai peur surtout de la souffrance physique. À chaque fois que des symptômes bizarroïdes, je suis très angoissée à l'idée que ça recommence. La première émotion, c'est le chagrin de quitter les gens que j'aime, Thomas en premier.

Qu'est-ce qui a impulsé le fait que vous avez enregistré à nouveau ?
Après l'hôpital et mes graves problèmes pulmonaires, je n'avais plus de voix du tout. Déjà que j'ai une voix limitée... Mais là, ce n'était plus rien. Cela a duré pas mal de temps. Donc je me suis mise à écrire le livre Un cadeau du ciel. Quand ma voix est petit à petit revenue, un ami a appelé ma maison de disques en leur disant : "Si vous ne le relancez pas aujourd'hui, elle ne fera plus rien". Et c'était la pure vérité. Sauf qu'il a fait ça sans me demander mon avis. À partir de là, on m'a envoyé des liens de groupes américains ou anglais branchés qui ne m'intéressaient en rien. Et puis aussi des propositions du genre : voulez-vous qu'on demande à Vianney de faire une chanson pour vous ? Je déteste cette démarche-là. Il faut qu'il y ait un échange, une justification et que l'envie vienne plus de l'autre que de vous.

La chanson-déclic, c'est Sleep du groupe finlandais Poets Of The Fall ?
J'ai cliqué par mégarde alors que je cherchais tout autre chose. Les trois premières notes m'ont accrochée. Vous savez, j'ai régulièrement des coups de foudre absolument dévastateurs pour des chansons. L'année dernière, c'était Juliette Armanet – que j'ai écoutée non-stop – et Cigarettes After Sex. Plus récemment, le dernier album d'Oren Lavie. Au bout d'un long moment, j'ai pensé à la chanson finlandaise et à l'idée que je devrais peut-être l'adapter en français. Je l'ai envoyée à Erick Benzi qui m'a fait une base pianistique pour voir si j'arrivais à la chanter. Cela a commencé comme ça et ensuite Erick m'a proposé une mélodie aquatique et j'ai ainsi écrit le texte de Brumes.

Comment le titre de La Grande Sophie (Le large) s'est-il inscrit dans ce processus ?
On correspond beaucoup par mails depuis Mister, une chanson qu'elle avait écrite et composée pour moi. Elle me demande durant l'été ce que je fais. Et je lui réponds que je planche en Corse sur une mélodie de Benzi. Tout de suite, elle m'envoie quelque chose. Cela ne me plaît pas, gros embarras. Je finis par lui signifier qu'il s'agit d'une mélodie pour elle et non pour moi. Et là, elle me dit : "Je sais ce que vous aimez et je n'ai pas dit mon dernier mot". Je l'adore, elle a beaucoup d'humour. De retour à Paris, en septembre, je reçois de sa part Le large. J'ai tout de suite perçu que c'était une chanson qui avait un potentiel peut-être plus important que les autres et donc que c'était un single évident.

"Il me reste peu de temps/Pour prendre avec toi le train spécial". À qui vous adressez-vous dans cette chanson ? À Jacques Dutronc ?
À personne, vraiment. Je n'ai pas du tout envie qu'on meure ensemble. Il faut qu'il y en ait un qui reste pour s'occuper de la maison en Corse et il vaut mieux que ce soit lui. Train spécial, c'est le train qui m'emmène vers l'infini. La chanson du disque où j'ai pensé à Jacques, c'est Personne d'autre. C'est un condensé de notre histoire. La première phrase est "Un signe, comme un appel". Elle illustre le fait que pendant plus d'un an, on n'osait pas aller l'un vers l'autre. À l'époque, j'avais même écrit une chanson qui s'appelait Avec des si. Dans ma tête, j'avais fini par tirer un trait sur une possible relation amoureuse avec lui.

Est-ce les circonstances de vos problèmes de santé qui ont conduit à la reprise du titre  Seras-tu là ?
C'est une idée de Julien Clerc qui m'avait proposé de la chanter en duo avec lui il y a quatre ans pour le Sidaction. C'est une chanson qui a beaucoup compté pour moi et je suis une inconditionnelle de Michel Berger. Je n'ai donc pas résisté à la sollicitation de Julien. Comme il était malade le jour de l'enregistrement, on a fait les voix chacun de son côté. J'étais contente de ma prise, mais quand j'ai écouté le résultat, ce n'était pas bon du tout. Pascal Obispo avait ajouté des choses qui ne me plaisaient pas, Julien n'était pas dirigé. Le duo n'était pas à la hauteur de la chanson. Je m'étais alors dit que, peut-être ultérieurement, on pourrait garder ma voix et réarranger ce qu'il se passe derrière.

Pourquoi cette tendance à toujours dénigrer votre voix ?
Je suis très limitée, je vous l'assure. Il faut interviewer les gens qui travaillent avec moi pour le savoir.

N'avez-vous pas conscience de son pouvoir ensorcelant sur l'auditeur ?
C'est un atout, je le sais, mais je ne l'avais pas à mes débuts. Ce qui est curieux, c'est que je n'ai jamais travaillé ma voix. Au départ, j'étais tellement insouciante. J'étais influencée, comme d'ailleurs tous les artistes du courant yéyé, par la pop anglaise et américaine. J'étais aussi très admirative des enregistrements de Richard Anthony. Dans les vieilles chansons – que je déteste – on sent que je cherche un peu à l'imiter. À vrai dire, j'ai commencé à chanter naturellement quand je me suis retrouvée en Angleterre. J'étais davantage impliquée dans les textes et je suis devenue plus sélective.

Est-ce votre dernier album ?
Il y a de fortes chances. Vous avez vu que dans la dernière chanson Un mal qui fait du bien, je termine par des points de suspension (rires). Tout est possible. Comme la promotion m'angoisse au-delà de tout, je me console en me disant que c'est la dernière fois (rires).

Françoise Hardy Personne d'autre (Parlophone) 2018
Site officiel de Françoise Hardy


Par : Patrice Demailly

Source : http://musique.rfi.fr/chanson/20180406-francoise-hardy-personne-autre
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http://mon-amie-hardy-rose.blogspot.com
 
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