Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
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 22 avril 2018 - L'entretien du dimanche (Sud Ouest)

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Jérôme
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Message(#) Sujet: 22 avril 2018 - L'entretien du dimanche (Sud Ouest) Dim 22 Avr 2018 - 11:00

L’entretien du dimanche. Françoise Hardy : "Un album, c’est énormément de stress"


22/04/2018 à 10h31 par Julien Rousset.



Il y a trois ans, la chanteuse, hospitalisée, placée dans le coma, frôlait la mort. Elle revient aujourd’hui à la musique avec un 24e album.


Une interview de Françoise Hardy, ce n’est pas une interview, c’est une conversation, avec une personnalité à la fois douce et tranchante, combinaison qui n’appartient qu’à elle. À 74 ans, l’impératrice du clair-obscur a reçu « Sud Ouest » pour parler de son nouvel album, « Personne d’autre ».

« Sud Ouest » Vous avez eu de gros problèmes de santé en 2015. Pour vous, était-ce un souhait important, après votre convalescence, que de revenir à la musique ? Une sorte de renaissance ?
Françoise Hardy Pas du tout ! Après ce qui m’est arrivé et étant donné mon âge, je sais qu’il faut faire attention, avoir une vie calme, régulière. Un album, c’est énormément de stress. Quand je dois faire les voix, vous n’imaginez pas l’état dans lequel je suis. J’ai d’autant plus le trac que je ne chante pas souvent et que j’ai une petite voix…

Pourquoi, malgré cette appréhension, revenir à la musique ?
Un ami très proche, Marc Maréchal, a appelé, à mon insu, ma maison de disques en leur disant : « Si vous ne la relancez pas, elle ne fera plus jamais de disques. J’ai commencé à recevoir des mélodies, j’en ai découvert d’autres, l’envie est revenue. »

Les mélodies, c’est toujours le point de départ dans votre travail ?
Rien ne me rend plus heureuse, dans le domaine professionnel, que de tomber sur une belle mélodie, qui touche en moi quelque chose de profond. Le texte vient dans un second temps. Une bonne mélodie, c’est très inspirant et structurant : les contraintes rythmiques vous guident dans l’écriture.

Vous avez écrit les textes de la plupart des chansons de l’album, mais le single, « Le Large », est composé et écrit par La Grande Sophie. Pourquoi ce choix ?
Parce qu’il m’a semblé que c’est la chanson qui a le plus de potentiel. Je me suis souvenue d’un conseil de Serge Gainsbourg. Je lui avais donné mon album « La Question », qui n’avait pas vraiment de morceau étendard, il m’avait dit : « C’est très bien, mais il ne sert à rien d’avoir de beaux wagons s’il n’y a pas une belle locomotive pour les tirer. »



La chanson qui donne le titre à votre disque, « Personne d’autre », s’adresse à Jacques Dutronc. Vous a-t-il donné son avis sur l’album ?
Eh bien non ! Comme ça me tourmente un peu, j’ai demandé à un ami qui l’a récemment rejoint en Corse de mener sa petite enquête (rires). Je sais qu’il écoute l’album mais, pour l’instant, pas de réaction…

Johnny Hallyday puis France Gall sont récemment disparus… Aviez-vous des liens d’amitié avec eux ?
J’étais très fan de France mais nous n’étions pas amies. Quant à Johnny, j’avais énormément d’admiration et d’affection pour lui. Comment ne pas l’aimer ? J’aurais aimé être son amie mais c’était un homme à hommes, ses amis étaient des hommes… J’ai l’habitude de dire que la mort de Serge Gainsbourg, en 1991, a marqué la fin de notre jeunesse et que celle de Johnny et de France, c’est le début de la fin. On ne peut pas s’empêcher de penser qu’on est le prochain sur la liste…

Avec Johnny Hallyday, vous étiez du même quartier…

Oui, Johnny, Jacques et moi sommes des enfants du 9e arrondissement de Paris, nous avons passé notre enfance à quelques mètres les uns des autres. Avec eux, et Sylvie, Sheila, on a tous débuté ensemble. Nous venions tous du peuple. Nous avons vécu le succès fulgurant, la condescendance aussi de certains journalistes comme Denise Glaser ou Pierre Dumayet…

Je n’ai jamais supporté que des journalistes se moquent du manque de culture politique de Johnny. Reprocherait-on à un ministre de chanter faux ? Aujourd’hui, dans le même ordre d’idée, je trouve absolument anormal que, dans l’émission de Laurent Ruquier, les chanteurs doivent soumettre leur album au jugement de deux écrivains.

Vous aviez une vingtaine d’années en mai 1968. Que pensez-vous de la commémoration qui s’annonce ?
Je trouve qu’il y a un abus de langage quand on dit que « Mai 68 a changé la société » : on confond les causes et les effets. Mai 68 n’a pas transformé la société, mais fut l’expression du fait que celle-ci était en train de changer. C’est une évolution collective qui arrivait à maturité, et qui a d’ailleurs eu lieu dans les autres pays européens où il n’y a pas eu de Mai 68.

Le journal « Libération » parle à votre propos de « spleen queen ». La mélancolie n’est-elle pas, finalement, votre façon d’être heureuse ?
Oui, on peut se complaire dans la mélancolie, à condition qu’elle soit sublimée, qu’un art, quel qu’il soit, la transcende.

Vous êtes une grande romantique…
Ah mais totalement ! J’adore la musique romantique, Rachmaninov en particulier, ou les livres d’Edith Wharton, d’Henry James, de Rosamond Lehmann… C’est à pleurer de beauté.

Peut-être vaut-il mieux se morfondre avec un livre ou un piano en pensant à l’amour impossible, plutôt que de s’ennuyer dans la conjugalité ?
Toutes les choses douloureuses que j’ai vécues dans ma vie sentimentale m’ont permis d’écrire des chansons. Aurais-je préféré une histoire très équilibrée à la vie compliquée que j’ai eue avec Jacques ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que les thèmes mélodiques les plus beaux sont mélancoliques.

Vous êtes souvent associée à la mélancolie, et aussi à une beauté particulière, androgyne, qui n’est pas dans la séduction…
Elle est loin derrière, aujourd’hui, ma beauté… La séduction, ce n’est pas mon registre du tout. À mes débuts, j’étais terriblement complexée. C’était l’époque des femmes plantureuses comme Bardot… Je suis l’inverse des femmes conquérantes : quand un homme me plaît, je pars en courant tellement j’ai peur de l’embarrasser avec l’impression qu’il me fait.

« Le Large » évoque la mort, sans tristesse. La mort vous fait-elle peur ?
Il y a quelques années, j’ai vraiment cru, déjà, que j’allais mourir. C’était en 2005, j’ai eu un décollement de la plèvre. Dans ces circonstances, les deux choses qui dominent sont la souffrance physique et le chagrin. Je pensais à Thomas. La mort, c’est quand même une séparation d’avec les êtres qu’on aime… Donc le fait de mourir me fait peur. Mais l’après ne m’inquiète pas. Peut-être que la mort du corps n’est pas celle de l’esprit. J’espère qu’on peut continuer à protéger les êtres qu’on aime, une fois qu’on est dans une autre dimension…

Il y a eu de nombreux hommages à Johnny ou France Gall. Vous arrive-t-il de penser à ce qu’on dira de vous, le jour de votre mort ?
Je crains fort que les radios et les télés ne passent en boucle « Tous les garçons et les filles », ce qui m’afflige. Quoi que, maintenant, ils choisiront peut-être « Le Large », parce que la chanson parle de la mort. Ouf ! (grand éclat de rire)



« Personne d’autre »

Guitares aériennes, mélodies élégiaques, voix claire : dans son nouvel album, « Personne d’autre », sorti le 6 avril, Françoise Hardy continue de creuser son sillon délicat, d’arpenter les plis et les nuances du sentiment amoureux. Elle a écrit les textes de neuf des douze chansons de cet album réalisé par Erick Benzi. Un disque jalonné de collaborations avec Thierry Stremler (« Trois petits tours »), Pascale Daniel, Maissiat, Yael Naim, La Grande Sophie (« Le Large »), et ponctué par une somptueuse reprise de « Seras-tu là ? », de Michel Berger.

Source : http://www.sudouest.fr/2018/04/19/l-entretien-du-dimanche-francoise-hardy-un-album-c-est-enormement-de-stress-4389929-4691.php
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