Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
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 5 mai 2018 - Le retour du rire de Françoise Hardy (Le Devoir)

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Jérôme
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Message(#) Sujet: 5 mai 2018 - Le retour du rire de Françoise Hardy (Le Devoir) Sam 5 Mai 2018 - 10:16

Le retour du rire de Françoise Hardy

Sylvain Cormier

5 mai 2018

Photo: Benoit Peverelli. Conversation drôlement sérieuse et sérieusement drôle. La voix est printanière, le ton enjoué. Françoise Hardy a encore et toujours ce timbre d’éternelle jeune fille à 74 ans, et elle respire la santé retrouvée.


Quarante minutes au téléphone avec Françoise Hardy. Deux fois la durée allouée, ça en dit long. Ça dit que la corvée promotionnelle d’antan l’est moins maintenant. « J’apprécie tout, même ça, maintenant que je ne suis plus morte… »

Elle rigole à son bout du fil, contente de sa répartie. Je lui dis que je ne croyais jamais lui reparler, et certainement pas à l’occasion de la sortie d’un nouvel album. « Ah ben moi non plus ! Les médecins, vous savez, avaient baissé les bras. Ils avaient averti Thomas [Dutronc, le fiston], et demandé qu’il appelle son père [oui, Jacques Dutronc] pour qu’il revienne au plus vite de Corse. C’était imminent, j’allais mourir. »

Retour à 2015 : la chute malencontreuse, les trois semaines de coma, le diagnostic sans appel, les médias affolés. Françoise Hardy, qui affubla un jour du label Asparagus ses éditions de chansons parce qu’on l’appelait tout le temps « la grande asperge », se marre en douce en décrivant son état d’alors, avec force détails : « J’étais pas belle à voir, vous savez, mon poids était tombé à 39 kilos ! J’avais subi un deuxième décollement de plèvre, plus un œdème pulmonaire, on peut dire que j’étais loin des studios ! »
Elle pouffe. « Et comme j’étais foutue, mon hématologue a demandé à Thomas et à Jacques s’ils l’autorisaient à m’administrer les chimios. Si ça me tuait, ben ce ne serait pas pire que mourir. Eh ben non, ça m’a sauvée ! » Petit rire primesautier.

Ni fin ni dernier mot


Conversation drôlement sérieuse et sérieusement drôle. La voix est printanière, le ton enjoué. Elle a encore et toujours ce timbre d’éternelle jeune fille à 74 ans, et elle respire la santé retrouvée. « Maintenant, j’ai un acouphène, c’est embêtant, mais sinon ça va… » Et advienne que pourra. Pour le moment, elle a du temps et le prend.

Citation :
Vous savez, je n’ai jamais su résister à une chanson bien faite, et encore moins à une mélodie un peu triste. Ça a été un des grands bonheurs de ma vie, la découverte des belles mélodies tristes.
— Françoise Hardy
 
Dame ! Quarante minutes ! Dans la dernière chanson de l’album, Un mal pour un bien, sur une musique en apesanteur de Thierry Stremler, elle chante : « C’est déjà loin / La croisée des chemins / Le pied de nez du destin […] J’arrête là, je me retiens : / ni dernier mot ni mot de la fin… » Dans Le large, la splendide chanson que lui a envoyée La Grande Sophie, elle chante la mort au futur : « Et demain / Tout ira bien / Tout sera loin / Là, au final / Quand je prendrai le large… »

« Elle a beaucoup d’humour, La Grande Sophie ! J’avais reçu d’elle une mélodie qui ne me plaisait pas du tout. Je le lui ai écrit, nous correspondons régulièrement. Elle m’a répondu : “Ah mais je sais ce que vous aimez. Je n’ai pas dit mon dernier mot !” » Françoise s’esclaffe. « Et c’est ainsi qu’elle m’a envoyé prendre le large… » Grand éclat de rire.

« Vous savez, je n’ai jamais su résister à une chanson bien faite, et encore moins à une mélodie un peu triste. Ça a été un des grands bonheurs de ma vie, la découverte des belles mélodies tristes. » C’était vrai quand elle écoutait Elvis (dont elle reprit Loving You en 1967), ou Ricky Nelson (dont elle adapta Lonesome Town l’année suivante), ou encore Buddy Holly (reprise de True Love Ways, enregistrée juste avant le coma, parue en 2016). « Adolescente, j’entendais une chanson, j’étais tellement émue, je voulais l’écouter en permanence… J’ai toujours été comme ça. »

Et lui, et lui, et lui…


Ce sont encore les mélodies qui l’ont ramenée en studio : coup de foudre pour Sleep my Angel, du groupe finlandais Poets of the Fall. « C’est reparti comme ça, comme toujours. La mélodie était vraiment superbe, personne en France ne connaissait ce groupe, l’envie est venue du dedans de moi, j’avais des choses à dire, et les mots sont arrivés. Ça s’est passé de la même façon pour Personne d’autre. Après trois écoutes, j’étais envoûtée par la mélodie, qu’allais-je pouvoir dire qui soit à la hauteur ? J’ai entrepris de résumer en quelques phrases sibyllines [petit rire] ma longue histoire d’amour avec Jacques, qui continue plus ou moins, mais autrement. La compositrice, en anglais, chantait « Subtle are the signs… », alors je commence en disant « Un signe, comme un appel… », parce que j’ai pensé à cette année 1967 où je guettais désespérément un signe de la part de Jacques… on était tellement timides l’un et l’autre que les signes qu’on pouvait donner n’étaient vraiment pas flagrants… C’est lui qui a fini par se risquer. La première fois qu’il m’a envoyé une carte postale, il a mis en en-tête “Ma chère future épouse”. »

Elle rit d’un beau rire affectueux. « Nous sommes vivants, Thomas, Jacques et moi. C’est un bonheur que je chéris, comme celui de voir arriver le printemps. » Et Françoise Hardy d’évoquer les départs de Michel Berger (dont elle ravive l’exquise Seras-tu là ?), de France Gall et de Johnny Hallyday. « Le pire, c’est pas la mort, c’est la souffrance physique. Jacques me donnait des nouvelles de la progression du cancer de Johnny, durant la tournée des Vieilles canailles. Il paraît insensible, Jacques, mais il ne dormait plus, tellement c’était terrible de voir Johnny souffrir. »

On a l’impression qu’il pouvait exprimer là, par Johnny interposé, ce qu’il a ressenti lors de la presque mort de Françoise. « C’est possible. Il y aura toujours quelque chose de très important entre nous. » Sans rire.

Écoutez un extrait de Seras-tu là ?
http://www.ledevoir.com/documents/audio/extraits/hardy_seras.mp3

Source : https://www.ledevoir.com/culture/musique/526943/le-retour-du-rire-de-francoise-hardy
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