Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
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 8 octobre 2008 - Europe 1

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Jérôme
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Message(#) Sujet: 8 octobre 2008 - Europe 1 Mer 8 Oct 2008 - 22:54

Michel Drucker recevait sur Europe 1, François Jouffat et Françoise Hardy dans le cadre d'une émission axée sur les années yéyé à l'occasion de la sortie prochaine de l'autobiographie de Françoise Hardy.

Voici les notes que j'ai prises en écoutant l'émission en essayant de retranscrire l'esprit des réponses de Françoise Hardy.

Origine du titre du livre "Le désespoir de singes et autres bagatelles".
Françoise Hardy : Arbre en provenance d'Amérique du sud, pays de ma meilleure amie. Ce titre était déjà pris par Hervé Claude. C'était bien car cela m'a permis de prendre contact avec lui en vue d'étudier la possibilité de reprendre le même titre qu'un de ses livres. En le complétant par "et d'autres bagatelles", le problème de similitude de titres a disparu.

Comment est né le livre ?
Françoise Hardy :
J'ai eu une existence plus virtuelle que réelle passée à lire, à ne voir personne, à voir des films à la télévision. Rien d'intéressant à écrire. Comme l'éditeur Stéphane Barsacq ne cessait de me tanner, j'ai rencontré Sophie Delassein. Elle m'a faire relire une interview pas retravaillée mais retranscrite. Flash. Il vaut mieux que j'écrive moi-même. Ecriture d'un 1er paragraphe puis j'y vais. D'autant que je sais à peu près faire une seule chose : écrire !
Mémoire sélective. Personne sentimentale et affective. Surtout ce type d'événements en mémoire. Je me suis aperçue aussi qu'en évoquant la question du travail je m'ennuyais rapidement. Je me suis donc attachée pour les sujets d'ordre professionnel à évoquer tout ce qui était surréaliste ou très amusant.

Françoise s'est toujours dévaluée. Pourtant, on l'appelait la Grande Françoise à la grande époque… et pas uniquement pour sa taille.
Françoise Hardy :
Chansons des débuts pas intéressantes…. Mais j'ai quand même fait 6 années de scène de 62 à 68. Les Anglais se souviennent de moi comme d'une femme de scène car j'apparaissais beaucoup sur la scène anglaise notamment trois fois à l'hôtel Savoy à intervalles rapprochés. C'était un exploit à l'époque de passer dans ce cabaret illustre.

Refus de reconnaître son importance dans la chanson.
Françoise Hardy : Tout dépend. L'amitié et Mon amie la rose sont des chansons dont je toujours fière et heureuse. Mais le premier album avec Tous les garçons et les filles et toutes les petites chansons jouées par les plus mauvais musiciens de l'époque, je les déplore. J'étais passionnée de pop music anglo-américaine : Elvis Presley, Paul Anka. Il y avait un tas de chanteurs anglais qui chantaient la solitude adolescente. Grande influence notamment Lonely boy de Paul Anka. Après avoir composé des chansons, lecture des potins de la commère dans France Soir où une grande maison de disque était prête à auditionner des jeunes gens. C'était Pathé marconi. Cette maison m'a fait passer l'audition et j'ai découvert par la suite que Michel Berger a passé la même audition que moi à un jour près. Mais j'avais paraît-il le même timbre que Marie-Josée Neuville. Pourtant, elle faisait un peu "bonne sœur sans cornette". Mais c'était une pré-yéyé. C'était pas très concluant mais en même temps ça m'a encouragée à passer d'autres éditions chez Vogue où on cherchait un pendant à Johnny Hallyday : "Si vous pouvez faire du style rock, ce serait cool…". J'ai appris Oui mon cher et 24 000 baisers que j'ai chantées avec Aimable accordéoniste. Moi ! Rock and roll ! Accordéon ! Je ne savais pas chanter en mesure. L'ingénieur du son m'a proposé d'apprendre le solfège. Sa maman avait une loge de concierge et j'allais tous les samedis pour apprendre des chansons d'Eddy Mitchell.

Obligée de partager ses droits d'auteur avec André Samyn.
Françoise Hardy : Il a fait les très mauvaises orchestrations de mon album. Mais j'ai dû et je dois toujours partager les droits de ce premier disque avec lui. C'est à partir de mon cas, qui a fait jurisprudence, que la SACEM a changé son règlement pour que les examens de compositeurs soient plus simples. D'ailleurs aujourd'hui ça a disparu.
Premier tube. Enregistré le 25 avril 62. Premier passage au micro de Filipacchi. Succès foudroyant. Sortie au début de l'été. Grande satisfaction. Je suis partie en vacances et quand je suis revenue j'ai su que j'avais vendu 2000 disques. J'ai rencontré l'un des programmateurs, Jean Peigné qui m'a fait le pari que je vendrai autant d'albums que Deux enfants au soleil de Jean Ferrat (40 000 disques). Quelques temps plus tard, 1 000 000 d'albums vendus.

Jouffat : très curieux, les disques des débuts sont peu appréciés par Johnny, Eddy, Françoise Hardy.
Françoise Hardy :
Je crois qu'on s'attache en tant que chanteur à la réalisation. On a surtout honte de la réalisation même quand la chanson est bonne. Il faut aussi nuancer. A l'époque la maison de disque voulait promotionner J' suis d'accord. C'est moi qui ai fait des pieds et de mains pour passer Tous les garçons et les filles. Je l'aimais beaucoup cette chanson à l'époque même si je n'aimais pas sa réalisation. Je regrette aussi qu'on me rappelle toujours ce titre alors que j'essaie de faire mieux depuis 40 ans. J'aimerais que l'on ne me ramène pas toujours à ce brouillon.

Mireille ?
Françoise Hardy : La relation avec Mireille a été très importante. Je ne pensais pas qu'elle deviendrait une amie aussi importante. Mireille a composé des chansons dans un style novateur assez inspiré par le jazz avec des textes délicieux plein d'humour et d'intelligence de Jean Nohain. Elle a influencé Charles Trenet et Georges Brassens. Elle a créé une école qui était le contraire de la Star Ac' où chaque élève devait avoir son propre univers et surtout être différent.

Les yéyés ?
Françoise Hardy :Yéyé est venu des onomatopées qu'on entendait dans les chansons américaines. Ce terme a été mis en valeur après la nuit de la nation en 1963, un grand concert pour le 1er anniversaire de Salut les copains. Le terme n'était cependant pas très apprécié. Il y avait aussi à l'époque le rock, la pop, le rythm and blues. Et la country music aussi. Le country rock des Everly Brothers, qui avaient une grande force dans les mélodies. Les rockers ont commencé à devenir moins visibles pour des raisons commerciales. Il faut dire qu'au grand festival du rock en 1961, il y avait eu de la casse au concert de Vince Taylor où j'ai eu très peur car les sièges se sont écroulés comme des dominos.

Salut les copains
Françoise Hardy : Entre 17h et 19h on écoutait les chansons dans l'émission Salut Les Copains. On entendait les versions originales et les versions françaises. Tous les chanteurs en vogue guettaient les premières auditions des chansons anglaises ou américaines pour pouvoir les adapter le plus vite possible. C'était surtout la découverte de cette nouvelle musique que j'avais déjà découverte déjà sur un radio anglaise. A propos, Daniel Filipacchi a écrit des chansons dont le fameux Panne d'essence de Sylvie avec Frankie Jordan.

Et Françoise a même chanté le générique de l'émission…


Françoise Hardy : J'avais totalement oublié. Obligée de s'incliner devant l'évidence comme aussi par exemple devant le duo Ok bilboquet avec Johnny : "Même quand je vois les documents, je ne m'en souviens toujours pas."
En même temps que j'ai rencontré le succès très faramineux du premier album, j'ai eu ma première histoire d'amour sur laquelle je me suis largement focalisée. Je ne pensais même pas aux disques. J'avais un premier contrat d'un an. Quand la maison de disque m'a proposé de le prolonger de 5 ans ça m'a paru extravagant. Le succès m'est passé un peu au dessus parce que j'avais que 17 ans. Seul ce premier amour comptait pour moi. Jean-Marie Périer était le premier photographe star de Salut Les Copains. Je devais m'absenter souvent pour des tournées et lui était tout le temps parti pour des reportages. Je m'inquiétais beaucoup au début car c'était souvent pour des reportages sur Sylvie. Mais y avait rien de louche.

Londres
Françoise Hardy : J'allais à Londres. C'était l'endroit pour voir des groupes exceptionnels comme les Beatles ou encore plus charismatiques : Les Rolling Stones. J'allais dîner tard le soir dans les seuls endroits où on pouvait encore servir : les discothèques. Je croisais tous ces gens qui planaient. Je n'avais jamais entendu parler de drogues. Je ne me rendais pas compte qu'ils étaient défoncés. Comme ils me voyaient souvent seule ils en avaient déduit que j'étais lesbienne.
Un jour je me suis retrouvée dans une chambre avec Anita Pallenberg et Brian Jones. J'eusse préféré Marianne Faithfull et Mick Jagger. Je voyais souvent Brian Jones. Ils imaginaient que j'avais des vues sur lui, elle ou les deux. C'était un quiproquo complet.

Côté mode.
Françoise Hardy : La minijupe de Courrèges et aussi en même temps de Mary Quant. On ne sait pas finalement qui l'a inventée. A l'époque on disait que c'était pour économiser du tissu ! Enfin ça c'est une histoire anglaise. Etonnant à l'époque, il n'existait pas encore le collant. Les jarretelles étaient visibles sous les jupes.

En Angleterre au-delà du talent des chansons, de la voix, Françoise Hardy était une Star pour les Anglais.
Françoise Hardy : Pas complètement consciente même si je sentais que l'image était différente en France (où j'étais vue comme une personne ingrate allant seule dans les rues) alors qu'en Angleterre j'étais vue comme très séduisante. Idéal féminin de Mick Jagger, c'était pas rien quand on est jeune.

Dylan
Françoise Hardy : J'étais très fan de Dylan. Hélas c'est une histoire dont on a trop parlé. Je tournais le film Grand Prix avec Montand. Petit rôle mais qui me mobilisait. Je guettais le jour où Dylan passerait pour la première fois à l'Olympia. J'ai pu assister au concert. Première partie très mauvaise. Guitare pas accordée, jouait mal, chantait faux. L'entracte se prolongeant, quelqu'un vient me dire qu'il ne remontera pas sur scène si je ne viens pas le saluer. Je suis terrifiée. Il est 10 fois plus maigre que moi. Il avait l'air aux portes de la mort. On a très peu échangé. Je parlais mal anglais. Ensuite, seul bon moment, il m'a invité à son hôtel, le Georges V. C'était très joli car il m'a passé deux chansons de son nouveau disque pas encore sorti en France I want you et Like a woman. Mais nous ne nous sommes jamais revus depuis cette date de juin 1966.

Rencontre avec Jacques Dutronc.
Françoise Hardy : Et moi et moi et moi. On s'est retrouvés célibataires en même temps Jacques Wolfsohn, Dutronc et moi. Il a annulé son mariage trois jours avant. J'aurais dû me méfier. On sortait très souvent ensemble. Jacques était souvent flanqué de minettes alors que Wolfsohn et moi nous étions toujours seuls. Qu'est-ce qu'il leurs trouvaient ? Succès phénoménal au départ. Lanzmann écrivait les textes mais Dutronc suggérait les idées. Petit à petit il m'a plu. Je l'avais rencontré la tête rasée avec des boutons sur la figure. Il me plaisait pas encore. Même quand on sortait avec Wolfsohn, d'autant que j'étais très amoureuse d'un acteur anglais. C'est petit à petit que j'ai découvert son charme notamment grâce à la télévision où il enlevait ses lunettes et j'ai vu ses yeux. Il y avait aussi son humour et son cynisme. Il vivait avec un guépard. Il en a eu deux. J'ai connu le guépard et je ne l'ai jamais vu autant que lorsqu'il avait son guépard. Il devait lui mettre des couches culottes. Le guépard le léchait l'empêchait de dormir et souvent pour mieux dormir il venait chez moi. Il aime beaucoup les animaux. En Corse, il siffle vers 6 heures du soir et tous les chats arrivent. Il a un don avec les animaux. Il a même réussi à apprivoiser un lapin sauvage.
On nous voyait ensemble et nous invitait ensemble. On nous fiançait bien avant l'heure. Mais quand je voyais les filles qui l'accompagnaient je pensais que je n'avais aucune chance. L'Anglais, petit à petit, je l'ai oublié car il n'était pas là.
Ma maison en Corse, on a commencé à la construire (la famille de Jean-Marie Périer s'en était occupé). En 67, la maison a été enfin prête. Les deux Jacques (l'éditeur et le chanteur) sont venus sous le prétexte fallacieux de pendre la crémaillère. Je me réjouissais en secret mais je l'ai vu débarquer avec la femme d'un chanteur. Grande déconvenue. Mais en fait ça c'est concrétisé là. Il faut dire qu'au début nous étions tétanisés l'un par l'autre. Cette tétanisation existe encore un peu d'ailleurs.

Mai 68.
Françoise Hardy : Maison de disque conseille de partir en Corse. Ca me gonfle un peu mai 68. Je pars du principe que c'est parce que la société était transformée que mai 68 a pu avoir lieu et non l'inverse comme Cohn-Bendit a tendance à le dire. Contraception légalisée en 67. J'y avais déjà recours sous forme de contraception mécanique (stérilet) et ce bien avant que la contraception soit légalisée.
Tomber enceinte c'était le grand stress. Je raconte dans le livre comment j'ai perdu ma virginité, je le raconte car on ne peut pas imaginer à quel point les jeunes filles ne savaient vraiment rien à l'époque. Les filles étaient très ignorantes. J'ai l'impression que les enfants de 5 6 ans d'aujourd'hui en savent plus que les jeunes de 20 ans de l'époque. Parler de moyens contraceptifs était de toute façon illégal à ce moment là à cause d'une loi de 1920 qui pouvait conduire en prison.

La musique aujourd'hui
Françoise Hardy : Aujourd'hui la créativité est toujours là mais la quantité a tendance à submerger la qualité. Je fais partie des gens qui dès qu'ils entendent une chanson vont sur i-tune et l'achètent. Si j'ai trouvé 4 chansons bien je finis par acheter le disque. Le problème c'est qu'il y a trop de production d'albums où seules deux chansons sont de bonne qualité.

Thomas
Françoise Hardy : Thomas est épatant et ça tient autant qu'à son père et sa mère si jamais ça tient à nous.


Vous pouvez réécouter l'émission sur le site d'Europe 1 en suivant le lien suivant :
http://www.europe1.fr/Radio/ecoute-podcasts/Decouvertes/Europe-1-Decouvertes-Michel-Drucker/Europe-1-Decouvertes-Michel-Drucker-08-10-08
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http://mon-amie-hardy-rose.blogspot.com
Alexandre
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Message(#) Sujet: Re: 8 octobre 2008 - Europe 1 Ven 10 Oct 2008 - 13:27

Merci pour cette retranscription ! C'est plus vite lu que d'écouter l'émission entière... et au moins je me rends compte que je savais déjà l'essentiel.

Heureusement qu'on apprend qu'à une certaine époque Françoise a aimé son "brouillon" waou
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claude
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Message(#) Sujet: Re: 8 octobre 2008 - Europe 1 Ven 10 Oct 2008 - 14:28

Quand elle est en confiance, elle répond simplement aux questions sans se lancer dans des explications abracadabrantesques. C'est quand même là qu'elle est au meilleur d'elle même.
Mais qu'est ce qu'elle m'énerve quand elle dénigre toute la période 60.
C'est pas vrai, elle n'a pas fait mieux depuis 40 ans, elle a fait autrement, autre chose.
Nom de nom, est ce que les boulages c'est mieux que "et la main dans la main..." ?
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Zorba
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Message(#) Sujet: Re: 8 octobre 2008 - Europe 1 Ven 10 Oct 2008 - 15:26

Ridicule de taire le nom de ce bel acteur anglais qu'elle a aimé désespérément entre Jean-Marie Périer et Jacques Dutronc.

Le nom en a été révélé dans une biographie intitulée Hardy-Dutronc, écrite par Yan Plougastel et publiée chez Flamarion.

Françoise l'a évidemment taxée de ramassi de ragots, mais elle révèle tout de même le nom de ce bel jusqu'alors inconnu.

Il jouait dans La Curée de Vadim au côté de Michel Piccoli et Jane Fonda. C'est... c'est...
Spoiler:
 

Par contre, si vous connaissez le nom de la femme d'un grand acteur français qui se trimballait au bras de Dutronc dans les années 1966-67, je suis preneur !


Dernière édition par Zorba le Ven 10 Oct 2008 - 16:48, édité 1 fois
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claude
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Message(#) Sujet: Re: 8 octobre 2008 - Europe 1 Ven 10 Oct 2008 - 16:34

Preneur de le femme ou du nom ?
Moi aussi je prends, mais le nom seulement.....je me délecte des ragôts.
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8 octobre 2008 - Europe 1
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