Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
AccueilBlogMurAccueilDiscographieParolesReprisesVidéosPresseLiensGalerieFAQS'enregistrerRechercherConnexion

Partagez | 
 

 27 mars 2010 - La libre Belgique

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jérôme
Administrateur
Administrateur
avatar

Masculin Nombre de messages : 8463
Age : 54
Localisation : Paris
Date d'inscription : 04/08/2007

Message(#) Sujet: 27 mars 2010 - La libre Belgique Sam 27 Mar 2010 - 9:59

Françoise Hardy comme un poisson dans le studio

Dominique Simonet

Mis en ligne le 27/03/2010

“La pluie sans parapluie”, nouvel album de Françoise Hardy, à fleur de peau. Le studio est son lieu de prédilection et la mélodie, le départ de son inspiration.


Entrevue

Quelle famille, ces Dutronc-Hardy ! En octobre 2008, la sortie du livre "Le désespoir des singes et autres bagatelles", autobiographie signée Françoise Hardy, coïncidait avec le succès populaire du fils Thomas Dutronc, pris dans une tournée qui s’emballait. Un an et demi plus tard, c’est le père Jacques Dutronc qui fait un retour remarqué sur scène, tandis que son épouse, Françoise Hardy, publie son vingt-sixième album, "La pluie sans parapluie". C’est le temps des coïncidences.

L’icône des sixties, frêle dans les robes des couturiers sous les flashes de photographes comme Jean-Marie Périer, a occulté l’auteur qui, depuis les débuts, imprime sa plume à la chanson. En 1962 déjà, "Tous les garçons et les filles" était signé, paroles et musique, par une jeune fille de 17 ans passionnée de chanson. Depuis, l’auteur Françoise Hardy n’a cessé de s’exprimer, si ce n’est dans l’écriture de nouveaux textes sensibles, du moins dans les adaptations en français. Sa participation aux albums varie, jusqu’à "Décalages" (1988), reprise en mains totale.

Ce devait être un testament phonographique, mais la plume démangeait toujours Françoise qui, à Julien Clerc, offrait "Fais-moi une place". En 1996, "Le danger" marque un retour qui est toujours d’actualité. Pour les musiques de "La pluie sans parapluie", la chanteuse peut compter sur de vieux partenaires comme Alain Lubrano, Thierry Stremler, Ben Christophers. Jean-Louis Murat, La Grande Sophie et Arthur Higelin offrent du clé sur porte. Dans ce nouvel album à fleur de peau - comment en serait-il autrement ? -, Françoise Hardy ne se prive pas de références littéraires, notamment à Edith Warton et son "The Age of Innocence" mis sur pellicule par Martin Scorsese en 1993.

Quand vous arrivez face à un nouvel album, quelles sont vos exigences ?
Mes exigences consistent uniquement à trouver douze bonnes mélodies. Ensuite, essayer de les servir au mieux, si moi ou quelqu’un d’autre écrit dessus. Essayer d’être au plus près de la mélodie, c’est-à-dire faire en sorte que le texte soit en adéquation avec elle. Je n’ai pas d’autre ambition, puisque je suis tributaire des mélodistes et que, pour moi, le critère de sélection d’une mélodie n’est pas le nom du compositeur ni son style, mais uniquement la qualité de ce qu’il m’apporte. Ce pourquoi je peux me retrouver avec des chansons aussi différentes que celles de Jean-Louis Murat et de Calogero, qui sont quand même deux univers complètement différents.

Et par rapport à vous ?
Par rapport à moi-même, ce que j’espère, c’est arriver au bout. Maintenant, avec les problèmes de santé que je peux avoir C’est un sujet d’anxiété supplémentaire parce que, au moment où j’ai commencé ce disque, je n’allais pas bien physiquement, vraiment. Je ressentais des malaises très souvent, et donc j’avais très peur qu’ils surviennent en séance. D’ailleurs je n’étais pas très tranquille de venir ici (en Belgique, NdlR), mais ça ne se passe pas trop mal. Mon ambition, c’est d’être à la hauteur à tout point de vue, et professionnellement et physiquement.

Comment s’est organisée l’écriture de chansons après celle de l’autobiographie ?
Je me suis fixé début 2009 parce que je savais que la promotion du livre serait terminée. Mais ça n’est pas du tout le même exercice. Le livre m’a intéressée dans la mesure où je pouvais aborder, par le biais de ma vie personnelle, des sujets qui me paraissaient susceptibles d’être intéressants. Je pouvais aussi développer certaines choses, analyser le pourquoi du comment, approfondir. Cela a été un travail intellectuel, alors qu’écrire un texte de chanson, ce n’est pas vraiment ça. Il suffit de capter l’esprit de la mélodie, ce que j’ai déjà dû dire mille fois, et de trouver l’émotion qui lui corresponde.

Parfois, cela ne va pas de soi…
La chanson de Calogero, "Noir sur blanc", je ne voulais pas en écrire le texte par peur de ne pas y arriver. Alors Zazie s’y est attelée. Je ne sais pas ce qui lui a pris, elle a envoyé un texte extrêmement cérébral où elle me faisait faire des jeux de mots sur les signes du zodiaque, alors que la mélodie est très passionnée, comme une déclaration d’amour J’ai ensuite demandé à un ami parolier, Patrick Loiseau, s’il avait une idée. Il a tout de suite pensé à "Noir et blanc", mais le texte était tourné vers le passé. Par rapport à cette mélodie très dynamique, qui dégage beaucoup d’énergie, je trouvais que ça ne devait pas parler de regrets d’amours passées, machin C’est pourquoi je m’y suis attelée en remaniant tout le texte de Patrick Loiseau.

D’où vient votre envie de continuer à faire du disque, de l’écriture ?
J’aime la chanson. J’ai toujours aimé ça. J’ai du mal à résister à une belle mélodie, comme à la tentation de refaire un disque si j’ai l’impression que je pourrai avoir les bonnes mélodies. J’aime me retrouver en studio. Le studio, c’est toute ma vie, j’y arrive avec beaucoup de plaisir, j’en oublie d’ailleurs à chaque fois tous les problèmes qui ne vont pas manquer de survenir. Et quand c’est fini, j’ai toujours une tristesse de quitter cet endroit. Parce que je ne sais pas si j’y reviendrai. Dans le studio, je me sens comme un poisson dans l’eau.

A l’aise donc ?
J’aime bien quand je dois chanter, malgré l’appréhension, et j’aime bien assister au travail des musiciens. Dans mon petit coin, écouter les choses prendre forme. J’ai l’impression que ce lieu résume ma vie professionnelle. C’est même le lieu le plus important.

Vous avez vos habitudes…
Avec la crise du disque, beaucoup de studios ont fermé. Moi je vais au studio Labomatic de Dominique Blanc-Francard, avec qui je travaille finalement depuis 1988. Cela fait plus de vingt ans Il est né la même année que moi, en 1944. Je sais que je peux compter sur lui. Il a une patience d’ange Les gens ne peuvent pas imaginer comme, parfois, ça peut être tendu en studio, et difficile. C’est inimaginable. On passe par des crises pas possibles, des drames. Lui est d’une patience, d’une maîtrise de lui, avec un humour Il est vraiment capital de pouvoir se reposer entièrement sur les personnes qui s’occupent du son.

Malgré tout, vous aimez ça…
Oui, malgré tout, j’aime ça, parce qu’il n’y a pas de plus grand plaisir que d’entendre une chanson aboutie et que l’on trouve réussie.

Comme prétexte à ne pas faire un nouvel album, Jacques Dutronc nous a dit, il n’y a pas plus de quinze jours, ne pas se faire à l’évolution du studio d’enregistrement. Le saut de quatre à un nombre infini de pistes lui paraît impossible.
Au contraire, je trouve que c’était très contraignant quand on n’avait que quatre pistes. J’ai commencé avant Jacques, je sais comment c’était. Quatre pistes, cela laissait très peu de place, en effet. Il fallait recommencer si ce n’était pas bien. Puis sont venues des consoles beaucoup plus confortables, grâce à un nombre de pistes plus important. Avec ses possibilités infinies, le numérique pose d’autres problèmes. Parfois, on n’a plus aucune vision globale du travail effectué.

Et pour votre voix ?
Pareil. En ce qui me concerne, on ne fait jamais énormément de prises de voix, parce que ça deviendrait mécanique : plus on chante une chanson, moins on est expressif. On va jusqu’à un maximum de six prises, quelques fois neuf. Après, il faut tout réécouter pour prendre le meilleur sur chaque piste. Ça prend beaucoup plus de temps que l’enregistrement de la voix elle-même. Mais bon, ça permet aussi d’avoir une voix satisfaisante. Je n’aime pas qu’à un certain moment, une note soit un peu douteuse. Dès qu’on a remarqué une fausseté, on n’entend plus que ça.

Et dans l’immédiat ?
Je serai très sage, je ne sors pas demain. Oui, oui, parce que je suis sortie samedi dernier et je l’ai regretté après Quand j’ai une semaine chargée, il faut vraiment que je me tienne à carreau. En vieillissant, on est obligé d’être beaucoup plus sage.

Françoise Hardy, "La pluie sans parapluie", Virgin/EMI.

(source : http://www.lalibre.be/culture/musique/article/572037/francoise-hardy-com-me-un-poisson-dans-le-studio.html )
Revenir en haut Aller en bas
http://mon-amie-hardy-rose.blogspot.com
 
27 mars 2010 - La libre Belgique
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Françoise Hardy - Mon amie la rose :: Françoise à bâtons rompus :: Actualité de Françoise :: Archives :: La pluie sans parapluie (promo)-
Sauter vers: