Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
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 27 mars 2010 - Le JDD

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Jérôme
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Message(#) Sujet: 27 mars 2010 - Le JDD Lun 29 Mar 2010 - 12:57

Hardy à coeur ouvert

Charmeur et tendu, son nouvel album ne nous vaudra pas pour autant son retour sur une scène.
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Paru dans leJDD

Définir la "logique" de La Pluie sans parapluie*, 26e album en studio (sur des mélodies d’Alain Lubrano, Calogero, Ben Christophers, Jean-Louis Murat…) semble au-dessus de ses forces. D’emblée, Françoise Hardy doute. "Vingt-six, dites-vous? ça fait beaucoup. Je me demande si c’est vrai…" Femme de tête et d’innombrables tourments, la chanteuse n’est ni dupe ni très à l’aise en interview. Elle le dit, ce "gloubi-boulga" de déclarations émises en puzzle, elle n’y goûte que par devoir, au compte-gouttes. Un poil défiante et décousue malgré elle. Généreuse aussi.

Alors cette Pluie? "Je dépends des mélodies. Mon seul critère: qu’elles me touchent. Le style n’a aucune importance." Les thèmes? "Cela tourne souvent autour de personnes insaisissables qui ne montrent pas leurs émotions, entretiennent un mystère." Limpide! Mi-flippée mi-amusée, dame Hardy se ressaisit: "J’ai toujours eu du mal à exprimer mes émotions et, paradoxalement, j’aurais passé ma vie à le faire!"

"En 1988, rappelle-t-elle, j’étais tellement excédée par la promotion, j’ai annoncé que j’arrêtais…" Elle revient quand même en 1996 avec l’album Le Danger, qui, par son seul intitulé, laisse entendre que la reprise ne se fit pas sans vertige. Mais lui a ouvert les portes d’une seconde carrière au beau fixe. Ses albums Clair obscur (2000) et Tant de belles choses (2004) seront tous deux Disque d’or. Passée du rang d’idole vaguement flétrie à celui d’icône indélébile et respectée, Françoise Hardy a ensuite surpris son monde avec son autobiographie, Le Désespoir des singes et autres bagatelles (Robert Laffont), en tête des ventes tout l’hiver 2008.

Ce livre personnel, nouveau cap dans son parcours, a-t-il influencé ce disque encore plus réussi que les précédents? "Non. Un livre amène une réflexion, développe un éclairage. Dans une chanson, il n’y a pas d’analyse qui tienne, ce serait ennuyeux!" Ledit ouvrage recèle pourtant plus d’un détail laissant penser que son Désespoir n’est pas étranger à la fine Pluie qui s’en vient. Hardy y évoquait, par exemple, la pochette du premier album de Michel Berger, représentant "un cœur éclaté", formule qui réapparaît ici en titre d’une ballade toute neuve. Elle y racontait aussi comment un de ses amis, convié à tourner une scène dans le film Van Gogh, osa lancer un cinglant "je ne vous aime pas" à Maurice Pialat. La formule est, elle aussi, devenue vocalise sur son disque. Mais la chanson est plus ironique : elle s’inspire de Max Ophuls, qui, dans Madame de… (1953), la faisait répéter en ricochet à Danielle Darrieux. "Et tout le monde comprend qu’elle pense le contraire…"

Et puis, quoi qu’il en soit, Les mots s’envolent. Ainsi va le doux morceau signé Arthur H, tout en apesanteur, placé en clôture du disque. Il laisse l’auditeur sur le sentiment troublant d’avoir dansé avec une ombre fugace: ce fameux "vous" qui hante ces chansons à ciel ouvert. "Le fantasme, la réalité, je balance toujours entre les deux. Toute ma vie j’ai fantasmé sur X ou sur Y alors que j’ai peu de vie personnelle, passé celle que m’apporte mon fils, Thomas. La chanson laisse la porte ouverte au rêve et à l’irrationnel."

Il y a aussi l’épatant Champ d’honneur. Sur une rythmique rock, Hardy y chante la crise à sa façon, détachée: "La crise le krach/Foutu micmac/Rien dans les bacs…" Une réussite que l’artiste explique s’être "jalousement gardée" contre l’avis de son célèbre mari. "Jacques, qui aime les choses musclées, la voulait pour son retour sur scène. Mais je savais que je tenais là un single possible. Pas touche!"

La crise, donc. "Comment y couper? Dans les années 1960, on consommait moins, on ne vivait pas avec ce sentiment horrible que tout est bouché. Personnellement, j’en suis à espérer une attaque de Martiens. Même si je ne crois pas aux extraterrestres…" Ni aux miracles. Les étoiles qu’elle consulte au quotidien en astrologue avisée n’y incitent guère. "Le climat mondial est sous l’influx de configurations critiques pour deux ou trois ans encore…" Lorsqu’on aborde l’inévitable question de son éventuel retour sur scène, elle est catégorique: "Ah non! L’émotivité, le manque de souffle, les limites vocales, tout est lié. J’ai arrêté à 24 ans à cause de cela, alors ce n’est pas quarante-deux ans plus tard, à l’âge où Johnny ne peut même pas terminer ses tournées, que je vais le faire."

Loin des foules qui l’angoissent et la découragent aussi d’aller voir ses amis sur scène, elle n’en reste pas moins très à l’écoute du monde. Ses derniers coups de cœur? "Bird York, Zaz, Angus et Julia Stone." Charlotte Gainsbourg, qui vient d’annoncer son premier tour de chant, la touche aussi: "Quand je la vois, il m’arrive d’avoir l’impression de me voir plus jeune, cette insatisfaction qu’elle dégage sur scène…"

*sortie le 29 mars, 18 euros

La Pluie sans parapluie ****
Fort de sa pop bouillonnante et curieusement compatible avec le lyrisme tourmenté de son éternelle amoureuse au micro, le nouvel album de Françoise Hardy est de ceux qui s’adoptent sans délai, sans décevoir. La rythmique heurtée du single Noir sur blanc donne bien le ton, avec sa chimie peu commune, des coquetteries sonores mêlées à un spleen qui fiche le frisson mais frôle la dérision.

Le côté "bal" des sixties plane aussi sur le touchant Temps de l’innocence, mais c’est une variété plus enlevée qui fait la différence ici, au détour du galop formidable de Champ d’honneur, de l’audacieux déni de Je ne vous aime pas. Et cela n’enlève rien au plaisir de se lover dans ses capiteuses ballades existentielles (saisissantes Esquives, Mieux le connaître), sinueux nocturnes au fil desquels sa langue équilibriste, alliant couplets douloureux et douces torpeurs, fait merveille. Eclectique et précis: du grand Hardy.

(source : http://www.lejdd.fr/Culture/Musique/Actualite/Hardy-a-coeur-ouvert-182294/ )
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