Françoise Hardy - Mon amie la rose


 
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 14 avril 2010 - L'est eclair

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Jérôme
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Message(#) Sujet: 14 avril 2010 - L'est eclair Mer 14 Avr 2010 - 20:02

MUSIQUE / Françoise Hardy : « J'ai toujours été très défaitiste… »

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Françoise Hardy revient avec un nouvel album, le 26e, elle qui n'est plus remontée sur une scène depuis 1968 : « J'ai arrêté la scène il y a des décennies, et il n'est pas envisageable que je la reprenne aujourd'hui »

« La pluie sans parapluie », le nouvel album de Françoise Hardy, vient de sortir. Rencontre avec une artiste mythique et authentique

Indissociable de Jacques Dutronc, Françoise Hardy traverse le temps et les époques. L'antistar aux cheveux blancs comme neige nous revient avec un 26e album, joliment baptisé La pluie sans parapluie. Une fois encore, l'icône de la chanson mélancolique a su s'entourer, avec Jean-Louis Murat, Arthur H, ou La Grande Sophie…

Votre nouvel album joliment baptisé « La pluie sans parapluie » est, encore une fois, assez sombre. Pour quelles raisons ?

« C'est vrai. J'ai eu la chance de travailler pour la première fois avec Jean-Louis Murat, que j'admire profondément. Il m'a dit, de manière ironique, avoir trouvé émouvante ma sérénité du début à la fin ! En fait, il n'y a que le titre Les Mots s'envolent, écrit par Arthur H, qui apporte une certaine sérénité dans ce disque. En ce qui me concerne, j'écris toujours plus ou moins sur les mêmes thèmes, depuis mon plus jeune âge, à savoir les hommes, dont il est impossible de savoir ce qu'ils pensent, leurs mystères, leur inaccessibilité. »

Dans cet album, vous renouez avec la pop
?
« Oui, et cela tient du fait que je travaille avec Alain Lubrano, que je connais depuis plus de vingt ans. Il m'a proposé plusieurs chansons qui me plaisaient. Vous savez, je suis consciente que je ne peux pas toujours faire un album qu'avec des mélodies lentes. Je suis obligée d'avoir quelques chansons qui soient un peu plus pop, enlevées. »

C'est le cas du très insolent Champ d'honneur que Jacques Dutronc voulait vous chaparder…

« C'est une des chansons que je préfère et, il est vrai que lorsque Jacques l'a écoutée, en Corse, elle lui a tellement plu qu'il aurait bien aimé qu'on lui donne. Ce qu'il aurait voulu, c'était la créer. Ni Alain Lubrano, ni moi n'avons voulu la lui donner. D'ailleurs, pour moi, c'était impossible d'y renoncer. Elle est tellement réelle ! »

De façon récurrente, vous dites après avoir sorti un album, que vous ne savez pas si vous allez en sortir un suivant. Qu'est-ce qui vous pousse à vous y remettre chaque fois ?

« C'est l'envie. Il y a toujours une excitation à rentrer en studio. Peut-être parce que c'est un lieu clos. C'est ma vie. J'ai l'impression d'être chez moi. J'aime m'y retrouver. Mais, c'est vrai qu'à chaque fois que j'ai terminé un album, je ne suis pas du tout sûre de pouvoir réussir à écrire encore. »

Pour toute une partie de la jeune génération musicale, votre nom est devenu une référence. Cela vous touche ?
« Je ne m'en rends pas compte. Tout est relatif. Je vois bien que certaines personnes, comme Étienne Daho et quelques autres, aiment ce que je représente. Ce que je crois juste, c'est qu'il y a des familles musicales dans ce métier. Moi, j'aime la famille des chanteurs ou chanteuses de chansons sentimentales. »

La mélancolie, chez vous, c'est quoi ?

« Un état d'être. Comment ne pas être mélancolique quand on est conscient du tragique de cette vie, du monde qui nous entoure, du temps qui passe, où tout s'abîme, tout vieillit ? »

Faut-il avoir souffert émotionnellement ou amoureusement, selon vous, pour faire une chanson ?

« Alors là, oui ! (rires). Il faut passer par des choses chargées pour pouvoir écrire. »

Comment écrivez-vous ? Toujours à partir d'une mélodie ?
« Oui, et sa qualité est le moteur de mon inspiration. Quand je prépare un album, je ne fais plus que ça, écrire, tout le temps, jour et nuit. »
À partir de 1973, vous avez choisi de ne plus composer. Pourquoi ?
« Je n'avais pas la base musicale suffisante pour évoluer, il aurait fallu que je travaille la musique. Je préférais donc aller vers des vrais musiciens, susceptibles de m'amener de bonnes mélodies, éventuellement de m'aider à me renouveler. Quand on ne connaît que trois ou quatre accords de
guitare, on ne peut pas trop se renouveler. On fait quelques chansonnettes comme ça, très simplettes, et ça s'arrête là. »

Le basculement de votre carrière ne date-t-il pas de votre arrêt de la scène, en 1968 ?

« C'est vrai. À l'époque, j'avais un secrétaire-manager qui m'a dit qu'il fallait absolument que je prenne une année sabbatique et que j'arrête les tournées pour me concentrer davantage sur le travail d'enregistrement, faire des disques pour l'étranger. Et je n'ai jamais repris. Je venais de rencontrer Jacques, et je n'avais pas envie de recommencer avec lui ce que j'avais vécu avec Jean-Marie, c'est-à-dire, n'être jamais ensemble. J'ai arrêté la scène, il y a des décennies, et il n'est pas envisageable que je la reprenne aujourd'hui. »

Votre fils, Thomas Dutronc, vient d'achever sa tournée. Son succès vous rassure ?

« Bien entendu ! C'est un grand bonheur pour moi. En revanche, maintenant, il faut qu'il prenne une année sabbatique pour penser à un autre album, et après le succès du premier, ça ne va pas être facile. Toutefois, il a un vrai sens de la mélodie et ça me rassure. De plus, il est travailleur. »

Ce qui n'était pas le cas de son père ?
« Il sait qu'il n'aurait pas fait mieux au niveau chanson que ce qu'il a fait à ses débuts avec Jacques Lanzmann. Toutefois, il n'est pas fainéant. En Corse, il n'arrête jamais. Il aime bricoler, le jardin. C'est un homme d'intérieur contrairement à ce que l'on pourrait croire. »

Et que vous inspire son retour ?
« Je suis heureuse de son succès. Les gens l'aiment. Vraiment. On se rend compte que ses chansons n'ont pas pris une ride et que sa voix est extraordinairement intacte. »

Votre fils a dit de vous : « Elle est gentille avec tout le monde mais dure avec elle-même. » Comment vivez-vous cette exigence envers vous-même ?
« Ça m'épuise. J'ai souvent le sentiment d'être entravée par une mauvaise connexion entre mon hémisphère cérébral droit qui sent bien les choses et mon hémisphère gauche qui a beaucoup de mal à trouver les formulations et connexions adéquates. Le perfectionnisme, c'est l'aspiration à se rapprocher le plus possible de ce que l'on ressent comme juste et vrai. C'est parfois dur à vivre. L'écriture m'est vraiment laborieuse. J'aurais aimé avoir davantage de facilités. »

Vous avez près de 50 ans de carrière. Est-il difficile de faire durer le succès ?

« Mon ambition, au début de ma carrière, était uniquement de faire un disque. C'était même un rêve. Finalement, le rêve s'est réalisé et ça m'a entraînée beaucoup plus loin que tout ce que j'avais pu imaginer. J'ai d'abord signé un contrat d'un an et, comme mon premier disque a eu un succès démesuré, ma maison de disques a voulu me faire resigner un contrat de cinq ans. Je ne pouvais pas imaginer que je serais encore là dans cinq ans, que j'aurais encore du succès, que je ferais encore des disques. Et ça a toujours été comme ça. J'ai toujours pensé que ça ne durerait pas, que tout allait s'arrêter. J'ai toujours été très défaitiste… »

Enfin, quel est le secret de la longévité de votre relation avec Jacques Dutronc que vous avez rencontré en 1966 ?
« L'intensité de ce que nous avons vécu ensemble, en particulier notre fils, qui a soudé notre relation même si elle est très différente aujourd'hui de ce qu'elle était hier. J'ai par ailleurs souvent eu l'occasion de dire que nous sommes aussi "ours" l'un que l'autre. Toutefois, j'ai toujours eu conscience que c'était un privilège d'être aimé par quelqu'un d'aussi particulier. »

Françoise Hardy, « La pluie sans parapluie », chez

EMI.


Auteur : Propos recueillis par D. PARRAVANO (GHM)
Article paru le : 14 avril 2010

(source : http://www.lest-eclair.fr/index.php/cms/13/article/439563/MUSIQUE__Francoise_Hardy_____J_ai_toujours_ete_tres_defaitiste___)
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Alexandre
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Message(#) Sujet: Re: 14 avril 2010 - L'est eclair Ven 16 Avr 2010 - 15:18

"Le perfectionnisme, c'est l'aspiration à se rapprocher le plus possible de ce que l'on ressent comme juste et vrai. C'est parfois dur à vivre. L'écriture m'est vraiment laborieuse. J'aurais aimé avoir davantage de facilités. "

C'est peut-être laborieux mais on a rien sans rien. Laughing Et puis le résultat est la plupart du temps plutôt réussi. clap
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14 avril 2010 - L'est eclair
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